L’Union européenne aide à mettre fin aux détentions à Guantánamo, les États-Unis doivent maintenant faire leur part
jeudi 4 juin 2009, par Françoise Guillitte
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Amnesty International s’est félicitée ce jeudi 4 juin de l’accord auquel sont parvenus les États membres de l’Union européenne sur les mesures pouvant faciliter la libération en toute sécurité de détenus de Guantánamo, et elle a appelé le gouvernement des États-Unis à accepter lui aussi sur son territoire des détenus qu’il n’entend pas poursuivre en justice ou qui ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d’origine. « L’Union européenne et les gouvernements européens ont fait le travail préparatoire mais les États-Unis ne peuvent pas attendre de l’Europe qu’elle en fasse plus que ce qu’eux-mêmes sont prêts à faire. À aucun moment les autorités américaines ne se sont engagées publiquement à accepter sur leur territoire un quelconque des détenus qui ne seront pas inculpés mais ne peuvent être renvoyés dans leur pays d’origine », a déclaré Daniel Gorevan, qui travaille sur la campagne d’Amnesty International Contre le terrorisme : la justice.
Actuellement, le gouvernement américain défend devant la Cour suprême, dans l’affaire Kiyemba c. Obama, que les tribunaux américains ne devraient pas être autorisés à demander la libération de détenus sur le territoire des États-Unis, au motif que cela pourrait nuire aux efforts menés pour leur trouver un domicile dans d’autres pays. Il ne nie pas, cependant, que le gouvernement pourrait décider sur-le-champ d’emmener sur le territoire continental américain une partie ou la totalité des détenus libérés.
« Les autres gouvernements ont indiqué à maintes reprises aux autorités américaines qu’ils étaient prêts à contribuer à la fermeture de Guantánamo ; il faut aussi que les États-Unis acceptent sur leur territoire certains des détenus qui doivent être libérés, a souligné Daniel Gorevan. Le temps est venu maintenant d’agir. Cet accord de l’Union européenne crée une occasion que les États-Unis et les gouvernements européens ne doivent pas laisser passer. »
Complément d’information
Amnesty International demande que les détenus qui ne seront pas poursuivis en justice mais qui ne peuvent être renvoyés dans leur pays d’origine parce qu’ils risquent d’y être torturés ou soumis à d’autres violations des droits humains se voient offrir la possibilité d’être libérés aux États-Unis. Parallèlement, l’organisation de défense des droits humains a appelé les autres gouvernements à contribuer à mettre fin à ces détentions illégales et à faciliter la fermeture rapide du centre de détention de Guantánamo.
Lors du Conseil Justice et Affaires intérieures qui s’est tenu ce jeudi 4 juin, les États membres de l’UE sont parvenus à un accord sur la mise en place d’un mécanisme de partage d’informations et de coopération entre les gouvernements européens pour la protection des détenus de Guantánamo. L’accord confirme que les gouvernements peuvent accepter les détenus mis hors de cause qui sont libérés, en suivant une procédure de partage de l’information avec les autres États membres et les pays associés à l’espace Schengen.
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