AMR 41/028/2007
AU 167/07
Maria Luisa García Andrade (f), 28 ans, militante des droits humains Marisela Ortíz Rivera (f), militante des droits humains Ainsi que les membres de Nuestras Hijas de Regreso a Casa (Puissent nos filles rentrer à la maison) Et ceux de l’Asociación Nacional de Abogados Democráticos (ANAD, Association nationale des avocats démocrates)
Maria Luisa García Andrade et Marisela Ortíz Rivera sont membres de Nuestras Hijas de Regreso a Casa (Puissent nos filles rentrer à la maison). Depuis le 10 juin, ces deux femmes et plusieurs avocats de l’Asociación Nacional de Abogados Democráticos (ANAD, Association nationale des avocats démocrates) reçoivent des courriers électroniques comportant des insultes, des menaces de mort et des avertissements les sommant de mettre un terme à leurs activités de défense des droits humains. Le 22 juin, Marisela Ortíz a reçu le message suivant sur son téléphone portable : « Profite de la vie tant que tu peux. » Le 10 juin, une avocate de l’ANAD a reçu ce SMS : « Tu vas être éliminée. »
Depuis octobre 2006, des personnes seraient entrées trois fois par effraction dans les locaux de Nuestras Hijas de Regreso Casa à Ciudad Juárez. Les voitures de plusieurs membres de cette organisation et d’avocats de l’ANAD ont également été forcées à trois reprises. Des documents et du matériel confidentiel auraient été volés dans plusieurs cas.
Le dernier événement de ce type remonte au 20 juin, date à laquelle la voiture de Maria Luisa García a été ouverte par effraction. Des documents relatifs au meurtre de sa sœur Lilia Alejandra García Andrade, commis en 2001 (voir le document intitulé Mexique. Des assassinats intolérables, index AI : AMR 41/027/2003), y ont été volés. Lorsqu’elle a signalé ce vol à la Procuraduría General de Justicia del Estado (PGJE, bureau du procureur général de l’État du Chihuahua), l’un des fonctionnaires de ce service lui aurait répondu :« J’ai vu que vous vous étiez encore plaints à notre sujet ; pourquoi ne laissez-vous pas les choses telles qu’elles sont ? Soit tu seras morte demain, soit ce sera moi ! ». Il faisait, semble-t-il, référence aux autres plaintes déposées par Nuestras Hijas de Regreso a Casa pour dénoncer le manque de détermination de la PGJE à enquêter sur des faits signalés précédemment.
Marisela Ortíz a déjà été la cible de graves manœuvres d’intimidation en raison de ses activités. Le 24 octobre 2003, des hommes armés ont arrêté sa voiture. Ils ont pointé un pistolet contre sa tête et dans sa bouche, en lui disant : « Maintenant, tu vas savoir ce qui arrive aux femmes tuées à Juárez. » Ils ont également menacé ses filles, qui se trouvaient à bord du véhicule. Ils les ont ensuite laissées partir, mais les ont suivies sur la route. Jusqu’à présent, les recherches menées par les autorités pour trouver les auteurs de ces actes n’ont pas avancé.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis 1993, plus de 400 femmes et jeunes filles ont été tuées dans les villes de Ciudad Juárez et de Chihuahua. Dans environ un tiers de ces cas, les victimes avaient subi une forme de violence sexuelle. Malgré les inquiétudes exprimées au niveau national et international concernant le caractère systématique de la violence contre les femmes et l’impunité dont jouissent ses auteurs, ces meurtres continuent d’être commis.
En 2003, Amnesty International a publié un rapport (Mexique. Des assassinats intolérables, index AI : AMR 41/027/2003) soulignant la pratique bien établie que constituent les violences contre les femmes dans ces deux villes et le manque de détermination systématique des autorités à empêcher ces crimes et à les punir de manière efficace.
Le nouveau gouvernement de l’État de Chihuahua a adopté des mesures en vue d’améliorer les enquêtes menées sur ces faits, mais de nombreux criminels présumés n’ont pas é té traduits en justice, et les responsables présumés de l’immobilisme qui entoure constamment ces investigations n’ont pas encore été amenés à rendre compte de leurs actes.
Les membres d’organisations telles que Nuestras Hijas de Regreso a Casa et l’ANAD sont au premier plan de la campagne menée pour que la vérité et la justice soient rétablies en faveur des femmes enlevées et assassinées à Ciudad Juárez. Ils ont porté un certain nombre de cas devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme. Les organisations de défense des droits humains travaillant sur cette question ont été accusées à plusieurs reprises de nuire à l’image de Ciudad Juárez, et certaines ont été la cible de graves manœuvres de harcèlement.
ACTION RECOMMANDÉE : Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
dites-vous préoccupé par les manœuvres d’intimidation et de harcèlement qui ont visé récemment des défenseurs des droits humains, en particulier Maria Luisa García et Marisela Ortíz, membres de Nuestras Hijas de Regreso a Casa, et les avocats de l’Asociación Nacional de Abogados Democráticos (ANAD), qui travaillent sur des cas de femmes enlevées et assassinées à Ciudad Juárez ;
priez les autorités d’accorder à ces personnes la protection qu’elles jugent nécessaire ;
demandez instamment l’ouverture d’une enquête impartiale et approfondie sur les menaces envoyées par courrier électronique et SMS à des membres de Nuestras Hijas de Regreso a Casa et de l’ANAD ces dernières semaines, et insistez pour que les responsables présumés de ces actes soient traduits en justice ;
exhortez les autorités à enquêter avec sérieux sur les vols avec effraction de documents confidentiels appartenant à des membres de Nuestras Hijas de Regreso a Casa et de l’ANAD ;
rappelez aux autorités qu’en vertu de la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, les défenseurs des droits humains sont en droit de mener librement leurs activités sans crainte de représailles.
APPELS À :
Ministre de l’Intérieur : Lic. Francisco Javier Ramírez Acuña, Secretario de Gobernación, Secretaría de Gobernación, Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc, México D.F., C.P.06600, Mexique - Fax : +52 55 5093 3414,
Gouverneur de l’État de Chihuahua : Lic. José Reyes Baeza Terrazas, Gobernador del Estado de Chihuahua, Palacio de Gobierno, piso 1, C. Aldama #901, Col. Centro, Chihuahua, Estado de Chihuahua, C.P. 31000, Mexique - Fax : +52 614 4293300, poste 11066 - Courriers électroniques : oacosta chihuahua.gob.mx (secrétaire du gouverneur)
Procureure générale de l’État de Chihuahua : Patricia González Rodríguez, Procuradora del Estado de Chihuahua, Procuraduría General de Justicia del Estado - Vicente Guerrero 616, Col. Centro, Chihuahua 31000, Estado de Chihuahua, Mexique - Fax : +52 614 415 0314 - Courriers électroniques : pagonzale buzon.chihuahua.mx
COPIES À :
Président de la Commission nationale des droits humains (CNDH) : Dr. José Luis Soberanes Fernández, Presidente de la Comisión Nacional de Derechos Humanos, Periférico Sur 3469, 5º piso, Col. San Jerónimo Lídice, México D.F. 10200, Mexique -
Nuestras Hijas de Regreso a Casa : Courriers électroniques : nuestrashijas gmail.com
Ambassade des Etats Unis Mexicains, Avenue F.D. Roosevelt 94, 1050 Bruxelles - Fax : 02.644.08.19 - Fax : 02.646.87.68 - Email : embamexbelgica-ue skynet.be
Les Actions Urgentes par SMS, faites de votre téléphone portable une arme de libération massive : envoyez le code AU au 3313 (1 € le SMS).




