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Marcela del Carmen Ferrer Nemocón, être militante des droits des femmes en Colombie

lundi 11 juillet 2005, par Françoise Guillitte

Je m’appelle Marcela Ferrer, j’ai 24 ans et je suis engagée dans une organisation qui s’appelle l’Organización Femenina Popular (OFP), une organisation populaire pour les femmes. En Colombie nous vivons dans un état de guerre civile depuis quarante ans. Chaque année, il y a des milliers, parfois des dizaines de milliers de personnes tuées ou ‘disparues’.

Notre organisation a pour but de contribuer à améliorer la condition des femmes : nous demandons qu’elles aient accès à l’instruction, qu’elles puissent se nourrir et avoir un toit sur leur tête. Notre travail est extrêmement dangereux. Nous sommes, comme on dit chez nous, entre l’épée et le mur. Nous sommes menacés tant par le gouvernement que par les paramilitaires et les rebelles. Moi aussi j’ai pu faire l’expérience de ces menaces. En décembre 2000, un groupe de paramilitaires a envahi notre bureau et exigé les clés de l’immeuble. Comme nous refusions, ils nous ont déclarés ‘objectif militaire’. Ils nous harcelaient et nous envoyaient des menaces de mort. Je me suis sentie obligée de quitter la région à cause de ces menaces, pour aller travailler ailleurs pour l’OFP.

Ces menaces sont bien souvent mises à exécution. Il y a un plus de deux ans, vers sept heures du soir, ils sont rentrés dans la maison où une de mes collègues, Patricia Ramírez, vivait avec sa mère. Ils disaient qu’ils faisaient partie des Milices d’autodéfense unies de Colombie. Cette organisation a des liens avec l’armée. Ils amenèrent Patricia et sa mère devant le commandant du groupe. Heureusement mes collègues de l’Organización Femenina Popular ont été rapidement avertis. Ils ont organisé immédiatement des recherches. Ils ont averti des organisations étrangères comme Amnesty International. A ce moment là l’administration, les renseignements généraux, a bien du faire quelque chose. Apparemment les paramilitaires les ont relâchées au moment où ils ont entendu que les renseignements les recherchaient.

C’était effrayant. Mais cela peut être pire. Je vais vous citer les noms de quelques collègues. Celui de Inés, de Esperanza, de Yolanda. Le 28 janvier de cette année là, Inés qui avait le même age que moi, marchait dans la rue à Barrancabermeja. Un petit fourgon rouge s’est arrêté. Deux hommes armés ont surgi et ont forcé Inés à monter dans le fourgon. Ils ont roulé un certain temps dans la ville. Pendant ce temps l’un des hommes lui versait de l’eau bouillante sur les pieds. Ils lui ont rasé la tête. Et ils hurlaient tout le temps « Comme cela, tu sauras que tu dois quitter ton organisation ! »

En octobre de l’année dernière, une autre de mes collègues a été enlevée ; elle s’appelait Esperanza Amaris Miranda. C’était au début de la soirée. On l’a forcée à monter dans un taxi. Dans son cas aussi, il s’agissait d’hommes des Milices d’autodéfense unies de Colombie. La fille d’Esperanza qui avait alors 21 ans, s’est battue comme une lionne avec les ravisseurs. Mais elle n’était pas assez forte. Le taxi a démarré en trombe. Cinq minutes plus tard, la voiture s’est arrêtée devant une école. Esperanza a été tuée sur place. Son corps a été jeté au milieu de la rue.

Les paramilitaires qui semblent recevoir leurs ordres de l’armée, ont placé notre organisation sur leur liste noire. Ils en ont surtout après notre présidente, Yolanda. Ils l’ont souvent menacée de mort. Yolanda a demandé à la police de la protéger mais ils ne font rien. Pourtant c’est son droit de travailler pour une organisation légale. Nous ne sommes pas des partisans de la guérilla. Nous sommes simplement une organisation pour toutes les femmes de Colombie.

Extrait de « 10 décembre-10 femmes-10 histoires » Amnesty International NL - 2004.

1 Message

  • Bonjour Marcela,

    je suis tombé par hasard sur ton article car je faisais des recherches sur la ville , j’ai été tres touché par ce fait, apres avoir lu , je me suis senti concerné dans l’immédiat contre cette injustice, je ne comprends pas qu’ au 21 siecle que la femme soit prise pour cible alors qu’elle représente l’avenir d’un peuple , je ne connais la situation en colombie que par les médias cependant j’ai appris a ne pas fier a cette information qui est vulgariser de par le monde qui est souvent sous influence de gouvernement qui occulte la vérité et sert leur propre intéret. je suis français d’outre mer plus précisément La Guadeloupe je tiens a vous apporter mon soutien dans cette lutte contre cette injustice faite au femme de colombie .

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