Le devenir des prisonniers de Guantánamo : une question à résoudre maintenant
mercredi 18 novembre 2009, par Françoise Guillitte
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
ÉFAI- 18 novembre 2009
Le gouvernement des États-Unis doit redoubler d’efforts pour résoudre la question du devenir des prisonniers qui sont toujours incarcérés sur la base militaire de Guantánamo Bay, à Cuba, a déclaré Amnesty International après que le président Barack Obama eut reconnu que son gouvernement ne tiendrait pas les délais annoncés pour la fermeture de ce centre.
« Ces derniers mois, les autorités américaines ont laissé la question des détentions à Guantánamo devenir un enjeu de querelles politiciennes, et ont permis à la politique de la peur de primer sur les droits humains, a souligné Susan Lee, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.
« Aujourd’hui, comme cela aurait dû être fait dès le départ, les autorités doivent résoudre la question de ces détentions en traduisant ces prisonniers en justice dans le cadre d’un procès équitable ou en les libérant immédiatement », a-t-elle ajouté.
Le 22 janvier 2009, le président Obama a signé un décret engageant son gouvernement à décider du sort des détenus de Guantánamo « dès que possible » et à fermer le centre de détention « au plus tard dans un an à compter de la date de ce décret ».
Aujourd’hui, le président Obama s’est refusé à fixer une date précise pour la fermeture du centre, déclarant simplement qu’il pensait qu’elle aurait lieu dans le courant de l’année prochaine, et qu’elle « dépendrait de la coopération du Congrès ».
L’espoir de voir les détentions à Guantánamo prendre fin cette année a reculé ces derniers mois, des membres du Congrès ayant cherché à empêcher la fermeture du centre et les autorités montrant peu d’empressement à inculper les détenus.
Dans le même temps, les efforts diplomatiques déployés afin de trouver des solutions pour les détenus ne pouvant être renvoyés dans leur pays d’origine de crainte qu’ils n’y subissent des violations de leurs droits fondamentaux ont été sapés par le fait que les autorités américaines ont refusé toute libération de ces détenus sur leur territoire.
Amnesty International demande depuis longtemps que les prisonniers de Guantánamo soient traduits en justice devant un tribunal indépendant et impartial – et non une commission militaire – ou libérés immédiatement.
L’organisation a également appelé les États-Unis à maintes reprises à ne requérir la peine de mort contre aucun de ces détenus.
Depuis la prise de fonctions du président Obama, 26 prisonniers de Guantánamo ont été transférés, mais 215 personnes sont toujours incarcérées sur la base militaire américaine.
Un détenu a été transféré à New York pour comparaître devant un tribunal fédéral et les autorités ont annoncé que cinq autres prisonniers seraient transférés dans cette ville pour y être jugés, ce qui signifie que la peine de mort sera probablement requise à leur encontre.
Le ministre de la Justice a également indiqué que les autorités avaient décidé de renvoyer le dossier de cinq autres prisonniers devant le Pentagone afin qu’ils soient jugés par une commission militaire.
Dans le décret du 22 janvier ordonnant à son administration de régler « rapidement et de manière appropriée » le cas de chacun des prisonniers de Guantánamo et de fermer le centre de détention dans l’espace d’un an, le président Obama a évoqué « les inquiétudes importantes suscitées par ces détentions, tant aux États-Unis que sur la scène internationale ».
« Ces inquiétudes n’ont pas disparu, et seront ravivées par les déclarations faites aujourd’hui par le président Obama », a souligné Susan Lee.
Voir également :
La promesse d’un réel changement. Détention et interrogatoires : les décrets du président Obama (Index AI : AMR 51/015/2009), 30 janvier 2009, http://www.amnesty.org/fr/library/a...
USA : Trials in error : Third go at misconceived military commission experiment, http://www.amnesty.org/en/library/i....
USA : Five more Guantánamo detainees to be tried in federal court, http://www.amnesty.org/en/library/i....
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