FAIRE COURBER LA CHINE ?
Chine - Rejoignez-nous le 3 mai à Bruxelles !
vendredi 4 avril 2008
En 2001, Liu Jingmin, vice-président du Comité de candidature de Pékin aux Jeux olympiques (JO), déclarait que si l’organisation des JO était confiée à la capitale chinoise, cela « contribuerait au renforcement des droits humains ». Sept ans plus tard, le bilan de la Chine en matière de droits humains s’est aggravé.
Beaucoup espéraient que les Jeux serviraient de catalyseur pour des réformes, mais la répression qui, partout en Chine, s’abat actuellement sur les militants et les journalistes a lieu, non pas malgré, mais bien à cause de l’organisation des JO. C’est ce qui ressort du rapport People’s Republic of China : The Olympics countdown – Crackdown on activists threatens Olympics legacy (ASA 17/050/2008).
Au Tibet, depuis le 10 mars 2008, des centaines de personnes ont été arrêtées à la suite des manifestations. Ces personnes, notamment celles qui sont soupçonnées d’« activités séparatistes », risquent d’être maltraitées ou torturées par les forces de sécurité chinoises. Compte tenu du black-out quasi total sur le Tibet et les régions environnantes, il est difficile de vérifier les informations qui nous sont communiquées de part et d’autre. Une chose est sûre, cette chape de silence bafoue l’engagement qu’avaient pris les autorités de garantir une « liberté totale des médias » à l’approche des Jeux.
Dans le reste de la Chine, de nombreux militants ont été incarcérés à l’issue de procès motivés par des considérations politiques et sont par conséquent des prisonniers d’opinion. Un nombre croissant de personnes sont placées en résidence surveillée. Des crimes contre la sécurité nationale définis en termes vagues, comme le « séparatisme », la « subversion » et le « vol de secrets d’État » sont utilisés pour engager des poursuites contre des personnes menant des activités légitimes et pacifiques de défense des droits humains. En mai 2006, Pékin a étendu le recours à la forme de détention sans jugement appelée rééducation par le travail, dans le but de « nettoyer » la ville avant les Jeux. En dépit des promesses qu’elles ont faites en juillet 2001 de laisser une « liberté complète aux médias », les autorités continuent d’utiliser le délit d’« incitation à la subversion » et d’autres infractions relatives à la sécurité de l’État pour poursuivre et emprisonner les écrivains et les journalistes qui exercent leur droit à la liberté d’expression.
Internet fait également l’objet d’une vaste censure. Des affichettes de la police avertissent désormais un grand nombre des 210 millions d’internautes chinois de ne pas se rendre sur les sites « illégaux ». Cette police virtuelle est visiblement destinée à encourager l’autocensure en rappelant aux utilisateurs que les autorités surveillent de près les activités sur la Toile. Il semble également que la Chine ait mis en place le système de censure et de filtrage sur Internet le plus étendu, le plus sophistiqué et le plus vaste au monde.
Enfin, malgré certaines évolutions positives comme la réforme du système d’application de la peine capitale, la Chine reste le pays du monde qui a le plus recours à la peine de mort. De même, la (relativement) plus grande liberté d’information accordée aux journalistes étrangers est éclipsée par le blocage de la réforme du régime de la détention sans procès, par la répression contre les défenseurs des droits humains, par la censure d’Internet et des communications par téléphone mobile.
Que demande Amnesty ?
Amnesty International demande à la Chine d’autoriser immédiatement les enquêteurs de l’ONU et les observateurs indépendants à se rendre au Tibet et dans les régions voisines ; de mettre un terme aux arrestations arbitraires, à l’intimidation et au harcèlement des militants ; de mettre fin à la détention administrative punitive ; d’autoriser tous les journalistes à rendre compte de la situation sur l’ensemble du territoire chinois de manière exhaustive et en toute liberté ; de relâcher tous les prisonniers d’opinion et de réduire le nombre d’infractions passibles de la peine capitale, en prélude à l’abolition de ce châtiment.
Pour en savoir plus
www.amnesty.be/jo
www.isavelives.be/jo
Manifestation nationale
Le 3 mai à 14h00 au croisement de l’avenue de Tervueren et de l’avenue du Putdael à Bruxelles (Woluwe- Saint-Pierre). Nous nous rendrons en cortège jusqu’à l’ambassade de Chine, située avenue de Tervueren 463 à 1160 Bruxelles (Auderghem).
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