Alakor Lual Deng a eu quatre enfants avec un homme originaire du Kordofan qu’elle n’a pas « formellement » épousé, à ce qu’il semble. En 2003, elle a été reconnue coupable d’adultère avec un autre Dinka du nom de Bol Yak Akoon, dont elle est tombée enceinte. D’après les informations recueillies, Bol Yak Akoon a été remis en liberté après s’être acquitté d’une amende de 20 000 dinars soudanais (soit une soixantaine d’euros) et avoir reçu 100 coups de fouet, ce qui correspond à la peine prévue par le Code pénal soudanais pour les hommes célibataires reconnus coupables de relations sexuelles illicites. De toute évidence, la condamnation d’Alakor Lual Deng se fonde sur des déclarations dans lesquelles elle a « avoué » être coupable d’adultère. Elle n’a pas été assistée par un avocat ni bénéficié, manifestement, des services d’un interprète parlant le dinka lors de son procès, qui s’est déroulé en arabe. Alakor Lual Deng est originaire de la ville de Gogrial dans le sud du Soudan ; elle aurait déménagé dans le Kordofan occidental lorsqu’elle était enfant. Aujourd’hui, elle se trouve dans la prison d’el Obeid, située dans l’État du Kordofan septentrional, et attend l’exécution de sa peine avec son bébé, qui serait âgé de dix mois.
INFORMATIONS GÉNÉRALES :
La flagellation, l’amputation et l’exécution par pendaison ou lapidation sont au nombre des peines prévues par le Code pénal soudanais, qui se fonde en partie sur la charia (loi islamique). Amnesty International ne prend aucunement position vis-à-vis de la charia, ni d’une quelconque autre forme de droit religieux. Toutefois, elle estime que ces peines sont des châtiments cruels, inhumains et dégradants, incompatibles avec les obligations qui incombent au Soudan en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Amnesty International est opposée en toutes circonstances à la peine de mort. Alakor Lual Deng et Bol Yak Akoon ont été condamnés en vertu de l’article 146 du Code pénal, qui dispose que toute personne reconnue coupable de zina est passible d’une peine d’exécution par lapidation si elle est mariée ou, dans le cas contraire, d’une peine de 100 coups de fouet. Aux termes du Code pénal, le zina s’entend de toute relation sexuelle en dehors du mariage.
ACTION RECOMMANDÉE :
dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite
possible aux destinataires mentionnés ci-après (en arabe, en anglais ou dans
votre propre langue) :
exhortez les autorités soudanaises à annuler sans délai la peine prononcée
contre Alakor Lual Deng, condamnée à- expliquez qu’à vos yeux, une telle
peine constitue une forme de torture ou de traitement cruel, inhumain et
dégradant, et est par conséquent contraire à certains traités internationaux
relatifs aux droits humains auxquels le Soudan est partie, tels que le Pacte
international sur les droits civils et politiques (PIDCP) ;
dites-vous opposé à la peine capitale, qui constitue une violation du
droit à la vie ;
appelez les autorités à modifier la législation soudanaise de façon à la
mettre en conformité avec les instruments internationaux auxquels le Soudan
est partie et qui prohibent les châtiments cruels.
APPELS À :
Premier vice-président - Mr Ali Osman Mohamed Taha- First Vice-President- People’s Palace- PO Box 281- Khartoum, Soudan- Fax : +249 11 771025
Ministre des Affaires étrangères - Mr Mustafa Osman Ismail- Minister of Foreign Affairs- Ministry of Foreign Affairs- PO Box 873- Khartoum, Soudan- Fax : +249 11 779383
Ministre de la Justice et procureur général - Mr Ali Mohamed Osman Yassin- Minister of Justice and Attorney General- Ministry of Justice- Khartoum, Soudan- Fax : +249 11 770883
COPIES À :
Conseil consultatif sur les droits humains - Dr Yasir Sid Ahmed- Advisory Council for Human Rights- PO Box 302- Khartoum, Soudan- Fax : +249 11 779173 / 770883
Ambassade de la République du Soudan- Avenue Franklin D Roosevelt 124- 1050 Bruxelles- fax : 02/648.34.99





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