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Avril - Mai 2006

jeudi 4 mai 2006

Irak : Libération de Kamal Sayid Qadir, un ressortissant autrichien et écrivain de 48 ans  ? Le Premier ministre du Kurdistan a octroyé une grâce à Kamal Sayid Qadir, qui a été libéré le 3 avril. Selon les informations reçues, il est en bonne santé et se trouve dans un hôtel de la ville d’Arbil. Il envisage de retourner en Autriche très prochainement. Kamal Sayid Qadir avait été jugé une première fois pour “ diffamation ” en décembre 2005, après avoir rédigé des articles qui ont été publiés sur Internet. D’après certaines allégations, il s’est montré très critique dans ces articles à l’égard des dirigeants du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), une des deux formations politiques au pouvoir dans la région d’Irak à dominante kurde. Kamal Sayid Qadir a été condamné à une peine de trente ans de réclusion. Toutefois, à la suite de protestations et de pressions internationales, la Cour de cassation avait renvoyé l’affaire devant une juridiction pénale d’Arbil pour qu’un nouveau procès ait lieu. Le 26 mars, il a de nouveau été jugé et a été condamné à une peine de dix-huit mois d’emprisonnement. Un grand merci à tous ceux qui sont intervenus en faveur de cet homme.

Syrie : Ammar Qurabi, défenseur des droits humains est libéré !  ? Ammar Qurabi, porte-parole de l’Arab Organisation of Human Rights - Syria (AOHR-S, Organisation arabe des droits humains en Syrie) a été libéré le 15 mars. Selon certaines informations, il est sorti libre de la Fara Falastin (Section Palestine), centre de détention des services des renseignements militaires situé à Damas. Pendant sa détention, il a été interrogé sur ses activités aux États-Unis et en France. Ammar Qurabi avait été arrêté le 12 mars 2006 à l’aéroport de Damas, alors qu’il revenait en Syrie après un séjour aux États-Unis et en France où il s’était rendu, semble-t-il, pour participer à des réunions de militants syriens en faveur de la démocratie et des droits humains. Amnistie internationale est convaincue qu’il a été arrêté et détenu uniquement en raison de ses activités pacifiques et légitimes de défense des droits humains.

Afghanistan : Abdul Rahman est en Italie ? L’Italie a répondu à la demande d’Abdul Rahman qui avait lancé un appel à l’asile à la communauté internationale. Abdul Rahman, cet Afghan converti au catholicisme, est maintenant en Italie, pays qui a décidé de lui accorder l’asile politique. Rahman était menacé de mort pour avoir renoncé à l’islam et il a été emprisonné un mois à Kaboul. Son cas avait déclenché une vague d’intenses pressions diplomatiques occidentales en sa faveur. Lundi dernier, des centaines de manifestants avaient exigé, à Mazar-i-Sharif, dans le nord du pays, qu’Abdul Rahman soit jugé en vertu des lois islamiques et mis à mort pour s’être converti. Arrêté il y a trois semaines, Abdul Rahman, 41 ans, risquait la peine de mort, en vertu de la charia, la loi islamique. Abdul Rahman s’est converti au christianisme il y a 16 ans. Il travaillait alors pour une organisation non gouvernementale chrétienne au Pakistan. Après un séjour de neuf ans en Allemagne, il est revenu en Afghanistan en 2005. Le président afghan Hamid Karzai se trouvait dans une position délicate, devant trouver l’équilibre entre le respect absolu de la charia prôné par les religieux conservateurs afghans et la liberté de culte défendue par l’Occident.

