Extraits de « Chen, une lumière dans la nuit »
vendredi 6 juin 2008, par Laura Lhoir
Voici quelques extraits que vous pouvez utiliser pour illustrer le problème des droits humains en Chine... Ces extraits sont classés par thématique. Ils illustrent l’histoire vraie de Chen Guangcheng, un avocat aveugle, en prison pour avoir défendu les femmes victimes d’avortements forcés.
Vous trouverez des idées d’animations à partir de ces extraits dans le dossier pédagogique (voir plus bas).
Vous pouvez également nous commander le livre au prix exceptionnel de 3 euros (prix spécial pour les mouvements de jeunesse), en nous envoyant un mail à cette adresse : jeunes aibf.be
Pour en savoir plus sur Chen Guangcheng, cliquez ici
Pour plus d’infos et pour avoir des idées d’animations, téléchargez le dossier pédagogique en cliquant sur la vignette suivante :

SUR LA JUSTICE
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
Article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Un policier : « Tu sais pourtant que la loi est
claire : aucune famille n’a le droit d’avoir
plus de deux enfants. […] »
Un membre des « démons qui entrent au village » (les brigades de contrôle des naissances) : « Nous devons faire appliquer la loi. Et la loi, c’est la loi. Deux enfants
maximum par famille dans les campagnes. Un
en ville. Nous devons faire respecter les quotas.
Si nous réussissons, nous sommes félicités. Mais
si les quotas de naissance sont dépassés, c’est
l’humiliation publique. Pire encore, nous risquons des sanctions financières ou nous perdons notre travail. »
Chen : « Vous savez comme
moi que la loi interdit les avortements forcés.
Et pourtant, j’ai reçu des milliers de plaintes
de femmes, certaines enceintes de plus de
huit mois ! »
Extrait de la propagande chinoise :
« Avec ces nouvelles lois, c’est le progrès que nous offrons à tous les habitants. Grâce à ces lois, les femmes pourront se libérer des vieilles traditions et participer pleinement au développement de l’économie. »
Chen : « Ce beau discours, je l’ai entendu des centaines de fois, à chaque audience, à chaque fois que je déposais une plainte pour défendre les femmes avortées de force. Entre le discours des puissants, qui pensent d’abord à leur carrière politique, et le récit de ces femmes toutes fragiles, dont personne n’entend le cri, j’ai choisi mon camp. Impossible de faire autrement, lorsque l’on écoute leur histoire. »
SUR LA DISCRIMINATION ET LES DROITS DES FEMMES :
Chen : « Les hommes veulent
aussi avoir un fils. Et si tu as une fille
comme premier enfant, tu recommences, en
espérant avoir un fils. Si c’est encore une
fille, tu recommences encore. C’est comme ça
depuis la nuit des temps en Chine : les gens
préfèrent les garçons. »
Fanny :
« Je ne suis jamais
allée en Chine, mais j’ai déjà vu un reportage
sur ce pays à la télé. On montrait des petites
filles qui ne pouvaient pas aller à l’école, sim-
plement parce que les familles préfèrent y
envoyer les garçons. En fait, je trouve ça
bizarre : les filles ne sont pas plus bêtes que les
garçons. Quand est-ce que les gens compren-
dront que les filles peuvent aussi travailler,
faire les mêmes métiers que les hommes ? »

Chen : « En mars 2005, les
autorités de la province de Shandong ont
ordonné la stérilisation des mères ayant déjà
deux enfants. Les autorités imposent donc
l’avortement à celles qui sont enceintes du
troisième. Cette loi est exécutée d’une façon
brutale et humiliante. Les familles qui protestent sont battues jusqu’à ce que les mères
acceptent d’aller à l’hôpital. »
SUR LA DÉTENTION ARBITRAIRE
Chen : « C’est un commissariat comme il en existe tant d’autres en
Chine. Avec son chef, qui veut te montrer qu’il a du pouvoir sur toi, qu’il
peut te battre, t’humilier, tu peux crier
tant que tu voudras, personne ne sera
là pour t’aider… »
Chen : « Accusé d’avoir troublé le trafic ! Condamné à 4 ans et 3 mois de
prison pour avoir gêné la circulation ! Ils
auraient quand même pu trouver une idée
plus originale ! »
Yuan : « Mon mari est toujours en prison, et cela ne peut pas durer. Je
ne l’ai pas vu depuis sept mois… Les autorités ne répondent jamais à mes questions et je
n’ai pas l’autorisation de lui rendre visite en
prison. »
SUR LE RAPPORT AU POUVOIR
A l’école :
Le prof : « C’est pourquoi
nous devons obéir au Parti, qui sait ce qui
est bon pour le pays, même si pour cela il
faut sacrifier nos propres désirs…. »
Chen : « Mais alors, Maître, si je comprends bien, ce
que moi je pense n’a pas tellement d’importance… ? »
« Oui, Chen, nous devons d’abord penser à ce
qui est bon pour le pays. L’intérêt du groupe
passe avant le tien. »
« Mais alors, comment savoir si ce qui est bon
pour notre pays est bon pour le monde ? Y a- t-il quelqu’un pour penser à l’intérêt général
du monde, qui devrait passer avant l’intérêt
de chaque pays ? »
« La Chine a toujours été une grande nation,
en avance sur son temps. Nous avons découvert le papier et l’imprimerie bien avant le
monde occidental. Nous avons inventé la
poudre, nous avons parcouru le monde, notre
flotte impériale a été jusqu’en Afrique et en
Australie, bien avant que Christophe Colomb
ne découvre l’Amérique. C’est pourquoi le
monde devrait écouter la chine avant de décider ce qui lui semble bon pour lui. C’est normal que le peuple majoritaire donne d’abord
son avis. »
« Mais si la majorité se trompe ? Et si personne ne défend le plus faible, celui qui n’ose
pas parler, parce qu’il sait que la majorité ne
pense pas comme lui ? Parfois, c’est le plus
petit qui a raison et le plus fort qui se
trompe… ».
Le lendemain, les parents de Chen furent convoqués par le directeur de l’école.
« Chen ne peut pas continuer à étudier dans
cette école. Son handicap l’empêche de raisonner normalement, et ses idées sont dangereuses. Il faut qu’il aille dans une école spéciale pour handicapés. »
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