Nuraini, a été remise en liberté. Elle était détenue au siège de la police régionale du district spécial de l’Aceh, Indonesie, depuis le 28 juin dernier. La jeune femme est néanmoins toujours tenue de se présenter chaque semaine à la police de Banda Aceh et ne peut donc pas regagner son domicile.
Rappel des faits
Le 19 juin, vers 5 heures du matin, des militaires du commandement militaire du sous-district de Delima et des policiers du polsek (poste de police) de ce même sous-district, notamment des membres de la Brigade Mobil (Brimob, brigade de police mobile), s’étaient présentés au domicile de Nuraini et de son père, Zakaria Ismail, situé dans le village de Lueng Dama (district de Pidie). Les forces de sécurité avaient fouillé leur maison, battu Nuraini et Zakaria Ismail, et bandé les yeux. Ils avaient ensuite été conduits au polsek de Delima, Nuraini à moto et Zakaria Ismail à pied. Zulkifli, l’un de leurs voisins, avait également été appréhendé.
Le commandant militaire du district de Pidie aurait accusé Zakaria Ismail d’avoir appartenu au groupe séparatiste armé Gerakan Aceh Merdeka (GAM, Mouvement pour l’Aceh libre), et Zulkifli d’être un responsable de la collecte de fonds pour ce mouvement.
Nuraini est la coordonnatrice bénévole de la Commission des disparus et des victimes de la violence (KONTRAS) en Aceh. Les membres de la KONTRAS, ainsi que ceux d’autres organisations, ont été avertis directement par le commandant militaire du district qu’ils seraient la cible d’arrestations.
L’arrestation des trois personnes mentionnées ci-dessus faisait suite à l’instauration par le gouvernement indonésien de la loi martiale, le 19 mai dernier, et à de nouvelles opérations militaires menées contre le GAM.




