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Népal : Le gouvernement doit dire halte à la violence contre les femmes

mercredi 25 février 2009, par Françoise Guillitte

Rita Mahato, trente ans, est conseillère en matière de santé au Centre de réinsertion des femmes (WOREC), au Népal ; son organisation défend les droits des femmes et des dalits (intouchables). En juin 2007, son bureau dans le district de Siraha a été attaqué par des hommes de sa communauté qui protestaient contre l’action menée par le WOREC ; les agresseurs ont menacé de la violer et de la tuer. La police n’a pas mené la moindre enquête sur ces faits. Rita Mahato a continué à recevoir des menaces de mort en 2008.

Contexte

Plus de deux ans après le mouvement populaire de 2006 et l’Accord de paix global (novembre 2006), et malgré le soulèvement de groupes marginalisés dans le Teraï tout au long de l’année 2007, rares sont les promesses d’amélioration dans le domaine de la protection des droits humains qui ont été traduites en actes.

L’État n’est pas suffisamment présent dans un grand nombre de zones rurales, et la police n’est pas tenue de rendre de comptes à l’échelon des districts, en particulier dans celui du Teraï, en ce qui concerne les enquêtes portant sur les droits humains.

En résulte un vide sécuritaire qui a permis la prolifération de groupes armés commettant des atteintes aux droits humains telles que des enlèvements, des homicides illégaux, etc.

Dans ce contexte, les victimes de la violence contre les femmes sont particulièrement vulnérables et les crimes perpétrés contre les femmes ne sont ni contestés ni sanctionnés. Nombre de femmes et de jeunes filles craignent de signaler les viols et les autres formes de violence, non seulement en raison de l’hostilité et de la réprobation de leur communauté, mais aussi à cause de l’inaction des autorités quand il s’agit de mener l’enquête, de lancer des poursuites et de sanctionner les auteurs par le biais du système judiciaire.

Risque accru de menaces et d’agressions pour les femmes défenseures des droits humains

Les défenseures népalaises des droits humains, qui travaillent au côté de femmes victimes de violences, craignent d’être exposées à un risque croissant d’agressions physiques et d’actes d’intimidations. Le Centre de réadaptation pour femmes (WOREC), une organisation féminine nationale, a enregistré les plaintes de plus de 40 défenseures des droits humains signalant des violations telles que des menaces de mort et des agressions en relation avec leur action en 2008. Préoccupé par la montée de la violence contre ces militantes, le WOREC a organisé une consultation nationale auprès de défenseures des droits humains à Katmandou en novembre 2008. Ce rassemblement, qui a eu lieu les 29 et 30 novembre, a réuni plus de 200 militantes représentant divers districts et travaillant dans différentes institutions au Népal. De nombreuses militantes présentes ont confié à l’assistance qu’elles étaient la cible de manœuvres de harcèlement, d’actes d’intimidation et de violences en raison des tabous sociaux bloquant la remise en cause de pratiques sociales discriminatoires. Les femmes travaillant sur le terrain sont aux premières lignes de la lutte contre cette violence puisqu’elles s’élèvent contre des pratiques féodales et courent les risques les plus directs – les coups, les menaces de mort, voire le meurtre. Les défenseures des droits humains ont montré qu’alors qu’elles se font de plus en plus entendre, tirant parti du nouvel espace politique pour aborder la question de la discrimination, elles craignent de faire l’objet de réactions violentes, aucun mécanisme de protection n’étant en place pour soutenir leur travail.

Écrivez à Pushpa Kamal Dahal, le Premier ministre népalais, afin de lui demander de veiller à ce que son gouvernement adopte une politique de tolérance zéro concernant la violence contre les femmes, et prenne toutes les mesures possibles pour garantir la sécurité des femmes défenseures des droits humains, en particulier dans les zones rurales.

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