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Colombie : Les droits humains encore une fois battus en brèche

Index AI : AMR 23/011/2004

dimanche 29 février 2004, par Françoise Guillitte

Il est extrêmement inquiétant de constater que le gouvernement colombien poursuit la campagne qu’il a engagée pour délégitimer l’action du mouvement de défense des droits humains en Colombie, a déclaré Amnesty International, après l’arrestation, le 18 février dernier, de deux militants de l’Asociación Campesina de Arauca (ACA, Association paysanne d’Arauca), Luz Perly Córdoba et Juan de Jesús Gutiérrez.

Mardi 24 février 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Présidente de l’ACA, Luz Perly Córdoba a été arrêtée à Bogotá. Elle est accusée de rébellion et d’association de malfaiteurs. Ces accusations reposeraient uniquement sur les déclarations d’indicateurs, et non sur les conclusions d’une enquête judiciaire sérieuse et impartiale.

Victime de menaces de mort de la part de groupes paramilitaires proches de l’armée régulière, Luz Perly Córdoba bénéficie de mesures de protection décidées par la Commission interaméricaine des droits de l’homme.

Juan de Jesús Gutiérrez est quant à lui trésorier de l’association. Il a été arrêté à Arauquita, dans le département d’Arauca, avant d’être transféré dans les locaux de la structure d’appui de la fiscalía au sein de la 18e Brigade des forces armées, à Arauca même.

Parallèlement à ces deux arrestations, les bureaux de l’ACA à Arauquita et le domicile d’une autre dirigeante de l’organisation, Nubia Vega, situé lui aussi à Arauquita, ont été fouillés par des inconnus.

Les membres de l’ACA ont été à plusieurs reprises victimes d’assignations, de violations de domicile et de menaces de la part des forces armées.

Ces interpellations coïncident avec la publication du rapport d’une ONG colombienne, qui indique que 90 p. cent des arrestations effectuées dans le cadre du conflit armée sont arbitraires. Un autre rapport, émanant celui-là du Ministère public, reconnaît que nombre des arrestations massives menées par les agents de la force publique et de la fiscalía sont entachées d’irrégularités.

Amnesty International partage ces préoccupations, constatant l’existence d’une véritable campagne visant à discréditer l’action du mouvement social, par des manœuvres judiciaires fondées sur des accusations et des soupçons émanant de forces armées elles-mêmes mises en cause par les ONG dans de multiples violations des droits humains.

« Nous sommes confrontés à une stratégie coordonnée et minutieusement planifiée, destinée à réduire au silence les militants des droits humains, afin de donner l’impression que la situation s’est améliorée, a déclaré Amnesty International. La loi qui accorde aux forces armées des pouvoirs de police judiciaire, récemment adoptée par le Congrès, menace de renforcer cette stratégie et l’arbitraire. »

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