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Si tu bats ta femme, t’es pas un homme

jeudi 27 octobre 2005, par Philippe Hensmans

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13 Messages de forum

  • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 16 novembre 2005 à 17:40 , par dom n dumber

    Ne pensez-vous être quelque peu réducteur dans les thématiques utilisées pour votre communication. À comprendre votre message seul, une minorité identifiable par ces habitudes est concerné par le problème de la violence conjugale. • Le motard (barbu, tatoué, aimant le bruit, et oh sacrilège !!! les femmes peu vétues et à forte poitrine, sans doute...
    • La bière (en canette, pas en verre, quelle habitude de brute) que l’on boit très certainement trop.
    • et enfin l’Habitué du “soulevage de fonte” alors que seul une activité intellectuelle telle que le scrabble ou la lecture d’un alexandre jardin peu calmer les esprits.

    Ne pensez-vous pas qu’un homme de 40-50 ans, sociologiquement intégré, aux habitudes casanières et au look des plus probe (chemise à carreaux et pantalon flanelle) ne puisse battre sa femme.
    Ne pensez-vous pas que la stigmatisation d’un profil puisse réduire le message et pousser à un cliché des plus facheux
    Et enfin pensez-vous qu’un message aussi simpliste et réducteur puisse amener à un quelconque sentiment de culpabilté voire de remise en question.

    amicalement
    dom

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    • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 17 novembre 2005 à 05:37 , par phensmans

      Vous avz raison : les hommes violents se « recrutent » dans toutes les classes sociales. C’est aussi pour cela que notre sopt télé (en voie de réalisation) visera les hommes dont vous faites mention

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    • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 26 novembre 2005 à 02:33

      Je suis tout à fait d’accord avec ce commentaire. Si le TITRE de votre campagne cerne très bien le problème des hommes qui battent leurs femmes(TITRE-CONSTAT puisqu’il est en effet bien connu que les hommes à identité masculine très faible estiment logiquement devoir la restaurer constamment, la violence étant le seul recours du faible), elle ne fait donc que simplement « retourner le couteau dans la plaie », sans approfondir le sujet.
      VARIER les Images d’une Campagne comme la vôtre la servirait cependant, en la rendant beaucoup plus pointue. Si le « mec de base » existe dans la réalité (le rudimentaire Cromagnon du XXIè siècle à sympathiques activités grégaires et loisirs de masse préfabriqués à l’intention de certaines classes sociales, accompagné de l’inévitable « si gentille » et naïvement immature midinette au « bovarysme » intense, non encore émancipée en 2005 de toutes les obligations de coquetterie et de rivalité féroce de harem, formatée par des millénaires de domination), votre campagne ne s’adresse pas aux mécanismes de violence de TOUS les hommes violents. Par là, j’entends que nous savons tous et toutes que la question centrale concerne aussi la femme et l’homme d’un certain niveau intellectuel et social. Ils interprètent et ressentent comme une menace la femme égale à eux, la femme adulte mentalement franchement émancipée, indépendante et autonome, soit l’assertivité féminine. Leur violence s’exprimera alors avant tout verbalement, de façon perverse, retorse, manipulatrice, elle sera de discrédit, d’ordre psychologique et moral. Ce crime-là ne laissera pas de traces physiques de coups ou de sang.
      Pourquoi ne pas lier cette question à celle de la LIBERTÉ individuelle et de l’autonomie en s’adressant aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Les règles du jeu conformiste mènent la danse et la contre-danse...jusqu’à confusion entre compromis et compromission ou indignité.
      L’inspiration pourrait provenir de l’excellente campagne photographique de la Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles, qui reposait sur le contraste extrême entre les décors modernes (tram, station de Métro)et gens d’apparence moderne et un HOMME PRÉHISTORIQUE aux comportement et attitude rustres. On y déclarait « Les transports ont bien évolué. Et VOUS ? » Cela s’adressait aux attitudes rustres, archaïques, peu civilisées, d’ignorance de l’autre dans un espace public à partager. Pourquoi ne pas figurer, représenter la PSYCHOLOGIE ARCHAIQUE de tous ces hommes qui battent les femmes... Sous le déguisement vestimentaire ou social(quel qu’il soit),le cerveau PRIMITIF, REPTILIEN, ARCHAIQUE.. Pour pasticher à l’envers le slogan de Mai68 « Sous la plage, les pavés »...L’homme est violent justement et précisément quand il est persuadé qu’il n’est pas un homme, donc votre campagne s’adresse à lui en le confortant dans sa conviction et sa justification... Est-ce judicieux ?

