Sri Lanka. L’engagement de libérer les personnes déplacées doit s’accompagner de mesures d’assistance concrètes
lundi 23 novembre 2009, par Françoise Guillitte
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
ÉFAI- 23 novembre 2009
Amnesty International a salué l’engagement pris par le gouvernement sri-lankais de lever le 1er décembre toute restriction à la liberté de mouvement d’au moins 130 000 personnes déplacées en raison du conflit entre les forces gouvernementales et les Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul (LTTE).
« Maintenant, les autorités sri-lankaises doivent garantir qu’elles apporteront aux personnes déplacées toute l’aide qui leur est nécessaire – abris, nourriture et protection, par exemple – lorsque celles-ci se réinstalleront », a déclaré Madhu Malhotra, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.
Des milliers de Tamouls qui fuyaient le conflit ont été placés dans des camps sous le contrôle de l’armée ces six derniers mois et privés de leur liberté de mouvement. Nombre d’entre eux ont survécu des mois dans des conditions difficiles, contraints de voyager avec des membres des LTTE qui battaient en retraite et recrutaient des civils (notamment des mineurs) par la force, les utilisant parfois comme des boucliers humains.
Le gouvernement sri-lankais a accepté de laisser aux déplacés le choix entre rester dans les camps le temps de trouver un nouveau logement ou tenter de regagner leur foyer.
« Pendant des mois, des personnes vulnérables ont été détenues dans des conditions inadaptées, dans des camps dépourvus d’installations sanitaires correctes et d’eau potable. Si les autorités sri-lankaises tiennent leur engagement en permettant à des milliers de personnes de rentrer chez elles, ce sera un premier pas sur le long et difficile chemin que celles-ci devront suivre pour reconstruire leurs vies dévastées », a ajouté Madhu Malhotra.
Amnesty International tient à souligner qu’il reste nécessaire de protéger les droits des personnes déplacées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des camps.
L’organisation exhorte également le gouvernement sri-lankais à se conformer aux principes du droit international humanitaire en veillant à ce que les personnes déplacées bénéficient d’une assistance pour prendre des décisions librement consenties et en toute connaissance de cause quant à leur avenir.
« Les organisations humanitaires et les groupes de défense des droits humains doivent être autorisés à entrer librement en contact avec les personnes déplacées et celles qui tentent de se réinstaller, afin de veiller à leur sécurité, à leur bien-être et à la satisfaction de leurs besoins, et notamment de s’assurer qu’elles sont protégées contre de nouvelles violations de leurs droits fondamentaux », a déclaré Madhu Malhotra.
Complément d’information
Depuis la fin du conflit en mai, quelque 12 000 personnes déplacées (dont des mineurs) soupçonnées d’avoir des liens avec les LTTE ont été soumises à des arrestations arbitraires, séparées des autres personnes déplacées et incarcérées par les autorités dans des lieux de détention non officiels tels que des bâtiments scolaires désaffectés.
Amnesty International est préoccupée par l’opacité de cette opération, menée en dehors de tout cadre légal, et par les dangers accrus auxquels sont exposés les détenus lorsqu’ils sont placés au secret.
Les détenus soupçonnés de liens avec les LTTE et d’actions illégales doivent être inculpés d’infractions prévues par la loi et jugés dans le cadre de procès conformes aux normes d’équité.
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