Gloria Arenas Agís, des cartes postales comme autant d’arc-en-ciel sur le mur de la prison.
lundi 7 mars 2005
Souvenez-vous : en fin d’année 2004, nous vous demandions d’écrire quelques mots d’encouragement sous forme de carte postale à Gloria Arenas Agís, comme toujours dans le cadre de notre traditionnelle « opération courage ». Les cartes sont arrivées. par centaines et Gloria s’en émerveille ...
Réactualisation : Une nouvelle lettre de Gloria adressée tout spécialement à vous en Belgique qui êtes intervenus en sa faveur : voir lettre 2 ;
Petit rappel
Gloria Arenas Agís, 40 ans, et son mari, 43 ans, ont été arrêtés en octobre 1999, détenus au secret pendant plusieurs jours, torturés et contraints à signer des déclarations qu’ils n’ont pu lire. Tous deux appartenaient au groupe armé d’opposition Ejército Revolucionario del Pueblo Insurgente (ERPI, Armée révolutionnaire du peuple insurgé). Gloria avait été arbitrairement appréhendée le 22 octobre, à son domicile. « ...Ils m’ont emmenée dans une petite pièce et m’ont déshabillée, m’ont remis le bandeau sur les yeux, m’ont lié les poignets et m’ont menottée. Ils m’ont infligé des décharges électriques au niveau de la bouche, des seins et des parties génitales ; ils m’ont posé de nombreuses questions politiques sur l’organisation. Et puis ils n’arrêtaient pas de menacer ma mère et ma fille : ils disaient qu’ils savaient où elles habitaient et qu’ils les surveillaient. Ils ont dit que si je ne leur livrais pas des informations, ils iraient les interroger. Il y a eu plusieurs séances de torture. J’ai arrêté de manger et de boire ; je pensais que je mourrais plus vite de cette manière. » Une plainte pour torture a été déposée auprès du procureur général de Toluca, le 15 décembre 1999, mais, en fin 2004, aucune mesure n’avait encore été prise en vue d’enquêter sur ces allégations de torture. Actuellement, inculpée de « criminalité organisée », il est interdit à Gloria Arenas de voir son mari. Seul un appel de huit minutes par mois lui était permis du moins jusqu’à ce qu’on la transfère de prison. Elle a de ce fait été privée de ses compagnes de cellule avec lesquelles elle montait des pièces de théâtre et organisait des cours d’alphabétisation à la bibliothèque carcérale qu’elle avait fondée. Son avocat a indiqué avoir eu des difficultés à rencontrer sa cliente à plusieurs reprises et a signalé des irrégularités dans la procédure judiciaire.
Des extraits du courrier que Glorai nous a fait parvenir
« Tu as demandé quels étaient les messages qui me touchaient le plus. Dans tous les messages que j’ai reçus, il y a tant de jolies pensées, si sensibles. Je ne peux pas garder tant de cartes avec moi, alors je les donne à ma belle-soeur quand elle vient me visiter, pour qu’elle les garde chez elle, mais moi, je conserve les messages dans mon cœur. Je t’envoie une des cartes qui m’a émue ; cette lettre touche mes fibres les plus intimes et je la garderai dans mon cœur, c’est l’une des lettres qui, en raison de l’écriture un peu tremblante, doit être d’une personne plus âgée. Je ne suis pas croyante d’une religion particulière, mais peu importe, car l’humanité du message arrive à moi, même si je ne partage pas les croyances de cette aimable personne (la lettre comprenaient des pensées liées à la fête catholique de Noël). »
« J’ai beaucoup aimé la peinture de la carte postale de l’Opération Courage. Mes compagnes (de prison) l’aiment aussi, certaines m’ont même demandé de leur faire cadeau d’une de mes cartes. La travailleuse sociale les a beaucoup aimé aussi (c’est elle qui m’apporte les cartes avec le reçu que je dois signer), elle m’a même demandé si elles ne venaient pas d’une organisation féministe et elle m’a donné sa jolie interprétation de la peinture. Elle m’a dit : « ceci est l’obscurité et cette femme se dirige vers la lumière et cela (la fleur et la cascade), c’est quelque chose de beau qu’elle porte en elle et qui la conduit à la lumière. »
« Les messages qui me touchent le plus sont tous ceux qui sont diférents d’une simple phrase commune ou d’usage, ceux qui sont un peu plus longs, ou ceux qui contiennent un détail personnel comme un dessin, une petite fleur collée, aussi ceux des enfants et ceux qui m’écrivent en famille, par exemple la maman et ses enfants, ou le père, la mère et les enfants. La langue a aussi son importance, par exemple une femme âgée, à la retraite, m’a écrit en espagnol. Elle me raconte qu’elle prend des cours d’espagnol parce qu’elle aime cette langue et qu’elle espère que je lui écrirai des lettre en espagnol. Je le ferai certainement ! C’est quelque chose que je ne peux pas refuser, et c’est un message qui inicie une communication postérieure. J’aime aussi recevoir des messages en anglais parce que je les comprends bien. (Pour l’Opération Courage) la majorité des messages sont en français, je devine plus ou moins ce qu’ils veulent me dire parce que certains mots sont semblables en espagnol. »
« Une carte postale qui m’a beaucoup émue est celle d’un homme assez âgé, qui m’écrivait en anglais qu’il aimait faire de la byciclette à la campagne et écouter le chant des oiseaux et regarder les fleurs et il m’a écrit les noms des familles de fleurs. Pour moi, un tel message était très beau, j’ai trouvé bizarre qu’il vienne d’un homme (il était très tendre), et c’est pourquoi j’ai eu le goût de lui répondre. »