Chili : La présidente chilienne exclut toute loi d’amnistie pour la dictature ? Agence France-Presse / Santiago / Le mercredi 29 mars 2006

La présidente chilienne Michelle Bachelet a exclu mercredi toute loi d’amnistie contre les militaires accusés de crimes sous la dictature du général Augusto Pinochet, affirmant que les procès suivront leurs cours. « La mémoire de milliers de personnes n’admet aucun point final », a déclaré Mme Bachelet en allusion à l’une des lois d’amnistie (dite du « point final ») votées en Argentine après la fin de la dictature, sous la présidence de Carlos Menem (1989-99), et annulées depuis. Le régime du général Pinochet (1973-1990) est tenu pour responsable de la mort ou la disparition forcée de plus de 3.000 personnes au Chili. « Nous savons que les tribunaux vont continuer à établir la vérité et la justice sans exception parce que la dignité du Chili l’exige », a déclaré Mme Bachelet, fille d’un général torturé à mort par ses pairs après l’instauration de la dictature. La présidente s’exprimait lors de l’inauguration d’un mémorial en hommage à des victimes célèbres du régime, connus sous le nom des « égorgés ». Membres du Parti communiste interdit à l’époque, le sociologue José Manuel Parada, le professeur Manuel Guerrero et le dessinateur Santiago Nattino ont été découverts égorgés le 30 mars 1985.

Népal : Libération de Hom Bahadur Bagale, un sous-inspecteur de police de 41 ans ? Hom Bahadur Bagale a été libéré le 28 mars sur l’ordre de la Cour suprême. Le Centre for Victims of Torture (CVICT, Centre d’aide aux victimes de torture) avait introduit une requête en habeas corpus (procédure permettant la comparution immédiate d’un détenu devant une autorité judiciaire, afin de contester la légalité de la détention et de permettre ainsi une éventuelle remise en liberté) en sa faveur le 24 mars. La Cour a statué que sa détention était illégale et a enjoint à la police de le relâcher immédiatement. Hom Bahadur Bagale, dans un uniforme râpé, est sorti libre du tribunal. Il a déclaré à des journalistes que la police l’avait torturé et l’avait menacé de lui infliger de nouveaux actes de torture pendant qu’il était en détention. Dans un communiqué de presse, le CVICT a indiqué : « [Ce succès] est le résultat de l’action courageuse que nous avons menée tous ensemble. Nous tenons à vous exprimer nos remerciements les plus sincères pour votre soutien, et nous sommes convaincus que la solidarité dont nous avons fait preuve dans ce combat en faveur de valeurs communes, les droits humains et la justice, portera de beaux fruits et s’inscrira dans la durée. » Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.

Iran : Akbar Ganji, un journaliste de 46 ans a été libéré !  ? Le prisonnier d’opinion Akbar Ganji a été libéré de la prison d’Evin le 17 mars 2006. Le lendemain, Massoumeh Shafii, son épouse, aurait déclaré : « À ma surprise, les responsables de la prison l’ont amené à la maison à 22 heures hier soir. Je ne m’attendais pas à cela, parce que les documents indiquaient qu’il ne serait pas remis en liberté avant le 30 mars. Je suis extrêmement heureuse...Je lui ai demandé de ne pas parler parce que je suis très inquiète et je ne veux pas que la même chose recommence. ». Elle a indiqué qu’il était très faible physiquement et qu’il ne pesait plus que 49 kilo...Akbar Ganji avait été arrêté en avril 2000, en même temps que 17 journalistes et intellectuels iraniens qui avaient participé à une conférence culturelle à Berlin. Il a été condamné à une peine de dix ans d’emprisonnement, réduite en appel à six mois, pour « participation à un complot contre la sécurité nationale » et « propagande contre le système islamique ». En juillet 2001, il a été jugé pour avoir « recueilli des documents officiels confidentiels en vue de porter atteinte à la sécurité de l’État » et pour « propagande », et a été condamné à six ans d’emprisonnement. En 2000, Akbar Ganji avait mis en cause dans un certain nombre d’articles (publiés par la suite dans un ouvrage) la responsabilité de personnalités politiques iraniennes dans l’« affaire des meurtres en série » concernant les meurtres en 1998 de plusieurs écrivains et militants politiques de renom. Parmi les personnes citées dans ces articles figurait l’ancien président de la République, Ali Akbar Hashemi Rafsandjani. En 2005, Akbar Ganji avait fait une grève de la faim durant deux mois en signe de protestation contre les autorités, qui le privaient des soins médicaux nécessités par son asthme chronique, malgré les recommandations de spécialistes qui préconisaient un traitement hors de la prison. Au bout de trente-sept jours, il avait été conduit à l’hôpital de Milad, à Téhéran, où il avait poursuivi sa grève de la faim qu’il n’arrêtée qu’au bout de presque soixante-dix jours ; il avait, semble-t-il, perdu plus de 30 kilogrammes. Dans une déclaration, les autorités judiciaires ont annoncé qu’Akbar Ganji avait été libéré pour Nowruz, célébration du nouvel an persan, qui dure jusqu’au 3 avril. Il est indiqué dans la déclaration que sa peine d’emprisonnement se termine officiellement le 30 mars 2006.

