
- « Pendant des semaines, mes enfants n’ont pas parlé. »
Vasuki raconte ce qu’elle a vécu, prise au piège entre les parties belligérantes. « Nous vivions sous une tente, au-dessus d’un abri enterré. Pendant des semaines, mes enfants n’ont pas parlé. Ils ont été les témoins involontaires de la mort de personnes, tuées lors de bombardements, et garderont probablement toute leur vie le souvenir des cadavres gisant alentour. » En mars 2009, la situation s’était gravement détériorée. La famille de Vasuki et des milliers d’autres civils avaient mangé tout ce qu’ils avaient, même leur bétail.
« Je devais jeûner pour pouvoir nourrir mes enfants, et me contentais de boire l’eau de cuisson du riz. Les personnes âgées s’écroulaient autour de nous ou tombaient dans le coma. Ce qui nous aidait à continuer, c’était la conviction que les Nations unies interviendraient pour mettre fin à ces terribles souffrances humaines.
Les bombardements sont devenus de plus en plus fréquents. Je ne peux pas décrire l’horreur qui nous entourait ; nous devions nous frayer un passage à travers une marée de cadavres.
Il m’est difficile d’évoquer cette période… Les gens se plaignaient également des LTTE car ils recrutaient par la force de nouveaux membres au sein des familles. Ce que je sais, c’est que nous voulons vivre en paix, mais il nous est impossible d’oublier tous ceux que nous avons laissés derrière nous. Vous ne pouvez pas nous rendre ce que nous avons perdu, mais vous pouvez nous aider à obtenir justice. »
(*Le véritable nom de Vasuki n’est pas dévoilé dans un souci de protection de son identité.)
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