Amnesty International a délégué Khalil Matouk, avocat syrien et défenseur des droits humains, comme observateur au procès de Mohammad Reza Aghdam.
Mohammad Reza Aghdam, un agent du service des renseignements iraniens, aurait été inculpé dans le cadre de l’affaire concernant la mort en détention le 12 juillet 2003, de Zahra Kazemi, une femme possédant la double nationalité canadienne et iranienne.
Amnesty International a demandé aux autorités iraniennes de faciliter à Khalil Matouk l’obtention d’un visa et de lui accorder une accréditation pour assister au procès en tant qu’observateur mais n’a pas encore obtenu de réponse.
Amnesty International a demandé à de nombreuses reprises la création d’un mécanisme d’enquête ouvert et indépendant, doté de pouvoirs judiciaires, qui procéderait à l’examen de la mort en détention de Zahra Kazemi dans tous ses aspects.
Amnesty International pense qu’un tel mécanisme devrait avoir le pouvoir d’assigner des témoins à comparaître, y compris des membres du bureau du procureur général de Téhéran, d’obliger à communiquer des documents, d’assurer la protection des témoins contre les actes de harcèlement ou d’intimidation et d’élaborer des mécanismes visant à empêcher que de telles violations des droits humains ne se reproduisent à l’avenir.
Bien que saluant les enquêtes individuelles décidées par le gouvernement, le parlement et d’autres organismes, l’organisation considère qu’elles n’ont pas la portée opérationnelle ni le pouvoir judiciaire nécessaires pour parvenir à des conclusions et recommandations crédibles.
Complément d’information
Le 23 juin 2003, une journaliste et photographe possédant la double nationalité canadienne et iranienne, Zahra Kazemi, cinquante-trois ans, a été arrêtée pour avoir pris des photos à l’extérieur de la prison d’Evin, dans une zone où il est interdit de filmer. Selon une commission d’enquête gouvernementale, Zahra Kazemi est décédée des suites d’un coup reçu au crâne, alors qu’elle se trouvait en garde à vue à l’hôpital de Baghiyetollah (ou Baghiyetazam) à Téhéran le 12 juillet 2003. Le rapport de cette commission préconisait que l’affaire soit examinée par un « enquêteur spécial indépendant » issu de la magistrature et que ses conclusions soient rendues publiques « rapidement ». Le 29 juillet 2003, des représentants de l’appareil judiciaire ont confirmé que cinq personnes avaient été arrêtées dans le cadre de cette affaire ; trois feraient partie des autorités judiciaires de Téhéran et deux seraient membres du ministère du Renseignement. Le 30 juillet 2003, un porte-parole du gouvernement a déclaré que Zahra Kazemi avait été assassinée. Quatre des personnes placées en détention dans un premier temps ont été remises en liberté.
Mohammad Reza Aghdam a été inculpé dans le cadre de l’affaire concernant la mort de Zahra Kazemi ; le 2 octobre 2003, il a comparu devant la Cour, plaidant non coupable, tandis que d’autres audiences étaient ajournées pour permettre aux avocats de la famille Kazemi de préparer leur dossier.
Khalil Matouk est avocat et défenseur des droits humains, il a une bonne connaissance des poursuites et inculpations à caractère politique et des procès devant des Cours de sûreté de l’État et des tribunaux pénaux. Khalil Matouk est l’un des membres fondateurs d’un groupe d’avocats syriens assurant représentation et assistance juridique aux prisonniers d’opinion de la région. Il a participé activement à de nombreux séminaires et ateliers sur le thème des droits humains, notamment en faveur de la promotion d’une culture des droits humains dans les pays arabes et de la Cour pénale internationale.




