Le gouvernement afghan doit agir avec fermeté afin de protéger les femmes défenseures des droits humains
mercredi 25 février 2009, par Françoise Guillitte
L’intervention militaire internationale ayant débuté en octobre 2001 sous le commandement des États-Unis dans le but de renverser l’oppressif régime taliban a été suivie d’un engagement, pris par le gouvernement afghan, en faveur de la protection des droits des femmes et de la progression de l’égalité entre hommes et femmes ; cependant, huit ans plus tard, la condition des Afghanes reste affligeante, ainsi que le montre la situation de Shahla.
Des progrès ont été accomplis en matière de respect des droits des femmes depuis la chute du régime taliban, notamment avec la création du ministère de la Condition féminine, une Constitution prévoyant l’égalité entre hommes et femmes, un meilleur accès à l’éducation et une meilleure représentation des femmes au Parlement. Toutefois, les femmes, les jeunes filles et les fillettes afghanes continuent à être en butte à une violence généralisée ; elles sont ainsi victimes d’actes de violence domestique, d’enlèvements et de viols imputables à des hommes armés, de la traite d’être humains, de mariages forcés – notamment de fillettes de plus en plus jeunes – et d’échanges permettant de régler des litiges et des dettes.
Un petit nombre de défenseures des droits humains pleines de courage osent remettre en question le statut de la femme et agir en faveur des droits humains par le biais de diverses activités, notamment en faisant état des violations commises par des seigneurs de la guerre locaux, en dirigeant des centres d’accueil, en menant une action de sensibilisation concernant les mariages d’enfants et les mariages forcés et en proposant des programmes d’éducation et des services de planning familial.
Ces courageuses femmes sont fréquemment la cible d’actes d’intimidation et d’agressions, souvent imputés à des éléments puissants de la société, certains d’entre eux membres du gouvernement, d’autres alliés aux talibans et à d’autres forces hostiles au gouvernement. Dans certains cas, ces femmes sont même agressées par des membres de leur famille pouvant avoir des opinions politiques opposées aux leurs ou étant gênés par leur franc-parler. Les défenseures des droits humains et leur famille font souvent l’objet de menaces de mort ou de tentatives d’enlèvement, ainsi que d’agressions physiques, à l’acide par exemple. Certaines ont fui le pays tandis que d’autres ont été tuées pour s’être exprimées haut et fort.
En 2007, Zakia Zaki, propriétaire de Radio Peace, dans la province de Parwan, et connue pour sa critique vigoureuse des seigneurs de la guerre, a été tuée par balle alors qu’elle dormait aux côtés de ses deux jeunes fils. Elle avait auparavant reçu à plusieurs reprises des menaces de mort après avoir critiqué les seigneurs de la guerre locaux et les talibans. À ce jour, personne n’a été déféré à la justice pour ce crime odieux.
Laila, une défenseure des droits humains s’efforçant d’obtenir justice pour les victimes de crimes de guerre, a déclaré à Amnesty International : « Depuis 2007, je fais systématiquement l’objet de pressions exercées par des inconnus qui m’appelaient, m’envoyaient des courriers électroniques, me suivraient et menaçaient de me tuer. Au cours des six premiers mois de l’année 2008, il y a eu au moins deux tentatives d’enlèvement visant mes enfants sur le chemin allant de la maison à l’école. »
L’absence de volonté politique ainsi que les discriminations dont les femmes font l’objet au sein des systèmes judiciaires, tant officiel que non officiel, renforcent le climat d’impunité et consacrent les attitudes culturelles et les pratiques abusives mettant à mal les droits des femmes. La police, les tribunaux et les jirgas locales (assemblées tribales) ne se préoccupent pas souvent des plaintes déposées par les femmes et les auteurs de violences sont rarement déférés à la justice pour avoir agressé des femmes ou porté atteinte à leurs droits.
Bien que l’Afghanistan ait signé la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et que sa Constitution garantisse l’égalité entre hommes et femmes, le gouvernement – au même titre que la communauté internationale, qui verse à l’Afghanistan 90 % de ses revenus destinés aux dépenses publiques – n’est pas parvenu à faire en sorte que les droits fondamentaux de toutes les femmes, jeunes filles et fillettes afghanes soient respectés, protégés et réalisés.
Pour véritablement faire progresser le statut des Afghanes, le gouvernement doit prendre des mesures immédiates et efficaces afin de veiller à ce que les défenseurs des droits humains puissent jouer le rôle vital qui est le leur en matière de promotion et de protection des droits fondamentaux en Afghanistan, sans avoir à craindre la violence ni les actes d’intimidation. Dans le cadre des célébrations relatives à la Journée internationale de la femme, agissez afin de demander que les femmes défenseures des droits humains bénéficient d’une véritable protection en Afghanistan.
Réclamez une protection digne de ce nom pour les défenseures des droits fondamentaux en Afghanistan.
Les défenseures des droits humains subissent des pressions grandissantes en Afghanistan. Nombre d’entre elles et de membres de leur famille a fait l’objet de menaces de mort, de tentatives d’enlèvement ainsi que d’agressions physiques. Certaines ont été tuées pour avoir élevé la voix, tandis que d’autres ont fui le pays, ce qui est tragique.
Documents joints
-
Afghanistan Femmes 09 (Word - 25.5 ko)
Efficace et rapide, les actions par sms vous donnent la possibilité de signer nos pétitions avec votre gsm
S'il vous est possible d'agir au coup par coup via la publication de l'action sms sur Isavelives.be, le service constitue avant tout un réseau de participants mobilisables chaque semaine.
Pour rejoindre le réseau, envoyer simplement le message "AU" au numéro "3313". Vous serez automatiquement abonné et recevrez tous les mercredis à 14h00 une action pétition par sms. Il vous suffit alors d'envoyer votre nom, prénom et vos coordonnées en réponse au numéro "3313" pour signer la pétition.
Coût :
Activation et abonnement : gratuit
Le message que nous vous envoyons : gratuit
La message que vous nous répondez : 2,00 €
Ce coût permet de financer le service et de soutenir Amnesty pour l'ensemble de ses activités. Vous pouvez nous envoyer autant de réponses que vous le souhaitez. Une réponse avec vos coordonnées sera reprise pour la pétition, les autres seront considérées comme don. Vous avez la possibilité de vous désabonner facilement et à tout moment. Envoyer simplement le message "STOP" au numéro "3313". Votre désabonnement sera effectif sans délai. L'ensemble des signatures récoltées sont imprimées et envoyées vers les autorités.
NOS LISTES D'ACTIONS PAR EMAIL.
Informez-vous et agissez depuis chez vous en vous abonnant à nos listes d'actions et d'informations.Cliquez ici
En vous inscrivant à une ou à toutes nos lettres d'informations et d'actions, vous serez en permanence informé(e) sur nos actions et leurs résultats. Nous nous engageons à respecter les lois en vigueur en mati re de respect de la vie privée. Vous pourrez à tout moment vous désabonner d'une lettre d'information en suivant le lien prévu à cet effet dans la lettre.
Pour vous abonner à nos lettres d'informations et d'actions, complétez le formulaire ci-dessous (les champs marqués d'une * sont requis), choisissez ensuite les listes répondant à vos attentes.



Suivez-nous sur Twitter
Publier une rubrique, les dernières nouvelles, les dernières actions,...
Version imprimable
envoyer par mail
