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Amnesty soutient les actions en justice des « femmes de confort »

mardi 19 août 2003, par Françoise Guillitte

Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International apporte officiellement son soutien à la campagne menée par VAWWNET (coalition d’associations de défense des droits des femmes à Tokyo) pour que justice soit rendue et que le gouvernement japonais reconnaisse sa responsabilité pour les crimes contre l’humanité, les tortures et l’esclavage sexuel perpétrés par des militaires contres des milliers de femmes devenues « femmes de confort » pour l’Armée Impériale japonaise pendant la seconde guerre mondiale.

Tokyo, le 7 août 2003

Chères amies de VAWWNET,

Je voudrais exprimer l’appui d’Amnesty International à l’appel adressé au gouvernement japonais pour reconnaître et dédommager les femmes « de confort » victimes de torture et d’esclavage sexuel commis pendant la Deuxième Guerre mondiale par l’Armée Impériale japonaise. Ces réparations doivent inclure la restitution des biens perdus, une compensatio n financière, la réhabilitation dans la société, et l’assurance que cela ne se reproduise plus. Nous notons que depuis 1991, les anciennes femmes « de confort » du nord et du sud de la Corée, des Philippines, de Chine, Taiwan, Pays-Bas, d’Indonésie, de Malaisie et du Timor oriental, ont sans cesse envoyé leurs cas au gouvernement japonais pour demander qu’il reconnaisse les crimes commis à leur encontre. Les initiatives régulières engagées à Tokyo par douze sud-coréennes et deux taïwanaises anciennes victimes d’esclavage sexuel pendant la guerre se heurtent à un refus continuel du gouvernement japonais, ce qui exacerbe la souffrance des victimes. Des dizaines de milliers de femmes ont été enlevées et abusées en devenant « femmes de confort » dans des casernes sous contrôle militaire, installées dans différents pays occupés, lors de la seconde Guerre mondiale. Les femmes étaient systématiquement enlevées, violées pour devenir des esclaves sexuelles , sous la menace et l’intimidation. Ces nombreuses violations perpétrées contre les femmes étaient systématiques et largement répandues. Ces attaques constituent un crime assimilable à la torture. En tant qu’agressions systématiques et largement répandues contre des civils, elles constituent un crime contre l’humanité. De ce fait, il n’existe aucune limite acceptable pour ces crimes.

Pendant la dernière décénie, les anciennes « femmes de confort » ont porté leurs cas devant les cours fédérales, les cours d’appel et la Cour Suprême du Japon pour les crimes commis à leur encontre. À ce jour, ces tribunaux refusent toujours de rendre justice et le gouvernement japonais continue de refuser d’admettre sa responsabilité pour ces crimes contre l’humanité.

Amnesty International soutient les appels au gouvernement japonais pour garantir pleines réparations à toutes les « femmes de confort » victimes de violence sexuelle commises par les membres de l’Armée Impériale japonaise. L’organisation invite aussi le gouvernement japonais à s’assurer que toutes les enquêtes concernant des violences contre des femmes soient menées et examinées avec l’attention adéquate et que les coupables soient traduits en Justice.

Meilleures salutations,

Irene Khan

Secretaire générale

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