Londres, le 23 juin 2006 Les 231 réfugiés laotiens issus de l’ethnie hmong, parmi lesquels des femmes et des enfants, auraient été dispersés dans divers centres de détention de la police de la province de Phetchabun, et peut-être d’autres provinces voisines. Ce transfert est dû aux conditions de détention régnant dans la prison du district de Khao Kho, où la nourriture manque et les cellules sont surpeuplées. Amnesty International est inquiète pour la santé de ces personnes. Les autorités sanitaires et des organisations non gouvernementales (ONG) ont été autorisées à fournir une assistance médicale à certains réfugiés, mais il semblerait que l’approvisionnement en nourriture ne soit ni systématique ni fiable pour toutes ces personnes. Elles risquent toujours d’être renvoyées très prochainement de force au Laos, où elles pourraient être victimes de graves violations de leurs droits humains, notamment d’actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements. Il y a environ deux semaines, Torphong Ampan, le gouverneur de la province de Phetchabun, aurait annoncé le renvoi des réfugiés au Laos via le poste frontière de la province de Loei. Son adjoint a confirmé ces propos en s’appuyant sur une politique du Conseil national de sécurité thaïlandais concernant l’expulsion des immigrés en situation irrégulière. Quelque 6 000 Laotiens d’ethnie hmong vivent dans le camp de réfugiés improvisé de Huay Nam Khao, où ils ont commencé à affluer en 2004 afin de demander le statut de réfugiés. La plupart affirment avoir été persécutés parce qu’il étaient soupçonnés d’entretenir des liens avec des rebelles hmong impliqués dans un conflit avec l’armée du Laos. Les autorités thaïlandaises les considèrent comme des immigrés en situation « irrégulière » et le gouvernement du Laos a émis des doutes quant à leur nationalité laotienne. La situation au camp se dégrade progressivement ; de plus en plus de réfugiés tombent malades en raison du manque de nourriture. Les premiers cris d’alarme ont été poussés en mars, lorsque la police a mis en place un poste de contrôle visant à restreindre les mouvements des réfugiés, les privant par là même de la possibilité de chercher de la nourriture ou du bois de chauffage en dehors du camp.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) : déclarez-vous préoccupé à l’idée qu’au moins 231 réfugiés laotiens d’ethnie hmong ne manquent de nourriture et qu’ils soient de plus en plus nombreux à tomber malades de ce fait ; rappelez aux autorités qu’elles sont tenues de garantir « le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu’à une amélioration constante de ses conditions d’existence » (article 11-1 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels) et de veiller à ce que « [t]oute personne privée de sa liberté [soit] traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine » (article 10-1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques) ; exhortez les autorités thaïlandaises à ne pas renvoyer ces personnes de force au Laos, où elles risqueraient d’être victimes de graves violations de leurs droits humains, notamment d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements ; rappelez aux autorités qu’elles sont tenues, en vertu du droit international, de ne pas renvoyer de personnes dans un pays où elles risqueraient d’être victimes de graves violations de leurs droits humains.
APPELS À : Premier ministre :: Thaksin Shinawatra Prime Minister Government House Pitsanulok Road, Dusit District Bangkok 10300 Thaïlande Fax : + 66 2 282 8631 Formule d’appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,
Ministre de l’Intérieur : Kongsak Wantana Minister of Interior Ministry of Interior Atsadang Road Bangkok 10200 Thaïlande Fax : + 66 2 226 4371 Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
Gouverneur de la province de Phetchabun : Torphong Ampan Governor Phetchabun Province Thaïlande Fax : + 66 5 671 3173 Formule d’appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,
Responsable de la police pour la province de Phetchabun : Cherdchai Pavaro-pas Provincial Police chief Phetchabun Province Thaïlande Formule d’appel : Dear Major-General, / Monsieur,
COPIES À : Commissaire général : Kovit Wattana Commissioner General Royal Thai Police Rama I Patumwan Bangkok 10330, Thaïlande Fax : +66 2 251 5956 Formule d’appel : Dear Commissioner General, / Monsieur le Commissaire général,
Ambassade du Royaume de Thaïlande Square du Val de la Cambre 2 1050 Bruxelles Fax : 02.648.30.66 Email : thaibxl pophost.eunet.be PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 4 AOÛT 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI. Communication au réseau Actions Urgentes d’AIBF Juin 2006
La première action urgente lancée par Amnesty date du 19 mars 1973 suite à l’arrestation d’un professeur d’économie au Brésil, Luiz Rossi. Le bureau de la sécurité et de l’ordre public à San Paolo, fut submergé par une avalanche de lettres de membres d’Amnesty. « J’ai eu l’impression que le chef du bureau de la sécurité et de l’ordre public se sentait mal à l’aise et sous pression du fait de cette soudaine attention internationale à son égard » dira sa femme en 1996. À l’origine de cette action urgente, Scott Harrison et Ellen Moore, un couple établi à San Francisco qui redistribuait les fax et télégrammes reçus de Londres. À l’époque, il s’agit du seul bureau chargé de faire écho aux actions produites par le Secrétariat International à Londres. Pour en savoir plus sur leur histoire et les tous débuts des Actions Urgentes : http://www.amnestyinternational.be/... Le bureau des actions urgentes d’Amnesty Belgique, grâce à vous, grâce à ses milliers de participants, continue ce travail crucial et important. Nous vous en remercions.




