Tibet : histoire d’un pays volé et d’un peuple oublié
vendredi 10 mai 2002, par Emmanuelle Vermylen
Le 7 octobre 1950, quarante mille soldats chinois franchissent la frontière et envahissent le territoire tibétain, à l’époque grand comme 6 fois la France. Le régime chinois déclare « vouloir libérer le Tibet de l’impérialisme étranger et affirme qu’il fait partie de la Chine ». Mais le Tibet s’opposera résolument aux allégations chinoises. Il lance un appel à la communauté internationale…qui restera sans réponse. Le Dalaï-Lama est alors contraint de signer l’accord en 17 points, imposé par la Chine, qui oblige le Tibet à renoncer à sa souveraineté. Suivent 9 années de difficile coexistence entre la Chine communiste et le Tibet bouddhiste. La répression chinoise à l’encontre des populations et des religieux tibétains ne cesse d’augmenter. La tension monte entre les deux peuples, et le 10 mars 1959, des dizaines de milliers de Tibétains descendent dans les rues de la capitale pour réclamer l’indépendance de leur pays. La révolte sera réprimée dans un bain de sang par l’armée chinoise. Selon une estimation des autorités chinoises elles-mêmes, 87 000 Tibétains ont été massacrés, et il a fallu un peu plus de trois jours à l’armée populaire de libération pour mettre fin au soulèvement. Quelques jours plus tard, le Dalaï-Lama fuit Lhassa, la capitale, déguisé en soldat chinois, alors que la foule entoure son palais pour le « protéger ». Il obtient l’asile à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, où il est bientôt rejoint par les membres du gouvernement et de nombreux Tibétains. Depuis l’Inde, le Dalaï-Lama et la communauté tibétaine ont entamé une opposition pacifique à l’invasion chinoise. Ce mouvement pour la liberté du peuple tibétain a aujourd’hui une étendue quasi mondiale.
Les Chinois se sont emparés des richesses du Tibet, provenant de la découverte de ressources pétrolières et des monastères. Le fragile équilibre écologique du Tibet est menacé. Il sert notamment de décharge pour les déchets nucléaires chinois, avec les dangers que cela implique dans cette région sujette aux tremblements de terre. Les Tibétains sont devenus minoritaires dans leur pays, rebaptisé « Région Autonome du Tibet ».
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