
Jacques Mercier a répondu à nos questions :
Pour vous, qu’est ce qu’une violence contre une femme ?
La violence contre une femme est, outre l’abus de sa force physique (force et le verbe « forcer » !), l’utilisation d’un ascendant, d’un pouvoir qui ne la plus rend égale à l’autre. C’est dans tout ce qui n’est pas le Droit de l’homme (et - ô combien ! - Droit de la femme) la part du rapport de force : soit le mépris, la condescendance, l’arrogance, l’indifférence... jusqu’à la violence morale, verbale et physique.
Pourquoi avez-vous accepté de vous engager avec Amnesty ?
Sûrement mon admiration pour ce qu’est la femme en général et ce qu’elle peut craindre dans un rapport de violence. La femme allie des qualités d’intelligence et d’intuition, par exemple, et ne pas les respecter c’est restreindre sa liberté d’épanouissement, sa vocation à être ce qu’elle est. (C’est comme flétrir sexuellement une enfance)
3 femmes sur 5 sont victimes de violence physique, psychique ou sexuelle dans le monde. Pensez-vous que votre engagement peut modifier ce nombre ?
Tout ce qu’on peut faire pour combattre ces violences doit être entrepris, y compris par les mots, les engagements des parrains et marraines, même si c’est peu, si ce n’est pas un travail de terrain, etc. Tout doit être fait et doit converger pour éradiquer ce mal. Donc, oui, je pense que parfois une petite pierre ajoutée à l’ensemble pourtant composé de milliers de pierre, peut terminer la construction.
Pourquoi, selon vous, la lutte contre la violence faite aux femmes est aussi l’affaire des hommes ?
C’est aussi une affaire d’homme depuis l’épopée de Gilgamesh, qui voulut retirer à la femme sa qualité (d’harmonie, de création, etc.) pour imposer les vertus viriles, guerrières et violentes. Peut-être un jour, on en reviendra vraiment au juste équilibre, non pas une société ou matriarcale ou patriarcale, mais composée logiquement des deux courants, selon ses différences, ses qualités, qui sont complémentaires. Donc, les hommes doivent aussi faire un bout de chemin pour que ce combat ne soit pas inutile. Faire un bout de chemin, ce peut être, au minimum, le comprendre et l’accepter. Au maximum, changer sa propre attitude.




