Racisme et football
2002
« En sport comme ailleurs, la xénophobie guette. Ni plus ni, malheureusement, moins »
On a oublié, par exemple, les propos racistes de Pierre de Coubertin qui disait : « À la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance ». Maintenant, le discours convenu présente le sport comme le meilleur moyen d’intégration sociale. C’est trop simple… Il suffit d’assister à un match de football entre un FC portugais et une AS marocaine, d’un quartier quelconque d’une ville européenne, pour constater que le mélange des genres dont on se gargarise n’existe tout simplement pas. Ou alors, dans de très rares occasions. Qui veut tendre l’oreille aux abords d’un terrain remarquera que, lorsque deux adversaires se défient autrement que par le geste sportif, c’est bien souvent l’insulte raciale qui surgit… Cette différence que le raciste pose en prélude à tous ses contacts sociaux disparaît dans certaines circonstances. Le succès par exemple…
Le footballeur ghanéen Anthony Yeboah a vu changer son statut au fur et à mesure des buts qu’il marquait pour son équipe. « Quand je suis arrivé en Allemagne, j’étais tout le temps en proie aux insultes raciales. Depuis que je suis devenu une star, je n’en entends presque plus jamais. Mais je ne suis pas dupe. Les sportifs noirs vivent tous avec cette épée au-dessus de la tête… ».
En 1994, en Angleterre, la Commission pour l’Égalité raciale et l’Association professionnelle de Football avaient lancé une campagne : « Let’s kick racism out of football ». L’initiative est louable. Mais on comprend mal pourquoi seulement 73 parmi les 93 clubs professionnels anglais ont accepté d’y adhérer. Que peut-on y voir d’autre que la crainte de se mettre à dos certains supporters ?
Tiré de l’article Racisme de Laurent Coadic, in Sport et Vie, n° 31, juillet-août 1995
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