Arrêtez Radovan KaradZic et Ratko Mladic
mardi 1er février 2005

- Le 2 mars 2000, lors d’une conférence de presse au Département d’État américain à Washington, DC, David Sheffer, ambassadeur américain non rattaché à une circonscription, présente une affiche annonçant une récompense plantureuse pour celui qui communiquerait des informations permettant d’arrêter l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, Radovan Karadzic et Ratko Mladic. AFP
En juillet 2001, Amnesty International avait publié un communiqué de presse intitulé : « Combien de temps faudra-t-il attendre avant de voir Karadzic et Mladic devant le Tribunal ? » Cette question reste malheureusement toujours d’actualité. Certes, la Republica Srpska a reconnu, en juin dernier, « le massacre de milliers de musulmans à Srebrenica ». Mais, inculpés en 1996 en leur qualité de supérieurs hiérarchiques, de génocide et de crimes contre l’humanité commis à Srebrenica, Karadzic et Mladic courent toujours. À ce jour, les autorités bosno-serbes sont les seules de l’ex-Yougoslavie à n’avoir arrêté aucun criminel de guerre inculpé par le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Pourtant, en vertu de la résolution 827 du Conseil de sécurité de mai 1993, tous les États et entités doivent transférer au Tribunal les personnes mises en accusation qui résident ou se trouvent sur leur territoire. Aucune législation nationale ne peut apporter de restriction à cette résolution.
En décembre dernier, la Force de l’Union européenne (l’Eufor) a pris le relais de la Force de stabilisation de l’Otan en Bosnie (Sfor). L’Union européenne (UE) assume ainsi pour la première fois une mission militaire de grande ampleur (7 000 soldats). Amnesty International réitère ses demandes à l’Union européenne de remédier aux insuffisances patentes de la Sfor en s’assurant que l’Eufor recherchera activement les personnes inculpées par le TPIY et coordonnera ses efforts avec ceux des forces de l’Otan encore sur place en Bosnie-Herzégovine, pour les arrêter et les transférer au TPIY.
Lord Paddy Ashdown, Haut représentant de la communauté internationale et Représentant spécial de l’UE en Bosnie-Herzégovine, a limogé, en juin dernier, une soixantaine de fonctionnaires serbes peu motivés par ces arrestations indiquant que, jusqu’à ce jour, il « avait de bonnes raisons de croire » que les dirigeants bosno-serbes avaient « aidé ceux qui étaient inculpés de crimes de guerre et leurs réseaux ». Amnesty International est convaincue que ces arrestations et celles des autres inculpés du TPIY constituent la condition sine qua non du retour au respect des droits humains et à l’État de droit. Marque de respect aux victimes des exécutions sommaires et à leurs proches, la capture des inculpés permettrait également le retour des anciens habitants en toute sécurité et de manière durable dans la région.
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