BRÉSIL : Nuit de terreur à Rio de Janeiro
samedi 2 avril 2005, par Pascal Fenaux
Les autorités de Rio ne doivent pas abandonner la lutte contre les « escadrons de la mort » et la corruption au sein des forces de police de la ville, a déclaré Amnesty International ce vendredi 1er avril, en réaction au massacre qui s’est produit la nuit dernière à Rio de Janeiro.
Au moins trente personnes, parmi lesquelles des enfants, auraient été tuées dans deux attaques séparées, apparemment menées par un « escadron de la mort » dans le quartier Baixada Fluminense de Rio de Janeiro. Selon les informations reçues, des hommes circulant à bord d’une voiture auraient tiré sans discrimination sur les victimes.
« Un massacre de cette ampleur ne s’était pas produit à Rio depuis 1993, année des massacres de Candelária et Vigário Geral. Tout espoir de voir de tels actes rangés parmi les horreurs du passé a été brisé par les évènements de la nuit dernière, qui ont montré jusqu’où les « escadrons de la mort » étaient déterminés à aller pour semer la terreur et résister aux tentatives des autorités pour mettre un terme à leurs activités », a déclaré Amnesty International.
Selon les informations qui nous sont parvenues, le secrétaire à la Sécurité publique de l’État de Rio aurait déclaré qu’il était très probable que la police militaire soit impliquée dans ces homicides.
Il aurait également dit croire que le massacre avait été perpétré en représailles à l’arrestation de huit policiers militaires dans le quartier de Baixada jeudi 31 mars. Ces hommes avaient été filmés en train de se débarrasser des corps de deux hommes au petit matin devant une station de police locale. La tête décapitée de l’un des hommes, enlevé quelques heures plus tôt à la sortie d’un bar selon des témoins, avait été jetée par dessus le mur d’enceinte du commissariat.
L’homicide de ces deux hommes et le massacre de la nuit dernière seraient une réponse à la répression engagée par la police militaire du Baixada Fluminense contre les « escadrons de la mort » et les activités criminelles de certains membres de la police militaire dans le quartier de Baixada Fluminense. Cette répression s’inscrit dans le cadre d’une campagne générale de lutte contre la corruption et le crime au sein des forces de police de Rio baptisée « Couteau dans la chair ». Des « escadrons de la mort », souvent liés à des politiciens locaux et à des compagnies de sécurité privées et composés principalement de policiers ou d’ex-policiers, agissent dans le Baixada Fluminense depuis les années 60.
« Les autorités de Rio doivent poursuivre leurs efforts afin de traduire en justice les responsables des faits qui se sont produits la nuit dernière. »
Complément d’information
Il y a presque douze ans de cela, le Brésil et le monde découvraient avec horreur le terrifiant assassinat d’enfants des rues dormant devant l’église Candelária au centre de Rio de Janeiro. À peine quelques semaines plus tard, le meurtre sans raison de vingt-et-un résidents de Vigário Geral, une commune de la banlieue de Rio, contribuait à asseoir la réputation de Rio de Janeiro comme l’une des villes les plus violentes au monde. Le choc fut encore plus grand lorsque des preuves firent apparaître que les deux massacres avaient été commis par des membres des forces de la police militaire de Rio, des personnes payées, formées et équipées par l’État pour protéger la société de la criminalité et de la violence.
Pour plus d’informations sur les massacres de Candelária et Vigário Geral, consulter le document suivant Rio de Janeiro 2003 : Candelária et Vigário Geral dix ans après sur le site d’Amnesty International :
http://web.amnesty.org/library/inde...
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