Sommet UE-Brésil. Il faut placer les populations au cœur des débats
lundi 5 octobre 2009, par Françoise Guillitte
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU BUREAU EUROPÉEN
EFAI- 5 octobre 2009
Bruxelles, lundi 5 octobre 2009 – L’Union européenne (UE) doit soulever les questions relatives à la violence urbaine et rurale et à la persécution des défenseurs des droits humains au Brésil lors du prochain sommet UE-Brésil, a déclaré Amnesty International.
« Bien que le gouvernement brésilien ait pris diverses mesures afin de lutter contre les violations des droits humains perpétrées au Brésil, leur ampleur dans le pays demeure singulièrement élevée », a indiqué Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d’Amnesty International.
Dans une lettre adressée à la présidence suédoise de l’UE (que vous pouvez consulter sur www.amnesty-eu.org), Amnesty International a exhorté l’UE à aborder la question de la persécution à laquelle sont confrontés ceux qui défendent les droits humains, conformément aux Orientations de l’Union européenne concernant les défenseurs des droits humains.
À Rio de Janeiro, par exemple, plusieurs personnes (dont des juges, des procureurs, des policiers et un député d’État) se trouvent en grave péril parce qu’elles dénoncent l’implication de policiers dans des milices criminelles qui ont pris le contrôle de vastes secteurs de la ville. (Pour de plus amples informations, voir le site : http://www.amnestyinternational.be/...).
Dans les zones rurales, la violence contre les paysans sans terre perdure également, souvent imputable à des milices illégales ou à des sociétés de sécurité privées et non réglementées, auxquelles font appel les propriétaires. Les populations autochtones qui luttent pour jouir de leurs terres ancestrales, notamment, sont toujours victimes de mesures d’intimidation et de violences.
La semaine dernière, des hommes armés ont attaqué la communauté indigène guarani-kaiowá d’Apyka’y, dans l’État du Mato Grosso do Sul. Ils ont tiré des coups de feu au hasard et mis le feu au campement, tandis qu’ils menaçaient physiquement et verbalement les membres de cette communauté, contraints de camper au bord d’une route depuis qu’ils ont été expulsés de leurs terres ancestrales en avril 2009.
Tandis que la place du Brésil sur la scène internationale s’étoffe, il en va de même pour ses responsabilités. À cet égard, bien qu’Amnesty International ait salué le rôle du Brésil au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies au sujet du Soudan, elle a été choquée lorsque le Brésil a défendu le principe de non-ingérence s’agissant du Sri Lanka et suivra avec attention sa position concernant la prochaine évaluation de la Corée du Nord.
« L’UE et le Brésil doivent saisir cette occasion de bâtir une relation qui leur permette d’œuvrer ensemble à la défense des droits humains dans le monde, a déclaré Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d’Amnesty International, avant de conclure :
« Lorsque l’UE et le Brésil débattent des moyens de faire face aux problèmes actuels à l’échelon mondial, tels que la crise économique et le changement climatique, ils doivent placer les communautés les plus pauvres et vulnérables au cœur de ces discussions, car ce sont elles qui, au final, sont le plus touchées par ces crises. »
Amnesty International a également écrit au gouvernement brésilien, l’exhortant à aborder la question des atteintes aux droits humains commises en Europe s’agissant notamment des migrants et des demandeurs d’asile. Enfin, l’organisation a invité le Brésil à dénoncer la discrimination dont sont victimes les Roms et les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres dans plusieurs pays européens, ainsi que les cas de torture et de mauvais traitements imputables aux responsables de l’application des lois.
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