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      • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 26 novembre 2005 à 07:27 , par Philippe Hensmans, directeur

        Vous avez parfaitement raison : cette campagne ne vise que certaines catégories d’hommes, et c’est fait exprès. C’est un choix délibéré que nous avons fait, et qui s’explique en partie, mais en partie seulement par des raisons budgétaires.
        Vous avez parfaitement aussi le droit de ne pas l’apprécier ; nous savons par ailleurs qu’elle a des impacts intéressants, qu’elle fait réfléchir les hommes que nous voulions toucher avec cette campagne, et c’est déjà cela de gagné.
        Cette campagne a été préparée par une longue réflexion, une analyse de campagnes faites dans d’autres pays, et des discussions avec beaucoup d’acteurs dans l’enseignement, notamment.
        Nous avons très peu de ressources (rien de tout cela n’est subventionné), et nous sélectionnons donc nos cibles.
        Si vous avez lu les nombreux articles publiés sur ce site (et vu la campagne de l’année passée), vous aurez vite compris que nous savons bien que la violence contre les femmes n’est pas l’apanage d’une classe sociale.
        Mais, encore une fois, nous avons voulu viser les hommes qui... se sentiront visés par cette campagne. Nous avons la faiblesse de croire, en tant qu’homme, qu’en effet, certains hommes se sentiront concernés.

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  • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 18 novembre 2005 à 00:01 , par N.

    A mon avis, cette campagne axée sur la virilité n’est pas très judicieuse.

    Elle pose problème à plusieurs niveaux :

    1. L’analyse des rapports sociaux de sexe démontre que la virilité se construit notamment par la violence et en vue de sa reproduction, et que les violences conjugales en sont une conséquence parmi d’autres. Or, cette campagne évacue complètement cet aspect social et pose la virilité comme une essence, voire une énergie d’origine « testostéronale » qu’un « vrai homme » évacue sainement dans le sport et les bagnoles (virilité positive) contrairement à l’« homme indigne » qui l’évacuerait dans la violence conjugale (virilité négative).

    Une campagne qui n’identifie pas correctement la cause d’un problème ne peut être efficace.

    2. Ce texte nous présente une série de clichés supposés définir ce qu’est un homme. Il est par définition sexiste.

    3. Par conséquent, la plupart des hommes ne se reconnaîtront pas dans cette description : la campagne manque sa cible.

    4. Le texte s’adresse aux hommes violents d’une manière débilitante suivant le principe que l’homme violent ne peut qu’être un Cro-magnon et qu’il faudrait par conséquent lui parler cro-magnon. Or, seule une minorité des hommes violents correspond à ce cliché ; la plupart du temps, l’homme violent est parfaitement intégré socialement et professionnellement, son « problème » (ou plutôt celui de sa compagne) passe inaperçu car relégué dans la seule sphère du privé.

    5. La dernière phrase (« la violence contre les femmes n’est assurément pas un droit de l’homme ») est maladroite. Il laisse entendre que les Droits de l’Homme ne s’adressent qu’aux personnes de sexe masculin. Or, l’un des objectifs de cette campagne devrait être de rendre aux femmes, aux yeux de ces hommes, leur statut de personne humaine.

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    • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 23 novembre 2005 à 14:40 , par J.L.

      Je ne suis pas du tout d’accord avec cet avis, même si je le comprends.

      1. Si un aspect est laissé pour compte, je pense que d’aures actions Amnesty touchent elles tous les composantes sociales impliquées dans la problématique. Cette campagne en particulier est sans doute plus réductrice du point de vue du public cible mais a le mérite d’attirer l’attention, en particulier des plus jeunes, je pense.

      2.Malheureusement, ces clichés sont encore souvent vrais. Je veux dire par là que l’image donnée par un biker, une body builder, un fan de foot, un boxeur, etc. reste très masculine et même à tendance macho. Je dis bien l’image, ça ne veut pas dire que ces hommes rentrent dans ces clichés.

      3. En choquant, cette campagne attirera l’attention et donc touchera le public.

      4.Le message estclairement basique. Rentrer dans le détail me paraît peu porteur en terme de communication. Le fond est disponible si on s’intéresse de plus près à la campagne en général « Halte à la violence contre les femmes ». Tous les aspects de la violence sont abordés dans leur contexte global.

