La « disparition » est une torture interminable car elle nie les deux éléments essentiels de structuration d’un être : le temps et l’espace. Le corps humain occupe toujours un espace, un espace dans le temps. Ce sont les magiciens ou les sorciers qui parlent de disparition. Nous, on nous appelait « las locas » , les folles. Nous avons survécu, nous les mères, grâce à la solidarité des femmes. Et puis d’Amnesty International. Il ne faut pas avoir honte de pleurer. Pleurer, c’est partager sa douleur avec les autres. Pleurer, oui, mais aussi lutter, toujours lutter, même vieille, même malade, même fatiguée, lutter, toujours lutter.
Lorsque je suis allée dénoncer la « disparition » de mes enfants et de mon mari, on l’a répondu : « juive de m…., comment oses-tu dénoncer ? »
Ces quelques mots de Laura Bonaparte nous ont été confiés lors d’un de ses visites au siège d’Amnesty à Bruxelles en mars 2002.





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