AU 110/07
14 mai 2007
Haleh Esfandiari est la directrice du programme du Moyen-Orient au Woodrow Wilson International Center for Scholars à Washington, la capitale des États-Unis. Elle est également connue pour ses positions en faveur d’un dialogue entre les gouvernements américain et iranien, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980.
L’universitaire s’était rendue en Iran en décembre pour rendre visite à sa mère, une femme âgée. Le 30 décembre, alors qu’elle était en route pour l’aéroport pour retourner aux États-Unis, des hommes masqués et armés ont arrêté son taxi et saisi ses passeports, ainsi que ses effets personnels. Depuis lors, ses multiples demandes en vue d’obtenir un nouveau passeport sont restées sans réponse, et elle a été convoquée plusieurs fois et soumise à de longs interrogatoire, plus de cinquante heures au total. Haleh Esfandiari n’a pas encore été autorisée à recevoir la visite de membres de sa famille, bien qu’elle ait la permission de téléphoner à sa mère.
Le Woodrow Wilson Center a déclaré qu’au cours des interrogatoires précédant son arrestation, qui ont pris fin le 14 février, la quasi-totalité des questions concernaient les activités du programme du Moyen-Orient au Woodrow Wilson Center et que pendant ces séances, Haleh Esfandiari a subi de multiples « pressions visant à la pousser à faire de faux aveux, ou à déclarer que le Wilson Center était impliqué dans des activités auxquelles il n’est en réalité nullement mêlé » (voir http://www.wilsoncenter.orgindex.cfm fuseaction=news.item&news_id=236704).
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis quelques mois, les autorités iraniennes exercent des pressions redoublées sur les journalistes, les universitaires et d’autres personnes qui, selon elles, entretiennent des liens avec des pays étrangers.
Le journaliste Ali Farabakhsh a ainsi été condamné pour espionnage et pour avoir « perçu des sommes venant d’étrangers », et purge actuellement une peine de trois ans d’emprisonnement. Il avait été arrêté le 27 novembre 2006, à son retour d’une conférence sur le gouvernement et les médias organisée à Bangkok, la capitale de la Thaïlande, par des organisations non gouvernementales (ONG) locales (voir l’AU 40/07, 16 février 2007, MDE 13/018/2007).
Ramin Jahanbegloo, universitaire irano-canadien, a quant à lui passé quatre mois à la section 209 de la prison d’Evin en 2006. Lors d’une interview accordée après sa libération, en août, il a déclaré avoir, dans le cadre de ses activités universitaires, « agi contre la sécurité nationale, mais j’ai précisé que je ne savais pas que mes actes étaient de nature à porter atteinte à la sécurité nationale. »
Parnaz Azima, journaliste iranienne de Radio Farda, une station en langue persane opérée conjointement par Radio Free Europe/Radio Liberty et Voice of America, s’est vu confisquer son passeport en janvier 2007. Elle n’a pas pu quitter l’Iran depuis lors.
Les détenus de la section 209 de la prison d’Evin sont souvent soumis à de longues périodes d’isolement cellulaire, que les Iraniens qualifient de « torture blanche ». Selon le témoignage de personnes qui en ont été victimes, il s’agit d’une expérience bien pire que la violence physique.
ACTION RECOMMANDÉE :
dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en persan, en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
appelez les autorités à libérer Haleh Esfandiari immédiatement et sans condition, étant donné qu’elle est détenue uniquement en raison d’activités qu’elle mène pacifiquement, notamment en sa qualité d’universitaire ;
priez-les de veiller à ce que cette femme soit autorisée sans condition à être en contact avec sa famille et l’avocat de son choix, pendant tout le temps qu’elle restera détenue ;
efforcez-vous d’obtenir des informations précises au sujet du motif de son arrestation, notamment des charges retenues contre elle, le cas échéant ;
exhortez les autorités à prendre les mesures nécessaires pour qu’elle ne soit ni torturée, ni maltraitée, et à l’autoriser sans délai à recevoir tous les soins médicaux dont elle pourrait avoir besoin ;
rappelez-leur que l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel l’Iran est partie, prévoit le droit de toute personne de ne pas être forcée de témoigner contre elle-même ou de s’avouer coupable.
APPELS À :
Guide spirituel de la République islamique d’Iran : His Excellency Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei, The Office of the Supreme Leader, Shoahada Street, Qom, République islamique d’Iran - Courriers électroniques : info leader.ir /istiftaa wilayah.org - Fax : +98 251 7774 2228 (précisez : « FAO the Office of His Excellency, Ayatollah al Udhma Khamenei »)
Responsable du pouvoir judiciaire : Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi, Ministry of Justice, Ministry of Justice Building, Panzdah-Khordad Square, Téhéran, République islamique d’Iran - Fax : +98 21 3390 4986 (Merci de vous montrer persévérant) - Courriers électroniques : info dadgostary-tehran.ir (dans le champ réservé à l’objet, veuillez écrire : « FAO Ayatollah Shahroudi »)
Ministre du Renseignement : Gholam Hossein Mohseni Ejeie, Ministry of Intelligence, Second Negarestan Street, Pasdaran Avenue, Téhéran, République islamique d’Iran
COPIES À :
Président : His Excellency Mahmoud Ahmadinejad, The Presidency, Palestine Avenue, Azerbaijan Intersection, Téhéran, République islamique d’Iran - Courriers électroniques : dr-ahmadinejad president.ir - via son site Internet : www.president.ir/email
Porte-parole du Majlis-e Shoura-e Islami (Assemblée consultative islamique) : His Excellency Gholamali Haddad Adel, Majles-e Shoura-ye Eslami, Baharestan Square, Téhéran, République islamique d’Iran - Fax : +98 21 3355 6408 - Courriers électroniques : hadadadel majlis.ir
Ambassade de la République islamique d’Iran Avenue Franklin Roosevelt 15, 1050 Bruxelles Fax : 02.762.39.15 Email : secretariat iranembassy.be
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. MERCI.





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