Accueil du site > Communiqués et publications d’Amnesty International > Libertés ! (Archives) > Les anciens numéros > 431 Numéro de Février 2007 > Dossier

Soutenir

JPEG - 21.1 ko

Procurez-vous
nos derniers agendas
de poche !
5 EUR
Description :
Agenda de poche portefeuille.
Couverture en cuir rouge
ou bleu. Format : 15,3cm x 8,7cm
128 pages -
une semaine sur deux
pages - n° des semaines -
présentation verticale
- coins prédécoupés.
Impression du logo
Amnesty International sur la couverture
Cliquez ICI


Marquer Enregistrer au format PDF Version imprimable de cet article Version imprimable envoyer l'article par mail title= envoyer par mail 0 réactions
L’INACCESSIBLE « VÉRITÉ » HISTORIQUE

jeudi 1er février 2007

« Ne nous y trompons pas : l’image que nous avons de nous-mêmes et celle que nous nous faisons des autres peuples de la Terre est étroitement associée à l’histoire qu’on nous a racontée quand nous étions enfants. Elle nous marque ainsi pour l’existence entière. » (Marc Ferro)

L’Unesco ne dit pas autre chose : « C’est bien l’enseignement et surtout celui de l’histoire qui aide l’enfant à se former une identité, mais aussi une vision du monde, et de l’Autre ». Mais ajoute qu’il a été largement démontré que l’éducation a servi de machine à fabriquer du nationalisme, à diffuser des stéréotypes agressifs et finalement à désigner « l’ennemi » dans nombre de conflits y compris dans les deux guerres mondiales du XXe siècle.

JPEG - 374.5 ko
Mao Tse Toung (1893-1976) jeune enseignant (vers 1918) dans les campagnes dans l’école primaire Lénine. Affiche de propagande communiste par Na Siu-ming et Che Ing-Jin, août 1975 © Rue des Archives – REPORTERS

Les enfants – et nous-mêmes – avons « droit à la vérité » en histoire. Mais qu’est-ce que la « vérité » historique ? Ce que disaient les manuels d’histoire de nos grands-parents, les nôtres et ce que disent ceux de nos enfants, est-ce bien la même chose ? Dans certains pays, ce que l’enfant apprend à l’école, est-ce bien ce que l’on lui raconte à la maison ? Bien sûr, le monde change à mesure des recherches nouvelles et le manuel d’histoire, censé représenter un acquis définitif peut être vite dépassé. Si l’on pense à la préhistoire, une seule découverte, un os ou un tombeau, peuvent permettre des avancées spectaculaires. De même pour l’histoire récente, de nouveaux documents sont mis au jour, des archives deviennent accessibles. Mais le problème n’est pas tant la recherche des faits que leur interprétation. La trace ou le document doit être analysé et l’interprétation diffère donc d’un historien à l’autre.

Entre le passé et l’historien il n’y a pas d’accès direct. Il y a chaque fois médiation ce qui pose le problème de l’histoire en tant que discipline scientifique. Peut-on atteindre une totale objectivité ? Dans des domaines sensibles comme la religion, les idéologies ou la question identitaire, la neutralité est exclue. Comment demander à un Palestinien d’avoir un regard neutre sur l’histoire récente de son pays ? Ce lui sera plus facile avec, par exemple, les relations internationales au XVIIe siècle. Moins directement impliqué, il sera plus facilement impartial.

  CONTRÔLER LE PASSÉ

Avec l’élargissement du monde et de son économie, son éclatement politique, le passé des sociétés est un enjeu majeur des confrontations entre États, entre ethnies, entre cultures. Contrôler le passé aide à maîtriser le présent, à légitimer dominations et remises en cause. Or ce sont les puissances dominantes – États, églises, partis politiques, intérêts privés – qui financent et parfois possèdent les moyens de transmission des savoirs qu’il s’agisse de médias, de films, d’émissions de télévision, ou de livres scolaires. Et c’est là que réside le danger car indépendamment de sa vocation scientifique, l’histoire exerce une fonction militante. Qui ne se souvient de ce que les manuels nous racontaient sur les Croisades (voir encadré) ou sur la présence belge au Congo ? Parfois il s’agit d’enseigner une idéologie comme ce fut le cas en URSS où l’enseignement de l’histoire fut soumis pendant près de 70 ans à la loi du parti communiste et du marxisme-léninisme. Il était défini par un programme scolaire extrêmement détaillé que les professeurs devaient se borner à transmettre aux élèves sans aucun commentaire ni esprit critique, imposant ainsi une vision unique de l’histoire, évacuant toute zone d’ombre nuisible aux vérités officielles. Il en fut de même en Allemagne nazie. Parfois aussi, on veut glorifier une religion comme sous Franco en Espagne placée sous le signe du Christ-Roi. Et actuellement, dans certains pays arabes où les livres scolaires mettent l’accent sur la lutte de l’Islam contre l’impérialisme.

