Rita Mahato, défenseure des droits humains au Népal est aujourd’hui victime d’agression physique et d’actes d’intimidations en raison de son travail auprès des femmes victimes de violences sexuelles.
Rita Mahato est conseillère en matière de santé au Centre de réinsertion des femmes (WOREC). Installé depuis quatre ans dans le district de Siraha, le centre WOREC s’efforce d’aider les membres de la population dalit (caste marginalisée sur les plans social et économique) ainsi que les femmes, en particulier celles qui ont été victimes de violences sexuelles.
Cette organisation recueille des informations sur les différents cas et apporte un soutien juridique aux victimes, en signalant les atteintes à la police et aux autorités. En défendant les droits des victimes cependant, ces défenseurs des droits humains s’exposent à de graves violations de leurs propres droits fondamentaux et sont régulièrement menacés et intimidés.
Rita Mahato est aujourd’hui elle aussi victime de ces menaces. En juin 2007, son bureau a été attaqué par des hommes qui protestaient contre l’action menée par le WOREC ; les agresseurs ont menacé de la violer et de la tuer. Dev Kumari Mahara, sa collègue, a aussi été menacée de viol, de mort et d’enlèvement. Les membres du centre WOREC pensent que les menaces et l’attaque pourraient être l’œuvre d’hommes proches des femmes auxquelles l’organisation apporte son aide.
À la suite de ces événements, le personnel du centre WOREC a contacté la police locale. Cependant, jusqu’à présent, aucune enquête n’a été menée.
Les femmes népalaises défenseures des droits humains semblent courir des risques accrus d’agression physique et d’actes d’intimidation en raison des tabous sociaux bloquant la remise en cause de pratiques sociales discriminatoires. Le WOREC a ainsi enregistré les plaintes de plus de 40 défenseures des droits humains signalant des violations telles que des menaces de mort et des agressions en relation avec leur action en 2008. Les défenseures des droits humains ont montré qu’alors qu’elles se font de plus en plus entendre, tirant parti du nouvel espace politique pour aborder la question de la discrimination, elles craignent de faire l’objet de réactions violentes, aucun mécanisme de protection n’étant en place pour soutenir leur travail.
Agissez en faveur de Rita Mahato, voir ici.




