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Je ne me considérais pas comme une victime

lundi 11 juillet 2005, par Françoise Guillitte

Témoignage de Karin, femme battue aux Pays-Bas

Nous nous sommes rencontrés il y a huit ans. Il venait d’Angleterre. J’ai vu tout de suite qu’il était différent et cela m’attirait énormément. J’étais alors très naïve et idéaliste.

C’était un homme abîmé par toutes les injustices qu’on lui avait faites, dans sa jeunesse, au cours de la guerre du Golf et en Yougoslavie. J’étais alors persuadée qu’il suffisait de s’aimer beaucoup, pour résoudre ensemble tous les problèmes. Je voulais porter sa misère sur mes épaules.

Dés le début il a eu de violents accès de colère. Il pouvait par exemple se mettre dans tous ses états au sujet de la politique, et je trouvais ça formidable. Mais il était aussi très destructif envers lui-même. Je devais jeter régulièrement les médicaments et la boisson. J’essayais de lui donner tout ce dont il avait besoin. Je voulais lui apporter le bonheur en échange de tout ce qu’on lui avait fait.

Tout bien considéré, les choses n’allaient pas bien dés le début. Je fais de la peinture par exemple, mais dés que je me mettais à peindre, il prenait la toile et la déchirait. Cela ne me dérangeait pas pour la toile. Ce que je trouvais affreux c’est que je ne pouvais rien y faire. Une victime ? Non, je ne me considérais pas ainsi. Je ne sentais pas ma propre douleur, je ne pensais qu’à le consoler.

Je m’enfuyais parfois de la maison. Ma famille a commencé à me demander s’il me battait ce que je niais. Je pensais : ce n’est rien. Et je revenais toujours, justement pour ne pas entendre ce genre de questions. Lors de l’accouchement de notre second enfant, à l’hôpital, je remarquais qu’il était totalement incapable de vivre seul. Je devais l’appeler continuellement. Je ne savais pas qu’il se droguait. Je ne prends pas de drogue donc je ne sais pas reconnaître les symptômes. Je pensais que ses colères étaient dues uniquement à sa jeunesse malheureuse. Lorsque je suis rentrée à la maison avec le bébé, l’atmosphère était devenue de plus en plus menaçante.

Un jour qu’il devait faire une petite réparation, il a perdu son marteau. Il était sur que je l’avais caché. Je me suis torturée les méninges pour savoir où il pouvait bien se trouver. Je voulais d’un coté qu’il retrouve ce marteau et de l’autre je ne le voulais pas. J’en était rendue là : j’étais à la fois de son coté et contre lui. Devais-je me mettre à crier ou devais-je me taire ? Ces colères étaient de toute façon inévitables. C’était la première fois que j’avais vraiment peur car je ne savais plus qui j’étais.

J’ai appelé un assistant social qui m’a dit : « Vous devez aller dans une maison pour femmes battues. » Je lui ai répondu que ce n’était pas pour moi, car j’étais normale. Alors il m’a demandé « Voulez-vous que vos enfants aient une mère dévisagée ? » J’ai trouvé cela très grave. Comment pourrais-je élever mes enfants si je n’avais aucun respect pour moi-même ? Il m’a donné l’adresse d’une maison pour femmes battues. Il m’a dit « Emportez ce qui est important, votre passeport et les papiers des enfants, les albums de photos. » Et c’est ainsi que je me suis cachée un certain temps avec les enfants.

J’ai beaucoup changé. Je suis de nouveau amoureuse, j’ai une relation totalement différente. J’ai tout écrit pour que je puisse raconter plus tard à mes enfants ce qui s’est passé et que leur père n’est pas un homme méchant. Je l’aimais mais les choses sont allées trop loin. J’ai appris que la chose la plus importante ce n’est pas la violence physique. Mais d’entendre continuellement que j’étais laide, que j’étais mauvaise, c’est dix fois plus douloureux. Cela m’a pris beaucoup de temps pour m’en remettre.

Extrait de « 10 décembre-10 femmes-10 histoires » Amnesty International NL - 2004.

3 Messages de forum

  • > Je ne me considérais pas comme une victime Le 16 juillet 2005 à 11:37 , par Dufloo

    Je m’appelle Cathydufloo,

    Vous avez fait preuve de maturité en acceptant l’aide de l’assistance.
    Vous êtes une victime mais vous n’êtes pas responsables des entécédents de votre maris. Vous êtes avant tout une femmes responsables et intelligentes sinon vous auriez accepté cette situation tragique. Vous êtes une battante et une mère avec ses instints de protections pour ses enfants. Ils vous ont sans doute sauvés la vie.Bravo . je pense très fort à vous . Bonne chance. Cathy Dufloo (Belgique)

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  • Je pensais qu’être aimée c’était çà !! Le 15 octobre 2006 à 02:50 , par shym

    j’ai 24 ans on c’est rencontré il y a 10 ans on s’est aimé comme des ados on s’est perdu de vus on s’est retrouvré au bout de 5 ans mais il était incarcéré pour x raisons. Je l’aimais comme au premier jour voir plus on a grandi on est si beau parloir pendant 8 mois et j’ai faibli 2 ans après il sort et demande à me revoir si j’aurais sue je sais pas si j’aurai accepter en sachant ce qu’il me reserver. Lavages de cerveau manipulation moral et physique paranoia alcool drogues descentes aux enfers... On s’est installer ensemble et début de maltraitance coups injures hopital soins intensif balafres cicatrices physique et morale j’ai vécue des passages a tabac en public sans que personne n’ose intervenir elle est belle la france... des heures durant il me gazé me mettait sous la douche froide entierement nue m’harcelé au boulot me suivait me faisait suivre par des amis me planté a coup de fourchette de couteau sans parler des barres en bois et j’en passe. De 65kg je suis passée à 48kg j’étai en pleine anoréxie en pleine nuit il me levé juste parsqu’il voulait me taper dessus ou juste parsqu’il fallai assouvir ses envies en cas de refus c’était retournement d’appartement limite iroshima je ne parlais a personne ne voyai personne jusqu’au jour ou j’ai dis STOP bien sur avant que je parte il fallait qu’il me met ma raclée et m’insulte devant une assemblée qui ne bouger pas !! Aujourd’hui je suis mal dans ma tête et dans ma peau je l’aime encore mais j’ai peur de le revoir et de me laisser reprendre au piège ! A 24 ans je veux en finir avec la vie j’ai trôp subi enfermée mutilée meurtrie je suis écorchée à l’âme j’ai des blessures ouvertes qui jamais ne cicatriseront... Déja 6 mois que je ne le vois plus mais 3ans que je ne vis plus je meurs à petits feux !!

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    • Je pensais qu’être aimée c’était çà !! Le 16 mars 2009 à 18:15 , par adeline

      Bonsoir à toi,
      J ai egalement 24 ans, ton histoire m a beaucoup touchée. Ne perds pas courage, je t en prie, tu rencontreras une autre personne qui te fera découvrir la vie. Sors avec tes amies, reste avec ta famille et avec le temps tu retrouveras le sourire.
      Courage à toi
      adeline

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