Au cours du siècle écoulé, les droits des femmes ont progressé à la faveur de diverses évolutions. Des accords internationaux, légalement contraignants, visant à protéger et à faire progresser les droits des femmes ont été adoptés et mis en œuvre. Dans de nombreux pays, les femmes participent activement au processus politique et avancent à grands pas vers l’égalité sur le plan des études et des salaires.
Il reste cependant beaucoup à faire. Des femmes et des jeunes filles continuent à être victimes de discriminations et de violences, situation les empêchant d’accéder à l’indépendance et d’exercer certains droits fondamentaux ; elles sont particulièrement touchées par la pauvreté, la dégradation de l’environnement et la maladie, et font souvent l’objet d’attaques les visant spécifiquement lors de conflits armés ou au nom de traditions culturelles ou religieuses.
Malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées, les femmes s’efforcent de changer leur quotidien. Qu’elles agissent en défendant les droits humains ou simplement au sein de leur famille et de la société, les femmes ont souvent donné l’impulsion à des changements sociaux positifs et à des avancées sur le plan des droits humains bénéficiant à l’ensemble de la population. Dans le même temps, elles sont souvent prises pour cible précisément pour avoir défendu ces droits.
En cette année faisant suite au 60e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme et au 10e anniversaire de celle de la Déclaration des Nations unies sur la protection des défenseurs des droits de l’homme, nous marquerons la Journée internationale de la femme en faisant la part belle au rôle crucial joué par les femmes en tant qu’agents du changement sur le terrain des droits humains. Nous mettons en avant neuf cas représentatifs de différents pays et régions où des femmes ont montré l’exemple en défendant les droits humains et en apportant des changements. Nous souhaitons soutenir leurs efforts et faire circuler un message soulignant l’importance de la participation des femmes à la vie publique
En Afghanistan : cliquez ici pour en savoir plus
Au Liberia : cliquez ici pour en savoir plus
Au Népal : cliquez ici pour en savoir plus
En Irak : cliquez ici pour en savoir plus
En Haïti : cliquez ici pour en savoir plus
Au Venezuela : cliquez ici pour en savoir plus
En Afrique du Sud
En Afrique du Sud, l’ampleur de la violence sexuelle et la prévalence du VIH exposent tout particulièrement les femmes au risque d’une infection par ce virus. Parallèlement, les femmes sont touchées par la pauvreté de manière disproportionnée, et les frais de transport empêchent des femmes infectées par le VIH vivant en milieu rural de se rendre dans des centres médicaux situés loin de chez elles où elles pourraient bénéficier d’une prise en charge et de soins complets.
Les mouvements de défense des femmes et d’autres organisations de la société civile en Afrique du Sud se mobilisent depuis longtemps afin de lutter contre ces problèmes. Entre autres choses, ils militent en faveur : de l’amélioration des services de santé pour les victimes de la violence sexuelle ; du versement d’allocations destinées à aider les personnes atteintes du VIH vivant dans la pauvreté à continuer de recevoir des soins ; de la création d’un plus grand nombre de centres d’accueil et de l’amélioration des services destinés aux femmes victimes de la violence domestique.
En Iran
En Iran, les femmes font l’objet de discriminations d’une grande ampleur inscrites dans la législation. Elles ont moins de droits que les hommes en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et de succession. Le témoignage livré par une femme devant un tribunal a deux fois moins de valeur que celui d’un homme. Une fille de moins de treize ans peut être forcée à épouser un homme beaucoup plus âgé qu’elle si son père le permet.
Comme l’alphabétisation de la population féminine a augmenté au cours des trente dernières années et comme les universités comptent un grand nombre d’étudiantes, les femmes sont de plus en plus à même de lutter contre la discrimination. Les autorités, très méfiantes à l’égard de ces efforts, se sont lancées dans une entreprise d’intimidation et de répression.
Des militantes du mouvement iranien de la Campagne pour l’égalité sont régulièrement arrêtées par les autorités de l’État et voient leurs activités interdites parce qu’elles réclament la réforme des lois introduisant une discrimination contre les femmes. Des bénévoles de ce mouvement se rendent partout dans le pays pour sensibiliser la population et protester contre l’inégalité de droits. Plus de 50 militant(e)s et sympathisant(e)s de la Campagne pour l’égalité ont été arrêtés par les autorités et se sont vu interdire tout déplacement en dehors de l’Iran. Le site web de la campagne a été bloqué par les autorités à plusieurs reprises.
Agissez pour Ronak Safarzadeh, membre de la Campagne pour l’égalité.
En Grèce
En Grèce, en décembre 2008, K.K., une femme de ménage migrante originaire de Bulgarie, par ailleurs responsable syndicale et secrétaire générale du syndicat des agents de nettoyage et des employés de maison de la région de l’Attique, a été agressée. Ses assaillants ont aspergé son visage d’acide. Grièvement blessée, K.K. a été hospitalisée. Cette agression l’a laissée borgne et a également entraîné de graves lésions à certains de ses autres organes vitaux. Elle est restée dans le coma pendant plusieurs jours et se trouve toujours à l’hôpital dans un état grave.
De nombreuses entreprises publiques et privées grecques confient le nettoyage de leurs locaux à des sociétés sous-traitantes. Ce système fondé sur la concurrence incite les sociétés de nettoyage à proposer leurs services à prix cassés, ce qui se traduit par de faibles salaires pour les travailleurs. À plusieurs occasions, K.K. a critiqué certaines pratiques auxquelles ont recours les employeurs afin d’exploiter les travailleurs, comme des retards de paiement pouvant aller jusqu’à cinq mois, alors que les entreprises de nettoyage sont payées à l’avance. K.K. a reçu des menaces téléphoniques.
Selon les syndicats, il arrive souvent que les entreprises ne cotisent pas à la sécurité sociale pour leurs employés, lesquels comptent de nombreux migrants. Ceux qui réclament à leurs employeurs de respecter le droit du travail risquent leur vie. Ils sont menacés et affectés à de nouveaux postes offrant des conditions encore moins favorables.
L’agression visant K.K. a suscité de vives réactions au sein de la société civile, tant en Grèce qu’à l’étranger, en particulier parmi les groupes féministes, les organisations de défense des droits humains, les mouvements de jeunesse, les partis politiques, les intellectuels, les journalistes, les blogueurs et le grand public. Plusieurs organisations ont fait part de leur inquiétude durant la phase initiale de l’enquête car les enquêteurs se limitaient, afin de retrouver les agresseurs, à examiner la vie privée de K.K. sans prendre pleinement en compte ses activités de représentante syndicale.
Agissez vous pouvez télécharger notre modèle de lettre ICI et l’envoyer à l’ambassade de Grèce ou signer notre pétition internationale ICI




