Perwiz Kambakhsh - Afghanistan — bloggeur
vendredi 3 avril 2009, par Brian May
L’étudiant et journaliste, Perwiz Kambakhsh, a été condamné à mort pour blasphème en janvier 2008. Il aurait téléchargé sur Internet un article qui remettait en cause la condition des femmes dans l’islam, y aurait ajouté des commentaires et l’aurait distribué à l’université de Balkh. La cour d’appel de Kaboul a annulé cette condamnation, le 21 octobre 2008. Ce tribunal a cependant prononcé contre lui une peine de vingt ans d’emprisonnement, bien que Perwiz Kambakhsh ait été déclaré coupable d’une infraction qui, selon la loi, était seulement passible de cinq ans d’emprisonnement. Il semble qu’en réalité les autorités visaient son frère, qui est aussi journaliste.
Nous avons maintenant appris que la Cour suprême a confirmé, à la mi-février 2009, la condamnation de Perwiz Kambakhsh à une peine de vingt ans d’emprisonnement. Son avocat n’était pas présent lors de l’audience, qui s’est tenue à huis clos, et ce dernier n’a eu connaissance de cette décision que récemment et par hasard. Perwiz Kambakhsh est détenu à l’isolement par crainte que les prisonniers talibans ou d’autres religieux extrémistes ne tentent de le tuer.

L’identité
Sexe : Masculin
Langue parlée : Non-spécifiée
Date de naissance : 4 Mars 1984
Profession : Étudiant et journaliste
Localisation actuelle : Inconnue
Situation familiale :
Frère : Yaqub Ibrahimi
La présentation complète
L’étudiant et journaliste, Perwiz Kambakhsh, a été condamné à mort pour blasphème en janvier 2008. La cour d’appel de Kaboul a annulé cette condamnation, le 21 octobre 2008. Ce tribunal a cependant prononcé contre lui une peine de vingt ans d’emprisonnement, bien que Perwiz Kambakhsh ait été déclaré coupable d’une infraction qui, selon la loi, était seulement passible de cinq ans d’emprisonnement. Il semble qu’en réalité les autorités visaient son frère, qui est aussi journaliste.
Perwiz Kambakhsh a été arrêté le 27 octobre 2007 et a été condamné à mort trois mois plus tard par un tribunal de première instance de la ville de Mazar-e-Charif (nord du pays). Il n’existe aucun fondement juridique justifiant sa condamnation ni la peine prononcée contre lui. L’accusation lui a reproché d’avoir téléchargé sur Internet un article qui remettait en cause la condition des femmes dans l’islam, d’y avoir ajouté des commentaires et de l’avoir distribué à l’université de Balkh où il étudiait. Il a réfuté toutes ces accusations en affirmant que des aveux lui avaient été arrachés sous la contrainte. Malgré cela, il a été condamné pour avoir enfreint l’article 347 du Code pénal (qui sanctionne les personnes jugées coupables d’avoir perturbé ou empêché les rites religieux, ou bien d’avoir dégradé des lieux de culte). Cette infraction est passible d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement mais le tribunal a affirmé qu’il existait en la matière un vide juridique, impliquant que la sharia pouvait être appliquée aux termes de l’article 130 de la constitution de l’Afghanistan.
Les débats, lors des audiences en première instance et en appel, ont été manifestement inéquitables. Lors de l’audience en première instance, qui n’a duré que quatre minutes, Perwiz Kambakhsh n’a pas bénéficié de l’assistance d’un avocat et il n’a pas pu se défendre lui-même. Aucun de ces deux tribunaux n’a agi de manière impartiale ni n’a considéré Perwiz Kambakhsh comme innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie. La cour d’appel n’a pas réussi à prouver, au-delà de tout doute raisonnable, que les aveux de Kambakhsh n’avaient pas été obtenus sous la contrainte. Aux termes du Code de procédure pénale afghan, toute personne doit être libérée lorsque sa procédure en appel dure plus de deux mois mais Perwiz Kambakhsh n’a pas été remis en liberté bien que sa procédure en appel ait duré cinq mois. Kambakhsh a indiqué à la BBC, en septembre 2008 : Depuis le début, mon procès a été inéquitable. Dès le premier jour, ils m’ont traité très durement comme un criminel et non comme un suspect et je ne sais qui est responsable de cela.
Les poursuites à l’encontre de Perwiz Kambakhsh semblent être motivées par des considérations politiques : elles viseraient notamment à empêcher son frère, le journaliste Yaqub Ibrahimi, de publier des articles critiquant le comportement des seigneurs de la guerre locaux qui détiennent le pouvoir dans la région nord du pays et à empêcher Perwiz Kambakhsh de mettre en cause l’ordre social et religieux du pays. Le cas de Kambakhsh a retenu l’attention des médias nationaux et internationaux ce qui a renforcé le ressentiment éprouvé à son égard par les conservateurs religieux en Afghanistan, un pays où le gouvernement s’appuie sur le soutien de dirigeants religieux extrêmement conservateurs.
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