      5. « La violence contre les femmes n’est assurément pas un droit de l’homme » : Je trouve justement le jeu de mot bien trouvé !

      Bref, pour ma part, je pense qu’avec ce type de communication un peu différente de celle utilisée d’habitude, Amnesty touchera sans doute un public nouveau utile à sensibiliser. Un public plus jeune, peut-être même des personnes venant de milieux moins favorisés.
      Bravo Amnesty, en tant que jeune femme, je suis convaincue par cette campagne alliant humour et gravité. J’ai aussi vu le dossier pédgogique à destination des écoles et pense que c’est effectivement en agissant en prévention auprès des plus jeunes qu’on arrivera à changer cetaines mentalités.

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      • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 30 janvier 2006 à 01:54 , par Naibed

        Je vois que vous n’êtes pas d’accord, mais que vous n’avez pas d’arguments rigoureux à faire valoir, à part vasouiller sur un air marketeux que « ça touchera les jeunes ». Comme si toucher les jeunes impliquait forcément de faire dans le simplisme (ce qui n’est, par ailleurs, pas vraiment flatteur pour eux).

        Ici, nous avons bien un message qui, bien que correct, est simpliste, et surtout donné sous une forme simpliste, qui renforcera encore l’essentialisme qui conditionne la plupart de ces jeunes, et qui est bien souvent à l’origine de la violence.

        Sans nécessairement garantir qu’ils ne passeront pas à l’acte de violence, une fois que cet essentialisme crasse qui entoure la campagne les aura bien campés dans leurs « rôles traditionnels » et leurs archétypes patriarcaux.

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    • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 5 décembre 2005 à 02:56 , par MS

      Certaines observations ici sont très justes. N’empêche, cette campagne publicitaire d’Amnistie est, à mon humble avis, très bien. Et malgré le type d’hommes visé, jeunes ou moins jeunes, il reste que le solgan - « Si tu bats ta femme, t’es pas un homme » - il est difficile de passer à côté, quelque soit la classe sociale, l’âge, le look, etc. Et effectivement, je connais plusieurs hommes qui se reconnaîtront dans le type présenté ici (pas le violent, mais le « viril ») tout simplement parce que c’est profondément ancré au fonds d’eux-même, parce que c’est comme ça qu’ils ont appris à être.

      Aussi imparfaite soit-elle, je lève mon chapeau à cette campagne, cet effort qui doit être renouvelé, non seulement par Amnistie, mais par d’autres groupes.

      Il faudrait inonder la société, rendre ce sujet visible par des slogans et des pubs chocs, comme on l’a fait pour l’alcool au volant ou la fumée secondaire des cigarettes (attention : je ne suis pas en train de mettre sur le même pieds l’alcool, la top et la violence contre les femmes - je parle de campagne de pub, je ne compare pas leurs sujets).

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  • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 30 novembre 2005 à 15:18 , par Gerard Levesque

    Allons un petit effort pour contrer la violence des femmes envers les hommes (50% de la violence domestique :

    PAS VIRILE,MAIS VIOLENTE !

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  • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 1er décembre 2005 à 12:11

    Si ta femme te bat, t’est pas un homme.

    Mais ou ais-je donc la tête, la violence féminine, cela n’existe pas.

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  • > Si tu bats ta femme, t’es pas un homme Le 24 décembre 2005 à 12:54 , par Thibaut

    Bonjour,

    Je voudrais réagir vivement vis-à-vis de cette campagne, car elle m’a profondément touché.

    Je suis membre des Forces Armées belges, et à cette égard, je me suis senti blessé par le cliché représentant un militaire portant un insigne avec la mention « si tu bats ta femme, tu n’es pas un homme »

    Je comprend tout à fait l’objectif de cette campagne, et défends les même propos.
    Néanmoins cette image incite les gens à penser qu’une large partie des militaires battent leur femme. Je comprend que ce n’est clairement pas le message que vous voulez faire passer mais c’est ainsi que je l’ai ressenti comme à mon avis beaucoup de personnes au sein de la Défense.

    Votre campagne se base sur des stéréotypes et des clichés alors qu’un des objectif d’Amnesty International, est justement de bannir toute « persécution » basé sur des facteurs discriminatoires.
    En outre, les hommes qui battent leur femme se retrouvent dans toutes les couches de la société ainsi que dans toute les professions.

    Merci pour votre attention.
    Bien à vous

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