La Cour pénale internationale prête à juger ses premières affaires
Depuis le 1er juillet 2002, la Cour pénale internationale (CPI) est habilitée à s’occuper des enquêtes et des poursuites concernant les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Au cours de ces trois années, elle a enregistré des progrès importants et les premières affaires devraient être examinées en 2006 si les États se montrent coopératifs. Le Conseil de sécurité des Nations unies ayant déféré la situation au Darfour au procureur de la CPI, ce dernier a ouvert une enquête en juin 2005 sur les crimes commis dans cette région du Soudan. Son rapport au Conseil de sécurité mentionne des preuves importantes sur des crimes graves, notamment le meurtre de milliers de civils, la destruction et le pillage de nombreux villages, qui ont provoqué le déplacement de près de deux millions de personnes, ainsi que la pratique généralisée des viols et autres violences sexuelles.
CAMBODGE : Libération de Cheam Channy ? Cheam Channy, parlementaire de l’opposition, prisonnier d’opinion, a été libéré ce lundi 6 février 2006 de la prison militaire de Phnom Penh à la faveur d’une grâce accordée hier 5 février par le roi Norodom Sihamoni.
Cheam Channy avait été emprisonné le 3 février 2005 et déclaré coupable en août 2005 de création d’une force armée illégale et de fraude à l’issue d’un procès ne respectant pratiquement aucune des normes internationales d’équité. Le procès s’était déroulé devant un tribunal militaire n’ayant pas compétence pour juger des civils comme Cheam Channy. Celui-ci avait été condamné à sept années d’emprisonnement. Selon les informations en possession d’Amnesty International, aucun élément de preuve n’était venu corroborer les charges pesant contre lui et l’organisation faisait campagne en faveur de sa remise en liberté immédiate et sans condition.
Le dirigeant de l’opposition Sam Rainsy a également était gracié par décret royal. Il avait été jugé et condamné par contumace à dix-huit mois d’emprisonnement en décembre 2005 pour diffamation envers des dirigeants du gouvernement. Il devrait rentrer d’exil prochainement, peut-être même dès cette semaine.
Les avocats du gouvernement ont déclaré publiquement que les poursuites au pénal contre un certain nombre de militants qui avaient critiqué le Premier ministre cambodgien Hun Sen à propos d’un accord controversé concernant la frontière avec le Viêt-Nam allaient être abandonnées.




