En 2000, l’action d’Amnesty International en faveur des droits des femmes s’est inscrite avec vigueur dans l’ensemble du combat mené actuellement dans ce domaine. À cet égard, le travail de pression de l’organisation en vue d’obtenir la ratification du Protocole facultatif à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes a été essentiel, ainsi que son intervention lors de l’examen des progrès accomplis depuis la Conférence mondiale sur les femmes tenue en 1995 à Beijing.
L’année 1999 s’est achevée sur l’adoption de ce nouveau protocole facultatif par l’Assemblée générale des Nations unies. Cet instrument fournira un outil efficace pour lutter contre la discrimination à l’égard des femmes. Il crée un mécanisme en vertu duquel toute femme ressortissante d’un pays ayant ratifié le protocole a le droit de saisir le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes d’une plainte faisant état d’une violation des droits énoncés dans la Convention. Aux termes du protocole, le Comité peut effectuer une enquête s’il est informé, par des renseignements crédibles, qu’un État partie porte gravement ou systématiquement atteinte à ces droits.
Au mois de juin, une délégation d’Amnesty International a assisté, aux côtés des États membres, à une session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée à l’examen de la mise en œuvre des engagements en matière de promotion de l’égalité des femmes, de la paix et du développement souscrits lors de la Conférence de Beijing. Des délégués du Moyen-Orient, dont le délégué marocain d’Amnesty International, ont réussi à monter une intervention éclair devant la porte principale du bâtiment des Nations unies, bien qu’ils aient été menacés d’arrestation. Trois jours avant la fin de la réunion, les délégués de l’organisation ont tenu une manifestation silencieuse. En l’espace de vingt-quatre heures, les militants ont produit des centaines de tee-shirts blancs portant le slogan No Going Back - Women’s Rights are Human Rights en différentes langues et les ont distribués aux déléguées des ONG. Ce message, simple mais efficace, a ainsi été mis en avant pendant les deux derniers jours de la session.
Les réactions à l’issue de la session étaient mitigées. L’universalité et l’indivisibilité des droits des femmes et des droits humains ont été réaffirmées, mais certains gouvernements ont délibérément évité de reprendre la phrase « Les droits des femmes sont des droits fondamentaux de la personne » qui figurait dans des documents antérieurs des Nations unies, dont le programme d’action de Beijing. Cependant, l’engagement de combattre les violences au foyer contre les femmes et les jeunes filles a été ajouté ; il a été explicitement fait référence au viol conjugal, aux meurtres commis pour des questions d’honneur ou au nom de la passion, ainsi qu’aux violences motivées par le racisme et la discrimination raciale.
De nombreux membres d’Amnesty International à travers le monde ont participé, en mars 2000, à la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes. Organisée par la Fédération des femmes du Québec, une organisation canadienne, cette manifestation a été soutenue par les organisations de femmes locales et internationales dans le monde entier. Aux quatre coins du globe, les participants à cette marche, militants en faveur des droits des femmes, ont voulu sensibiliser l’opinion à la pauvreté et à toutes les formes de violence à l’égard des femmes, autant d’obstacles qui empêchent les femmes d’accéder à l’égalité, au développement et à la paix ; demander aux gouvernements et aux institutions commerciales et financières internationales de prendre leurs responsabilités en impulsant les changements nécessaires pour améliorer le statut des femmes et leur qualité de vie ; enfin, forger une solidarité mondiale entre les associations de femmes œuvrant sur le terrain autour des thèmes de la pauvreté et de la violence contre les femmes.
Dans le cadre du programme d’action sur l’Arabie saoudite, les militants d’Amnesty International en faveur des droits des femmes ont fait campagne contre les violences à l’égard des femmes. Ils ont lancé des cas d’appel et des pétitions, organisé des manifestations, des réunions, des ateliers et des envois de lettres et contacté les ambassades de l’Arabie saoudite ainsi que les ministères des Affaires étrangères de leurs pays. Ils ont aussi participé à la réaction à la crise en Sierra Leone, en abordant plus particulièrement la question des viols et autres sévices sexuels infligés aux femmes, jeunes filles et fillettes. En outre, les membres se sont mobilisés sur une action relative à la traite des femmes originaires de l’ex-Union soviétique destinées à être livrées à l’industrie du sexe en Israël.