« J’ai reçu des dessins très significatifs de petits garçons et de petites filles, c’est quelque chose qui me touche profondément et je voudrais répondre à la personne qui m’a envoyé l’enveloppe. Malheureusement, l’écriture (manuscrite) n’est pas très claire et j’ai peur de me tromper. Il est très important d’écrire l’adresse de l’expéditeur en lettres majuscules et très claires. Surtout quand c’est une langue différente, il n’est pas facile de comprendre les mots avec certitude. »
« Il est magnifique que chacun écrive ce qu’il fait, car ils reflètent ainsi leurs différentes personalités et c’est ce contact humain qui me fait tellement plaisir. Certaine personnes écrivent seulement un phrase d’encouragement. D’autres s’étendent et couvrent tout l’espace sur la carte avec leur message, certains font des cartes à la main et ils y ajoutent des fleurs naturelles, d’autres personnes (des jeunes, des enfants) écrivent avec de l’encre de couleur et font des dessins. Certines personnes envoient seulement des cartes blanches, sans message, seulement avec leur adrese. Alors moi j’essaie de deviner leur âge et la façon d’être de chacun. J’oubliais de te dire que j’éprouve une tendresse particulière à recevoir des cartes de personnes âgées, je le sais, car leur écriture reflète le tremblement de leurs mains. »
« J’ai reçu plusieurs cartes d’enfants et de dessins sur de grandes feuilles. Tu peux dire à Roland d’Hoop que plusieurs adolescents et enfants prennent leur bic. J’ai un dessin très spécial, d’un petit garçon ou d’une petite fille : il/elle a dessiné sur la moitié supérieure de la page une broquette et une corde avec noeud coulant avec le mot « Passé », sur l’autre moitié de la page, il/elle a dessiné une famille, heureuse, qui dit « Youppi ! » avec le mot « Présent » en bas de la page. Cela signifie une grande espérance et beaucoup d’optimisme, j’étais enchantée. Une petite fille de 8 ans m’a envoyé sa photo et une autre a inclus une jolie carte postale d’une rue de Barcelone. »
« Au 19 janvier 2005, j’avais reçu 720 cartes postales de l’Opération Courage et 138 lettres sous enveloppe. Une des enveloppes contenaient 34 dessins et cartes faites par des enfants, si jolies ! Ces chiffres ne représentent pas la magnétude de la réponse à l’action d’Amnesty, car elle est en fait beaucoup plus grande. Plusieurs messages sont signés par deux ou trois personnes, je viens d’ouvrir une enveloppe avec une très belle carte de Noël signée par 28 personnes. Je vois que beaucoup de gens sont sensibles aux cas de violations des droits humains qu’Amnesty divulgue. »
Lettre 2
Chers amis et amies de AIBF, je suis très heureuse et reconnaissante envers vous tous et toutes pour la solidarité que vous m’avez témoignée.
L’Opération Courage a été une surprise très agréable, j’ai reçu tellement de messages de soutien fraternel qu’il m’est impossible de répondre à chacun d’eux ou de les mentionner tous ici (260 lettres et 1311 cartes à ce jour).
J’ai reçu des cartes, des lettres et des dessins d’enfants, de jeunes, de personnes adultes, de différentes écoles, d’hommes et de femmes qui vivent en différents endroits de Belgique.
Chaque message, par l’intermédiaire d’un dessin ou de paroles d’espérance, est resté en mon cœur et pour moi c’est merveilleux de sentir la chaleur et la sensibilité de gens d’un pays si éloigné et si différent du mien ; il n’y a pas de doute, l’humanité est unique, sans frontières.
Certains membres d’AIBF m’ont envoyé des messages de courage depuis longtemps, je sais qu’ils se sont efforcés de faire de l’Opération Courage et des autres activités une réalité, j’ai aussi lu quelques revues de AIBF.
Malheureusement je ne sais pas le français mais j’ai confiance en notre chère amie Annie qui pourra vous apporter à tous ce salut plein d’affection et de gratitude.
Vous avez semé des graines de fraternité et des fleurs de joie.
Amitiés très affectueuses et sincères de votre amie,
Gloria
Efficace et rapide, les actions par sms vous donnent la possibilité de signer nos pétitions avec votre gsm
S'il vous est possible d'agir au coup par coup via la publication de l'action sms sur Isavelives.be, le service constitue avant tout un réseau de participants mobilisables chaque semaine.
Pour rejoindre le réseau, envoyer simplement le message "AU" au numéro "3313". Vous serez automatiquement abonné et recevrez tous les mercredis à 14h00 une action pétition par sms. Il vous suffit alors d'envoyer votre nom, prénom et vos coordonnées en réponse au numéro "3313" pour signer la pétition.
Coût :
Activation et abonnement : gratuit
Le message que nous vous envoyons : gratuit
La message que vous nous répondez : 2,00 €
Ce coût permet de financer le service et de soutenir Amnesty pour l'ensemble de ses activités. Vous pouvez nous envoyer autant de réponses que vous le souhaitez. Une réponse avec vos coordonnées sera reprise pour la pétition, les autres seront considérées comme don. Vous avez la possibilité de vous désabonner facilement et à tout moment. Envoyer simplement le message "STOP" au numéro "3313". Votre désabonnement sera effectif sans délai. L'ensemble des signatures récoltées sont imprimées et envoyées vers les autorités.
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