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OUGANDA. « La justice est trop chère pour moi »

AFR 59/002/2010

mardi 18 mai 2010, par Françoise Guillitte

En Ouganda, les violences faites aux femmes et aux fillettes restent monnaie courante. Une enquête menée en 2006, démontre que 60% des femmes ougandaises ont subi au moins une fois des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, et une de ces femmes interrogées sur quatre a déclaré que son premier rapport sexuel avait été un rapport forcé.

Viols, violences, mariages forcés et précoces, des violences très largement acceptées par la société ougandaise qui ne répond pas à son obligation internationale de prévenir la violence, et de garantir l’accès à la justice pour les femmes.

Des violences rarement prises au sérieux par les autorités, une administration trop lente qui ne possèdent pas de moyens suffisants, des procédures longues et coûteuses pour ces femmes sans ressources économiques, autant d’obstacles ne permettant pas à ces victimes d’accéder à la justice. Des lois ont pourtant été élaborées par le gouvernement ougandais, il y a quelques années, mais aucune n’a été adoptée par le Parlement.

Les femmes sont donc livrées à elles-mêmes. Beaucoup préfèrent se tairent de peur d’être rejettées par leur famille et même, si elles portent plainte, rares sont les affaires qui aboutissent à un procès. En 2009, seulement 2% des affaires de viol se sont terminées par la condamnation de l’auteur.

La violence en Ouganda est partout et sous différentes formes.

Selon un rapport publié par Plan International en 2008, une fille de 16 à 17 ans sur 12, a déjà eu des rapports sexuels avec l’un de ses enseignants. La prostitution est interdite et les travailleuses du sexe ne peuvent pas porter plainte risquant elles-mêmes d’être arrêtées. Les femmes réfugiées sont à la merci des hommes dans des camps d’où elles ne peuvent pas sortir, des fillettes enceintes ne peuvent pas avorter, des femmes sont contaminées par le virus du sida/VIH. Elles sont vulnérables et elles n’ont aucun moyen de se protéger.

Amnesty International, appelle les autorités ougandaises à intensifier et à améliorer leurs efforts. Le pays doit disposer de lois nécessaires, les femmes doivent bénéficier d’examens médicolégaux et elles doivent pouvoir trouver refuge dans des centres d’accueil. Il est indispensable que ces tortures infligées aux femmes ougandaises soient considérées avec sérieux et professionnalisme.

Lire le communiqué de presse

Le rapport complet se trouve ci-dessous.

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