JPEG - 330.1 ko
Des écoliers sud-africains de l’enclave d’Orania suivent un cours en afrikaans qui applique l’idéologie ultranationaliste de selfwerksaamheid (autosuffisance) blanche et de séparation des « primitifs » noirs. Orania, février 2004. © AFP/Alexander Joe

D’une manière générale, chacun évacue de son histoire ce qui peut apparaître comme peu glorieux. Au Japon, tous les deux ans a lieu une révision du contenu des manuels d’histoire. La dernière révision continue à passer sous silence la tragédie des « femmes de réconfort », esclaves sexuelles de l’armée impériale durant la dernière guerre, Coréennes pour la plupart. Et d’affirmer que les 300 000 morts du massacre de Nankin, en Chine, en 1937, ne « sont pas prouvés ». De même l’action de l’Unité 731 (qui fit des tests biologiques sur des cobayes humains, prisonniers de guerre) se trouve justifiée et expliquée comme « résultant du désordre de la guerre ». La Chine et les deux Corées ont violemment protesté contre cette version des faits.

En Chine où les nouveaux manuels d’histoire viennent d’être entièrement revus et corrigés, leur contenu a changé : plutôt que de se limiter aux récits de guerres, de dynasties, ils font la part belle aux enjeux économiques, sociaux et à la mondialisation. Reste le tabou des événements de la place Tienanmen qui ne sont pas évoqués même dans leur version officielle autrement que comme « un complot contre-révolutionnaire ».

Aux États-Unis, il fallut, dans les années soixante, l’émergence du mouvement noir pour les droits civiques pour démanteler la présentation traditionnelle de l’histoire : le Noir, comme misérable ouvrier agricole dans les plantations du Sud. Quant aux Indiens, ils seront longtemps présentés comme cruels, sauvages, inassimilables, car il fallait bien justifier les massacres commis.

Au Mexique, où l’enseignement de l’histoire devint obligatoire dès 1843, le conflit fut constant entre Espagnols et Créoles, les premiers niant le passé avant la conquête, les seconds la revalorisant au nom de l’indépendance (1821). Durant tout le XIXe siècle, la dispute persistera sur le terrain de l’histoire, le nom de Cortez, par exemple, apparaissant et disparaissant régulièrement des manuels.

  UN PAS EN AVANT ?

Parmi les distorsions, les manipulations, l’une des plus dangereuses est celle qui consiste à fabriquer une continuité historique en faveur d’une culture, d’une nation ou d’un état pour prouver sa supériorité. Mais il est intéressant de constater qu’il semble exister actuellement une réelle volonté de revenir à une vérité historique. L’Institut pour la recherche internationale sur les manuels scolaires a élaboré avec l’Unesco un guide pour la révision des manuels. L’examen de la structure profonde d’un texte permet de voir, par exemple, s’il respecte la diversité culturelle ou s’il diffuse des stéréotypes ethniques. Et la sortie récente d’un manuel d’histoire commun à la France et à l’Allemagne constitue une avancée remarquable (voir encadré). Le Conseil de l’Europe se penche aussi depuis longtemps sur la question. Déjà en 1953, Robert Schuman parlait de « désintoxiquer les livres d’histoire », citant les programmes scolaires comme les principaux responsables (de la guerre, de la méconnaissance de l’Europe), « ils devraient être les premiers à devoir indiquer le chemin à suivre pour rendre à l’Europe ce qui est de l’Europe, c’est-àdire ce qui est commun à tous les pays du continent et qui devrait être étudié sur le plan général ». Ceci n’empêche qu’il faut lutter contre une approche trop « eurocentriste » et ne pas négliger d’attirer l’attention sur les contributions des différentes cultures. Un exemple très simple, ce sont les Arabes qui nous ont transmis les chiffres que nous utilisons aujourd’hui.

Enfin, soyons naïfs et rêvons un peu. Alors que, forcément, les manuels parlent abondamment de personnages qui ont fait des millions de morts, ne serait-il pas juste et équitable qu’y soient présents ceux qui ont oeuvré en bien pour l’humanité ?

