Ce 8 mars 2007, Amnesty International met en lumière la situation vécues par Bitondo Nyumba en RDC
mardi 6 février 2007, par Patrick Pauwels
Le 11 mai 2005, Bitondo Nyumba a été attaqué dans sa maison, dans le village de Katungulu, province de sud-Kivu, par sept soldats de l’armée du gouvernement FARDC. Elle a été battue et violée. Pendant ce temps, les soldats ont pillé la maison. Cette attaque a causé des dommages pour la vie. Après une opération dans l’hôpital d’État de Nundu, les médecins ont suspendu le traitement parce que la famille de Bitondo Nyumba ne pourrait pas se permettre de payer. L’ Arche de l’Alliance et la SOFAD (Solidarité des Femmes Activistes pour la Défense des Droits Humains) ont pris en charge Bitondo Nyumba et ont payé sa deuxième opération à l’hôpital général d’Uvira. Quand son état est devenu assez stable, Bitondo Nyumba a été transférée à l’hôpital de Panzi à Bukavu, province de sud-Kivu. Cet hôpital est subventionné par les fonds humanitaires internationaux et les traitements d’urgence de chirurgie médicale et reconstructive sont fournis librement. Malheureusement, le 21 juin 2005, Bitondo Nyumba est décédée en raison d’une infection grave. Deux soldats ont été arrêtés en août 2005, mais ils ont été libérés après quelques semaines, sans explication. La famille de Bitondo Nyumba a dû se déplacer vers un autre village, à cause des menaces proférées par des soldats de la même brigade que les malfaiteurs allégués. Depuis que le conflit a commencé en RDC en août 1998, on estime que les combats et leurs conséquences (pauvreté, maladie et malnutrition) ont atteint près de quatre millions de vies. En dépit d’un processus de paix établi, l’insécurité et les violations des droits humains se perpétuent dans l’est du pays. Plusieurs factions armées usent de la violence pour atteindre leurs objectifs politiques et économiques. Pendant le conflit, des dizaines de milliers de femmes et de filles ont été violées par les forces combattantes. Les Nations unies estiment que 45.000 femmes ont été violées pendant la seule dernière année. Le viol a été employé délibérément pour attaquer stratégiquement les valeurs fondamentales de la communauté, pour terroriser et humilier ceux qui sont suspectés de soutenir un groupe ennemi et pour imposer la suprématie d’un groupe sur les autres. La plupart des survivantes du viol n’ont pas accès aux soins médicaux dont elles ont besoin. Les infrastructures de santé manquent sévèrement de ressources en RDC et, dans beaucoup de secteurs, on ne peut même pas fournir le traitement le plus élémentaire. Dans l’Est du pays, il y a un manque de médecins qualifiés, y compris des gynécologues et des obstétriciens. Beaucoup de survivantes du viol souhaitent poursuivre un action judiciaire contre les agresseurs, mais le système juridique affaibli empêche toute justice ou toute réparation, et les femmes continuent de vivre dans l’insécurité et dans la crainte des représailles si elles parlent. D’après Amnesty, peu d’agresseurs ont été conduits devant la justice et aucun officier supérieur n’a été poursuivi ou sanctionné pour un viol commis par lui-même ou un des officiers sous ses ordres.
Agissez
A Son Excellence le Major-Général Joseph Kabila Président de la République Palais de la Nation Kinshasa-Ngaliema République Démocratique du Congo
Monsieur le Président,
Le 11 mai 2005, Bitondo Nyumba, 56 ans, veuve et mère de quatre enfants, a été attaquée dans sa maison au village de Katungulu, province de Sud-Kivu, par sept soldats de l’armée du gouvernement FARDC. Elle a été battue et violée et est décédée à la suite de ses blessures. Deux soldats ont été arrêtés en août 2005 mais ils ont été libérés après quelques semaines, sans explication. La famille de la victime a dû se déplacer vers un autre village après les menaces proférées par des soldats de la même brigade que les auteurs présumés du forfait.
Depuis le début du conflit en RDC en août 1998, des dizaines de milliers de femmes et de filles ont été violées par les forces combattantes. D’après Amnesty International, peu d’agresseurs ont été traduits devant les tribunaux et aucun officier supérieur n’a été poursuivi ni sanctionné pour un viol commis par lui-même ou par un des officiers sous ses ordres.
A l’occasion de la journée internationale de la femme, je vous prie respectueusement de faire en sorte que les agresseurs de Madame Bitondo Nyumba soient traduits en justice, que sa famille reçoive une juste réparation et que les témoins de l’agression, soient efficacement protégés contre les auteurs de menaces.
En vous remerciant de l’attention que vous réserverez à ces demandes, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
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