Azam Ghareh Shiran a été condamnée à mort en avril 2002 pour complicité dans le meurtre de son mari, qui l’obligeait, semble-t-il, à se prostituer. Elle pourrait être exécutée à tout moment, peut-être dans les jours qui viennent. Le responsable du pouvoir judiciaire a le pouvoir d’ordonner un sursis.
Selon les informations recueillies, Azam Ghareh Shiran a été contrainte à épouser un cousin de son père lorsqu’elle avait quinze ans. Elle affirme que cet homme était violent, qu’il se droguait et que, sans emploi, il la forçait à se prostituer afin de subvenir aux besoins de la famille. Azam Ghareh Shiran craignait en outre que son époux n’oblige aussi leur fille aînée, âgée de neuf ans, à vendre son corps. Elle s’est enfuie avec ses trois enfants vers 1996, après avoir rencontré un autre homme, Abbas A., qui lui a acheté une maison. Azam Ghareh Shiran a tenté par deux fois d’obtenir le divorce, mais en vain.
Un an après son départ, son mari l’a retrouvée et a menacé de la dénoncer pour adultère et de la faire condamner à la lapidation à mort. Azam Ghareh Shiran et Abbas A. l’ont invité à dîner, dans l’espoir, manifestement, de l’apaiser en lui proposant de l’argent. La jeune femme a jeté des somnifères dans la soupe, afin d’endormir son mari et ses enfants. Une fois l’époux assoupi, Abbas A. l’aurait étranglé. Ils se seraient ensuite débarrassés de son corps dans un canal.
Azam Ghareh Shiran a été arrêtée en 1998 : les autorités ont commencé à la soupçonner, elle et Abbas A., lorsqu’ils se sont fait passer pour frère et sœur et ont tenté d’obtenir un divorce, au motif que le mari d’Azam Ghareh Shiran l’avait abandonnée. Face à des « pressions », Azam Ghareh Shiran a « avoué » avoir coopéré avec Abbas A. dans le meurtre de son époux. Selon certaines sources, elle pensait que ses déclarations épargneraient à Abbas A. des charges plus graves et qu’elles lui permettraient d’échapper à la peine capitale. Elle est depuis revenue sur ses déclarations.
Azam Ghareh Shiran est restée détenue deux ans à la prison d’Evin en attendant d’être jugée. Elle n’a pas été autorisée à consulter un avocat avant l’ouverture de son procès et, comme elle n’avait pas les moyens d’en engager un elle-même, le tribunal lui a attribué un avocat commis d’office. En avril 2002, Azam Ghareh Shiran a été condamnée à une peine de qisas-e nafs (réparation proportionnelle au tort subi) pour « complicité de meurtre » (en persan, « mosharekat dar ghatli »). Comme on n’a jamais retrouvé le corps, la cause du décès n’a pas pu être établie ; en tout état de cause, aucun élément du dossier ne l’attribuait aux somnifères. Les avocats d’Azam Ghareh Shiran ont avancé que la jeune femme aurait dû être inculpée d’« assistance à meurtrier » (mo-aven dar ghatl), une infraction passible d’une peine maximale de quinze années d’emprisonnement.
La peine prononcée contre Azam Ghareh Shiran a été soumise à l’approbation de la Cour suprême, comme c’est le cas en Iran pour chaque condamnation à mort. La Cour a constaté des irrégularités dans la procédure suivie par le tribunal de première instance et a renvoyé l’affaire devant une juridiction inférieure, qui a de nouveau prononcé la peine capitale le 21 juillet 2004. Le 8 novembre 2004, cette décision a été confirmée par la Cour suprême. Les avocats d’Azam Ghareh Shiran ont demandé un nouveau procès et ont obtenu que l’exécution soit suspendue, mais leur requête a manifestement été rejetée et le dossier confié à l’organisme qui procède aux exécutions, l’Unité d’application des peines.
Abbas A. a lui aussi été condamné à mort. Sa peine a été confirmée par la Cour suprême. Aux termes du Code pénal iranien, lorsqu’un prisonnier est condamné à une peine de qisas-e nafs, il revient à la famille de la victime de décider si la peine capitale doit être appliquée. Elle peut renoncer à son droit de qisas et opter pour le paiement de la diya (prix du sang), ou simplement pardonner au coupable. Les proches du mari d’Azam Ghareh Shiran auraient choisi le paiement de la Diya dans le cas d’Abbas A., mais ils auraient refusé de renoncer à leur droit de qisas en ce qui concerne Azam Ghareh Shiran, demandant qu’elle soit exécutée.
Azam Ghareh Shiran est mère de trois enfants, dont le plus jeune n’avait que quelques mois au moment de son arrestation. Elle est en prison depuis sept ans, et ses enfants ont été confiés à la garde de l’État. Sa fille aînée est aujourd’hui mariée ; il y a deux ans, elle a pris ses frères et sœurs en charge. ACTION RECOMMANDÉE : Adressez de toute urgence la lettre ci-dessous aux autorités iraniennes
APPELS A :
Guide spirituel de la République islamique d’Iran :
His Excellency Ayatollah Sayed Ali Khamenei-
The Office of the Supreme Leader-
Shoahada Street-
Qom-
République islamique d’Iran -
Fax :+98 251 7 774 2228 (précisez :« For the attention of the office of his Excellency, Ayatollah al Udhma Khamenei »)
courriers électroniques : info leader.ir ; istftaa wilayah.org
Responsable du pouvoir judiciaire :
His Excellency Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi-
Ministry of justice, Park-e Shahr-
Téhéran- République islamique d’Iran-
courriers électroniques : irjpr iranjudiciary.org
COPIES A :
Président de la République
His Excellency Mahmoud Ahmadinejad-
The Presidency,Palestine Avenue, Azerbajian Intersection-
Tehéran-République islamique d’Iran-
Fax :+98 21 6 649 5880-
courriers électroniques : dr-ahmadinejad president.ir
et à l’ambassade de la Répubkique islamique d’Iran dans votre pays ; en Belgique : AV. DE TERVUEREN, 415 1150 Bruxelles - FAX 00 32(0)2.762.39.15 - email : iran-embassy yahoo.com






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