Suzanne Welles




Efficace et rapide, les actions par sms vous donnent la possibilité de signer nos pétitions avec votre gsm
S'il vous est possible d'agir au coup par coup via la publication de l'action sms sur Isavelives.be, le service constitue avant tout un réseau de participants mobilisables chaque semaine.
Pour rejoindre le réseau, envoyer simplement le message "AU" au numéro "3313". Vous serez automatiquement abonné et recevrez tous les mercredis à 14h00 une action pétition par sms. Il vous suffit alors d'envoyer votre nom, prénom et vos coordonnées en réponse au numéro "3313" pour signer la pétition.
Coût :
Activation et abonnement : gratuit
Le message que nous vous envoyons : gratuit
La message que vous nous répondez : 2,00 €
Ce coût permet de financer le service et de soutenir Amnesty pour l'ensemble de ses activités. Vous pouvez nous envoyer autant de réponses que vous le souhaitez. Une réponse avec vos coordonnées sera reprise pour la pétition, les autres seront considérées comme don. Vous avez la possibilité de vous désabonner facilement et à tout moment. Envoyer simplement le message "STOP" au numéro "3313". Votre désabonnement sera effectif sans délai. L'ensemble des signatures récoltées sont imprimées et envoyées vers les autorités.

NOS LISTES D'ACTIONS PAR EMAIL.

Informez-vous et agissez depuis chez vous en vous abonnant à nos listes d'actions et d'informations.

Cliquez ici

En vous inscrivant à une ou à toutes nos lettres d'informations et d'actions, vous serez en permanence informé(e) sur nos actions et leurs résultats. Nous nous engageons à respecter les lois en vigueur en mati re de respect de la vie privée. Vous pourrez à tout moment vous désabonner d'une lettre d'information en suivant le lien prévu à cet effet dans la lettre.

Pour vous abonner à nos lettres d'informations et d'actions, complétez le formulaire ci-dessous (les champs marqués d'une * sont requis), choisissez ensuite les listes répondant à vos attentes.

E-mail : *
Nom : *
Prénom : *
Rue :
Num de rue :
Num de boite :
Code postal :
Localité :
Pays :
Num de Tel. :
Num de GSM :
Profession :
Num de membre ou de donateur :
Je désire devenir membre, contactez-moi (veuillez indiquer un numéro de téléphone) :
 oui /  non Je désire devenir donateur, contactez-moi (veuillez indiquer un numéro de téléphone) :
 oui /  non - Si vous ne résidez pas en Belgique, vous trouverez comment devenir membre ou donateur d'Amnesty International dans votre pays en cliquant ici.

Sélectionnez les listes auxquelles vous voulez vous abonner :


 
   Agir pour les Droits Humains en Turquie
Cette lettre vous donne des informations sur les violations des droits humains en Turquie. Elle vous proposera des actions s'y rapportant.
 
   Agir pour les Droits Humains au Brésil, en Argentine, en Uruguay et au Paraguay
Cette lettre vous donne des informations sur les violations des droits humains au Brésil, en Argentine, en Uruguay et au Paraguay (Paburan). Elle vous proposera des actions s'y rapportant.
 
   Agir pour les Droits Humains aux USA
Cette lettre vous donne des informations sur les violations des droits humains aux Etats-Unis et/ou commises par les Etats-Unis. Elle vous proposera des actions s'y rapportant.
 
   La Lettre aux Jeunes
Cette lettre vous informe sur les actions d'Amnesty, sur les projets pour les jeunes, sur les idées pour faire bouger votre école, votre maison de jeunes ou mouvement de jeunesse avec Amnesty ...
 
   La Lettre Femmes d'Amnesty
Chaque mois, nous vous envoyons une lettre d'informations comprenant à la fois des infos utiles, mais aussi des actions concr tes liées à des violations des droits des femmes.
 
   La Lettre d'Actions et d'Informations : Isavelives.be
Recevez de mani re régulière des informations et des actions liées à l'actualité des droits humains y compris les lettres du mois publiées dans Libertés!.
 
   La lettre d'Informations et d'Actions pour les droits des personnes LGBT.
Si vous êtes sensible à la défense des droits fondamentaux des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles ou transgenres (LGBT), la coordination LGBT a besoin de vous !
 
   La Lettre d'Actions et d'Informations pour les droits des Enfants
Cette lettre vous informe sur les actions d'Amnesty et vous invite à prendre part à toutes celles qui vous tiennent à coeur. Si vous tes sensibles à la défense des droits fondamentaux des enfants, la coordination enfants a besoin de vous !
 
   La Lettre Réfugiés
Cette lettre vous propose non seulement des demandes d'action mais aussi les dernières informations nationales, européennes et internationales en mati re de réfugiés.
 
   Control Arms
La lettre d'informations de la campagne pour un meilleur contrôle des armes traite aussi bien des aspects internationaux que des aspects belges de cette problématique.
 
   La Lettre de la Boutique
Recevez régulièrement des annonces concernant les nouveaux produits soutenant l'action d'Amnesty International.
 


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette

Visiteurs connectés : 102