
Tamara Chikunova, directrice du groupe de défense des droits humains Mères contre la peine de mort et la torture, et Dilobar Khudoberganova, membre de ce groupe, ont réuni des informations sur des violations des normes d’équité des procès dans des affaires où la peine de mort peut être prononcée. Il s’agit notamment d’actes de torture infligés pendant la détention provisoire à des suspects et parfois même à leurs proches afin de leur arracher des « aveux ». Les autorités ouzbèkes tentent souvent d’intimider les militants et leurs familles.
Les autorités ont également à plusieurs reprises mis les Mères contre la peine de mort et la torture dans l’incapacité d’œuvrer en faveur des droits humains. Ainsi, en décembre 2003, ce groupe de défense des droits humains était le moteur de l’organisation d’une conférence internationale qui devait se dérouler à Tachkent et dont l’objectif était de lancer un débat public sur la peine de mort et d’amorcer un dialogue avec les autorités. Les autorités ont empêché la conférence d’avoir lieu quelques heures seulement avant son commencement.
Des hommes, qui se sont eux-mêmes présentés comme étant « des représentants du Service de la sécurité nationale », ont appelé Tamara Chikunova et Dilobar Khudoberganova, qui avaient pris la parole devant la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, lors d’une rencontre à Tachkent, en mai 2003, et les ont menacées de mort. Elles ont été averties, en autres, que leur groupe figurait sur une « liste noire » et que les services de sécurité attendait l’ordre d’« éliminer » cette association.
En 2003, des policiers armés sont venus jusqu’à trois fois par semaine au domicile de Tamara Chikunova pour « vérifier ses papiers ». Elle a été accusée à un moment par des policiers de tenir une maison close et, en août 2003, un haut responsable de la police régionale de Khamzinsky s’est présenté à son appartement et lui a annoncé qu’elle était soupçonnée de sympathie avec des extrémistes islamistes.
Tamara Chikunova et Dilobar Khudoberganova ont participé à une campagne contre la peine de mort organisée par plusieurs sections d’Amnesty International entre septembre et décembre 2004, ce qui a, semble-t-il, déclenché de nouveaux actes de harcèlement.
À six heures du matin, le 29 septembre 2004, un enquêteur du parquet du district de Mirobad, à Tachkent, s’est présenté chez la mère de Tamara Chikunova. Il a dit à cette femme de soixante-dix-huit ans, grabataire, qu’il était porteur d’un mandat d’arrêt pour sa fille parce qu’elle était impliquée dans des manifestations ayant conduit à des troubles dans la vallée de Ferghana et à Tachkent. Il y a de très fortes raisons de penser que les autorités ont ciblé la mère de Tamara Chikunova pour faire pression sur cette dernière, qui participait à ce moment-là à une tournée aux Pays-Bas parrainée par Amnesty international.
Le 21 décembre 2004, le père de Dilobar Khudoberganova, Erkin Khudoberganov, a reçu un appel téléphonique d’un homme qui s’est présenté comme étant « un représentant du Service de la sécurité nationale ». Il a dit que Dilobar Khudoberganova « parlait trop » et l’a averti qu’il devrait « penser aux conséquences que ses activités pourraient avoir pour sa famille ». Cet homme a condamné plus précisément les interviews que Dilobar Khudoberganova avait données à la BBC et à Radio Liberty, ajoutant que le Service de la sécurité nationale les avait enregistrées de même que ses interventions au sujet des droits humains lors d’une tournée parrainée par Amnesty International.
Malgré les menaces et les actes de harcèlement réguliers de la part des autorités qui voudraient paralyser les Mères contre la peine de mort et la torture, Tamara Chikunova et Dilobar Khudoberganova ainsi que d’autres membres de cette association n’ont pas perdu leur détermination et poursuivent leur travail de campagne et de pression.
Passez à l’action !
Veuillez envoyer des appels le plus vite possible aux autorités ouzbèkes, en ouzbek, en russe, en anglais ou dans votre propre langue :
* dites-vous préoccupé par le fait que Tamara Chikunova et Dilobar Khudoberganova ainsi que leurs proches ont subi à plusieurs reprises des mesures d’intimidation de la part des autorités ;
* demandez instamment aux autorités d’enquêter sur les manœuvres de harcèlement dirigées contre Tamara Chikunova, Dilobar Khudoberganova et leurs proches ;
* rappelez aux autorités leur obligation de respecter les principes inscrits dans la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998 et communément appelée Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme ;
* demandez instamment aux autorités d’élaborer un plan national d’action pour mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, ce qui constituerait un important premier pas en avant en vue de garantir que les défenseurs des droits humains peuvent effectuer leur travail légitime en toute sécurité. Le plan d’action devrait comprendre des mesures visant spécifiquement à lever les obstacles particuliers que rencontrent les militantes des droits humains.
Veuillez envoyer vos appels à :
Président de l’Ouzbékistan : Islam A. KARIMOV- Rezidentsia prezidenta- ul. Uzbekistanskaia, 43- Tashkent 700163, OUZBÉKISTAN- Fax : +998 71 139 55 25- Courriel : president_office press-service.uz
Ministre des Affaires étrangères : Eler Ganiev- Ministerstvo inostrannykh del- pl. Mustakillik, 5- Tashkent 700029, OUZBÉKISTAN— Fax : +998 71 139 15 17




