ASA 39/004/2007
Action complémentaire sur l’AU 324/06 (ASA 39/017/2006, 29 novembre 2006) et suivantes (ASA 39/018/2006, 8 décembre 2006 ; ASA 39/002/2007, 19 janvier 2007 ; ASA 39/003/2007, 29 janvier 2007)
31 Janvier 2007
Les autorités ont commencé par traîner les femmes et les enfants hors de leur cellule, avant de les faire monter dans des bus et de les conduire à la frontière laotienne. Parmi ces personnes figuraient deux femmes enceintes de huit mois et un bébé de deux semaines. Il y avait également deux hommes que les autorités avaient fait sortir de l’hôpital afin de les expulser. L’un d’eux souffre d’une grave affection au foie, tandis que l’autre vient de subir une opération au visage, à la suite d’une blessure par balle. Comme les hommes s’étaient barricadés dans leur cellule, les autorités ont tenté de les faire sortir au moyen de gaz lacrymogène. Vingt garçons se trouvaient également à l’intérieur. La police aurait utilisé du gaz à trois reprises et tenté de scier les barreaux de la cellule, mais elle n’a pas été en mesure d’entrer. Une fois la tentative d’expulsion stoppée, les femmes, les jeunes filles et les fillettes ont été ramenées à leur cellule dans le centre de détention pour immigrés. Au bout d’un certain temps, elles ont été approvisionnées en nourriture et en eau. Les hommes et les vingt mineurs sont toujours barricadés dans leur cellule par crainte d’être renvoyés au Laos, où ils risqueraient d’être torturés. Les deux hommes récemment sortis de l’hôpital ont été menottés à un mur devant les cellules. Celui blessé par balle aurait besoin de recevoir des soins d’urgence, car du sang s’échappe de sa plaie. Amnesty International ne dispose pas d’informations complémentaires au sujet des 16 demandeurs d’asile renvoyés de force au Laos le 26 janvier. Apparemment, ils auraient été placés dans un centre de détention de Paksan à leur retour.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Environ un tiers des membres de la minorité hmong (estimée à quelque 300 000 personnes en 1970) aurait fui à l’étranger entre 1975 et 1990, la grande majorité d’entre eux s’étant installés aux États-Unis en tant que réfugiés. La plupart des Hmong sont bien intégrés dans la société laotienne, mais depuis la fin de la guerre du Viêt-Nam (1965-1975), un nombre indéterminé de membres de cette ethnie vivent dans la jungle, en groupes isolés, et se cachent des autorités laotiennes, notamment des militaires. Exposés à de grandes difficultés (en particulier aux maladies) et confrontés à une extrême pauvreté, ces groupes seraient régulièrement la cible de violents assauts de l’armée laotienne. Quelque 7000 demandeurs d’asile laotiens appartenant à la minorité hmong sont arrivés depuis 2004 dans un camp de fortune situé à Huay Nam Khao. La plupart d’entre eux disent avoir été victimes de persécutions dans leur pays en raison de leurs liens avec des rebelles hmong qui ont combattu aux côtés de l’armée américaine pendant la guerre du Viêt-Nam et les affrontements qui se sont ensuivis au Laos.
ACTION RECOMMANDÉE : Écrivez d’urgence aux autorités saoudiennes (à partir du modèle de lettre ci-dessous ou en rédigeant vous mêmes) dans les appels que vous ferez parvenir aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
déclarez-vous préoccupé par le fait que les autorités ont usé de la violence, employant notamment du gaz lacrymogène, pour tenter de renvoyer au Laos 153 réfugiés laotiens d’ethnie hmong – dont 77 enfants et neuf nourrissons – qui se trouvaient au centre de détention pour immigrés de Nong Khai ;
exhortez les autorités à cesser immédiatement et définitivement de tenter d’expulser ce groupe de réfugiés reconnus ;
appelez-les à garantir la sécurité de ces réfugiés, notamment en les approvisionnant comme il se doit en nourriture et en eau et en leur permettant immédiatement de bénéficier de soins médicaux et d’être en contact avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et d’autres organismes humanitaires indépendants ;
priez-les de ne pas entraver les initiatives visant à organiser la réinstallation rapide des membres de ce groupe dans un pays tiers ;
rappelez-leur qu’elles sont tenues, en vertu du droit international, de ne pas renvoyer de personnes dans un pays où elles risqueraient d’être soumises à la torture, à d’autres formes de mauvais traitements ou à d’autres graves violations de leurs droits humains ;
demandez-leur d’autoriser le HCR à rendre librement visite aux demandeurs d’asile hmong de nationalité laotienne, afin qu’il puisse examiner leur cas de façon appropriée ;
priez-les de faire en sorte que tous les demandeurs d’asile en Thaïlande bénéficient d’une procédure de détermination du statut de réfugié équitable et satisfaisante.
APPELS À :
Responsable de l’organe chargé des zones frontalières et des réfugiés : Secretary-General - Prakit Prachonpachanuk - National Security Council - Government House, Phitsanulok Road - Dusit, Bangkok, 10300 - Thaïlande - Fax : +66 2282 5131 -
Premier Ministre : General Surayud Chulanont - Office of the Prime Minister - Government House, Phitsanulok Road - Dusit, Bangkok, 10300 - Thaïlande - Fax : +66 2282 5131 - Courriers électroniques : opm opm.go.th
Ministre des Affaires étrangères : Nitya Pibulsonggram - Ministry of Foreign Affairs - Wang Saranrom, Bangkok 10200 - Thaïlande - Fax : +66 2 643 5320 - Courriers électroniques : minister mfa.go.th
Copies à :
Ambassade du Royaume de Thaïlande Square du Val de la Cambre 2 - 1050 Bruxelles - Fax : 02.648.30.66 - Email : thaibxl pophost.eunet.be




