Sri Lanka. Les médias doivent être autorisés à travailler librement et en toute sécurité
vendredi 23 janvier 2009, par Françoise Guillitte
FLASH
Les autorités du Sri Lanka doivent veiller à ce que les médias du pays puissent travailler sans restrictions et en toute sécurité, a déclaré Amnesty International ce vendredi 23 janvier 2009.
« Les autorités sri lankaises ne se mobilisent guère pour garantir la sécurité des journalistes et poursuivre ceux qui les attaquent ou les assassinent. Elles vont même jusqu’à harceler et interroger des journalistes », a indiqué Yolanda Foster, chercheuse sur le Sri Lanka à Amnesty International.
Ce 23 janvier 2009, Sandaruwan Senadheera, rédacteur en chef de Lanka-e-news, a été interrogé six heures durant par des agents de la branche spéciale de la police judiciaire, à leur siège, à Colombo, au sujet d’une plainte déposée par le ministre de la Défense Gotabhaya Rajapakse.
Cette plainte concernait un article publié sur le site Internet du journal le 21 février 2008 sous le titre « Les services de renseignements internationaux ne fournissent plus d’informations au Sri Lanka ; Gota est responsable de cette situation depuis le 31 décembre ». Sandaruwan Senadheera a été averti que des policiers se rendraient à son bureau dans une semaine afin d’approfondir l’interrogatoire.
Cette affaire survient au lendemain d’une attaque ciblant Upali Tennakoon, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Rivira, et sa femme Dhammika. Au début du mois de janvier, Lasantha Wickramatunga, rédacteur du journal Sunday Leader, a quant à lui été abattu.
Pas moins de 14 professionnels des médias ont été illégalement tués au Sri Lanka depuis le début de l’année 2006. D’autres ont été victimes d’arrestations arbitraires et d’actes de torture et certains auraient disparu alors qu’ils étaient détenus aux mains des forces de sécurité. Plus de 20 journalistes ont quitté le pays après avoir reçu des menaces de mort.
« Sans des médias libres, en mesure d’exprimer des opinions divergentes et de soumettre leurs activités à l’opinion publique, les violations des droits humains peuvent se multiplier, favorisées par le secret et le déni. En raison du climat d’impunité qui règne au Sri Lanka lorsqu’il s’agit des attaques ciblant les médias, il est impossible de brosser un tableau précis et impartial de la situation dans le pays. En menaçant les journalistes d’arrestations et en s’abstenant de les protéger contre toute agression, le gouvernement manque à ses devoirs envers ses citoyens », a conclu Yolanda Foster.
FIN
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