Turkménistan : Libération de Djoumadourdy Ovezov et Meretmouhammet Khommadov, deux journalistes de 54 ans  ? Le bureau de Prague de Radio Liberty, station de radio américaine, a indiqué que Djoumadourdy Ovezov et Meretmouhammet Khommadov avaient été libérés le 17 mars. Les deux journalistes de Radio Liberty avaient été arrêtés le 7 mars et placés en détention au secret dans un lieu inconnu. La pression internationale en faveur de leur libération étant de plus en plus importante, les autorités turkmènes auraient informé le représentant pour la liberté des médias de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), organisation non gouvernementale internationale, que les deux hommes avaient été arrêtés pour “ vandalisme ” et condamnés à une peine de quinze jours de travaux d’intérêt général. Toutefois, de solides éléments portent à croire que les autorités ont arrêté les deux hommes parce qu’ils avaient exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d’expression, et parce qu’elles voulaient les empêcher de transmettre des informations sur le Turkménistan à d’autres pays. Des agents de sécurité auraient forcé Djoumadourdy Ovezov et Meretmouhammet Khommadov, avant leur libération, à signer des documents dans lesquels ils s’engageaient à cesser de travailler pour Radio Liberty. Amnistie internationale pense que les pressions exercées au niveau international, dont les appels envoyés par le Réseau AU, ont joué un rôle important dans l’obtention de la libération de Djoumadourdy Ovezov et de Meretmouhammet Khommadov.

Création du Conseil des droits humains  ? La résolution portant création du Conseil des droits humains a été adoptée le 15 mars 2006, une majorité écrasante des États membres ayant voté en faveur de ce texte lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Cent soixante-dix gouvernements se sont prononcés en faveur de la résolution, le gouvernement des États-Unis faisant partie des quatre gouvernements seulement qui ont voté contre le texte. Les autres opposants étaient Israël, Palau et les Îles Marshall. Trois pays se sont abstenus : la Biélorussie, l’Iran et le Vénézuéla. Le résultat du vote témoigne d’un soutien international concluant en faveur du Conseil et constitue une étape historique du renforcement du dispositif des Nations unies pour la protection des droits humains. Bien qu’il ait déclaré que les États-Unis ne pouvaient se joindre au consensus en faveur de la résolution, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, John Bolton, a cependant clairement fait savoir que les États-Unis coopéreraient avec les autres États membres pour que le Conseil soit aussi fort et efficace que possible. Les États-Unis prévoient par conséquent de soutenir le Conseil et de s’impliquer dans son action. Lorsqu’il a félicité l’Assemblée générale pour l’adoption de la résolution, le secrétaire général des Nations unies a déclaré au sujet de la création du Conseil : « C’est une chance donnée aux Nations unies, qui en avaient besoin, pour insuffler un nouvel élan au travail de l’organisation en matière de droits de l’homme à travers le monde ».

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