La violence contre les femmes est répandue en Namibie. Elle inclut la violence sexuelle commise tant par des individus privés dans la sphère familiale que par des agents de l’état. Les crimes sexuels sont renforcés et facilités par des pratiques culturelles, comme l’initiation sexuelle obligatoire des jeunes filles par les membres de la famille qui est toujours pratiquée par quelques communautés en Namibie. Beaucoup de chefs traditionnels considèrent comme acceptable que des hommes battent leurs femmes et leurs enfants et leur infligent d’autres violences pour « les discipliner ». Beaucoup d’actes de violence domestique ne sont pas dénoncés, ou s’ils le sont, la police ne s’en occupe pas efficacement ou de manière sensible. Les victimes de viol et d’abus sexuel au sein de la famille sont souvent mises sous pression pour ne pas porter plainte.
La Namibie est devenue indépendante en 1990. Malgré l’adoption d’une Constitution comportant quelques garanties à propos des droits humains, il y a des vides dans la loi en particulier concernant la protection des enfants et les droits des femmes. Le gouvernement a signé des conventions internationales incluant le CEDAW et son Protocole Facultatif, mais le gouvernement n’a pas entièrement révisé les lois nationales pour refléter ces dispositions concernant les droits humains
La loi condamnant le viol, date de 2000 ; elle reconnaît le viol masculin et féminin et inclut le viol matrimonial comme un acte punissable. Cependant, la criminalisation du viol matrimonial est fortement controversée dans la société namibienne. Le grand public a tendance à soutenir l’idée selon laquelle, dans le mariage, une femme n’a pas le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles avec son mari.
Le projet de loi sur la violence domestique a été débattu par l’Assemblée nationale en novembre 2002. Ce débat a révélé les profondes appréhensions des parlementaires, en particulier des hommes. Le Projet de loi a été présenté et fortement soutenu par le Ministre d’Affaires féminines et de la protection de l’enfance, Netumbo Ndaitwah. Les parlementaires femmes en général ont soutenu le projet de loi.
Pendant le processus d’élaboration du projet de loi sur la violence domestique, le bureau de conseil et de recherche sur le genre du centre d’aide légal a conduit la recherche, a mobilisé les membres du gouvernement, a fait pression sur le Parlement sur des questions concernant les femmes. Il a rédigé des protocoles pour guider les professionnels comme la police, les assistants sociaux, les magistrats, les professionnels médicaux qui sont impliqués dans l’aide aux victimes de violence domestique et la poursuite des criminels. Il travaille également avec un groupe d’organisations de défense des droits des femmes pour promouvoir des mesures pour les protéger.
Il est évident que le projet de loi pourrait avoir des implications pour le gouvernement en termes de responsabilités supplémentaires et entraînera une formation spécifique de la police. Les observateurs au débat ont observé que quelques députés masculins, y compris des membres du gouvernement, ont répliqué au projet de loi d’une façon qui a banalisé les questions et/ou a nié le droit des femmes et la nécessité de prendre des mesures pour les protéger, allant jusqu’à insulter dans certains cas des femmes des partis d’opposition qui ont donné leur appui au projet de loi.
Actuellement, le Projet de loi sur la violence domestique est entre les mains du Comité Permanent des Affaires du Gouvernement. Ce Comité est chargé de mener une enquête sur le sujet en suivant un processus qui inclut normalement des auditions du public. Par le passé, des organisations non gouvernementales des droits humains locales ont observé que des projets de lois qui ne sont pas une priorité pour le gouvernement peuvent subir des retards prolongés. Amnesty International a donc adressé une lettre au gouvernement namibien afin que le Projet de loi soit maintenu à l’ordre du jour parlementaire, pour que soit renforcée la volonté et la capacité du gouvernement de protéger les femmes de la violence en prenant des mesures légales et en mettant fin à l’impunité pour les criminels.





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