Il n’est pas toujours facile d’être cohérent et de défendre ses idées jusqu’au bout. Nous venons d’en avoir deux exemples, l’un aux Philippines, l’autre au Pakistan.
Aux Philippines , trois hommes ont été condamnés à la peine capitale pour avoir violé leurs filles. Or, aussi révoltant que puisse être le crime commis, Amnesty International s’oppose à la peine de mort dans tous les cas. En outre, il a été prouvé que les exécutions n’ont pas d’effet dissuasif sur les délinquants. L’Organisation estime qu’on peut s’attaquer au problème du maintien de l’ordre et punir les auteurs de crimes sans recourir aux exécutions. La peine de mort est uniquement un outil de vengeance. Des groupes de femmes aux Philippines ont fait observer que la peine de mort ne permettrait pas de résoudre les nombreux cas d’inceste, que ce châtiment avait un effet déshumanisant et risquait d’augmenter la souffrance des victimes déjà vulnérables. En 1999, un homme reconnu coupable de viol incestueux a été exécuté alors que ses filles avaient lancé un appel pour demander qu’il ait la vie sauve. Pour en savoir plus
Au Pakistan ,vous avez certainement eu connaissance de cette décision d’une juridiction tribale de condamner une jeune femme de dix-huit ans à être violée à titre de châtiment, en raison de la liaison illicite présumée de son frère âgé de douze ans avec une jeune fille qui appartenait à une tribu considérée comme supérieure. En savoir plus
Le tollé général et international a forcé les autorités à réagir et un tribunal pakistanais a, à son tour, condamné à mort les violeurs. Selon les mêmes fondements que dans le cas cité précédemment, Amnesty International conteste cette décision.
Au Zimbabwe, à l’approche des élections municipales, les tentatives d’intimidation d’une militante des droits humains s’accentuent. Le 29 août, le docteur Frances Lovemore, directrice médicale d’Amani Trust, l’une des principales organisations non gouvernementales du Zimbabwe, a été arrêtée à Harare. Quelques jours auparavant, le Daily Telegraph rapportait une déclaration de Frances Lovemore selon laquelle « les hommes de Mugabe ont fait du viol une arme de rétorsion ». Amnesty International appelle la communauté internationale à prendre toutes les mesures nécessaires afin d’apporter son soutien aux ONG qui luttent pour le respect des droits humains au Zimbabwe et qui sont en butte aux pressions des autorités parce qu’elles recueillent des informations sur les violations des droits humains et procurent des soins aux victimes. Pour en savoir plus
La mobilisation ne peut se relâcher au Nigeria. Amina Lawal a encore un recours auprès des autorités fédérales pour éviter d’être soumise à la lapidation confirmée en appel par le tribunal de la Sharia, malgré le soutien de la communauté internationale et d’associations Nigérianes de défense des droits des femmes. En effet, la juridiction compétente est maintenant une juridiction fédérale pour laquelle en principe l’adultère n’est pas un délit, et donc pas un fait punissable d’un tel châtiment. Une manifestation de protestation à laquelle votre participation sera indispensable est prévue à Bruxelles la semaine prochaine. Détails Mais outre le cas d’Amina Lawal qui est fort médiatisé, il y a d’autres cas pour les quels vous pouvez rejoindre l’action d’Amnesty International. En savoir plus




