Colombie—Homicides, détention arbitraire et menaces de mort. La réalité du syndicalisme en Colombie
jeudi 3 juillet 2008, par Brian May
- Introduction : les syndicalistes et la crise (...), p1
- L’obligation du gouvernement de respecter et (...), p3
- Le problème endémique de l’impunité, p6
- Les opérations conjointes des forces de (...), p8
- Le recours abusif au système judiciaire, p10
- Homicides et menaces de mort, p11
- Conclusions et recommandations, p11
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La liste du Département administratif de sécurité
En avril 2006, l’ancien chef du service de technologie de l’information et de communication du Département administratif de sécurité (DAS), Rafael García, a déclaré avoir découvert, en 2004, des informations selon lesquelles le DAS aurait fourni aux chefs du Bloque Norte (Bloc nord) des Autodefensas Unidas de Colombia (AUC, Milices d’autodéfense unies de Colombie) – organisation qui regroupe l’ensemble des groupes paramilitaires du pays – une liste de 24 noms de dirigeants syndicaux travaillant dans les départements de Bolívar, de La Guajira, de Sucre et de l’Atlantique. Il s’agissait, semble-t-il, de membres du Sindicato de Trabajadores Agrícolas del Atlántico (SINTRAGRICOLAS, Syndicat des travailleurs du secteur agricole de l’Atlantique), du Sindicato de Pequeños Agricultores de Sucre (SINDEAGRICULTORES, Syndicat des petits agriculteurs de Sucre), de la Federación Nacional Sindical Unitaria Agropecuaria (FENSUAGRO, Fédération nationale syndicale des travailleurs du secteur agricole), de l’ANTHOC et de la CGT.
Selon l’ancien responsable du DAS, en novembre 2003 des agents de ce service et des membres des AUC, agissant sous les ordres du commandant paramilitaire Jorge 40, auraient tué Zully Codina Pérez, infirmière à Santa Marta (département du Magdalena), et membre de la CGT. Elle figurait sur la liste des syndicalistes à abattre et avait semble-t-il été arrêtée par les forces de sécurité, puis libérée.
Selon un article paru en avril 2006 dans l’hebdomadaire Semana, le vice-président de l’ANTHOC, Gilberto Martínez, figurait aussi sur cette liste. Celui-ci a déclaré au magazine que les menaces de mort contre des membres de l’ANTHOC s’étaient multipliées en 2003. Il a ajouté : « Depuis, nous avons porté plainte à plusieurs reprises à propos de la collaboration, dans le département de l’Atlantique, entre le DAS et les paramilitaires en vue de menacer et de tuer des membres de notre syndicat, mais aucune instruction n’a été ouverte. »
Le 13 janvier 2004, des menaces de mort écrites auraient été déposées dans les bureaux de la branche départementale de l’ANTHOC. Le message contenait des menaces contre des dirigeants de l’ANTHOC et désignait nommément Gilberto Martínez, Carmen Torres et Álvaro Márquez, tous trois membres du conseil exécutif départemental, ainsi qu’Angel Salas, membre du conseil exécutif national de l’ANTHOC. Il était signé des AUC.
Le présent rapport contient des informations sur d’autres cas d’homicides ou de menaces imputables aux paramilitaires et visant des membres de l’ANTHOC, du SINTRAGRICOLAS et de la FENSUAGRO dans le département de l’Atlantique, ainsi que des personnes figurant apparemment sur la liste du DAS.
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