Eusebio Macario, l’un des membres fondateurs du CERJ, a été tué le 27 septembre vers 19 heures près de sa maison, située dans le village de Chulumal, Chichicastenago (département d’El Quiché). Il aurait été abattu de huit balles par des inconnus tandis qu’il marchait près de son domicile. Le 1er octobre, Amílcar Méndez a reçu un appel anonyme sur son téléphone portable et a été menacé en ces termes : " On a déjà rendu justice avec Eusebio, va te plaindre au procureur, ce fils de pute, et aux Yankees, ces fils de putes ".
Il est à craindre qu’Eusebio Macario n’ait été assassiné en représailles à l’action menée par le CERJ en faveur des victimes de la guerre civile qui a ravagé le Guatémala au début des années 1980. L’armée guatémaltèque et ses alliés civils, les Patrulleros de Autodefensa Civil (PAC, Patrouilles d’autodéfense civile), avaient alors exécuté ou fait « disparaître » plusieurs dizaines de milliers d’habitants des campagnes et d’indigènes qui n’étaient pas engagés dans le conflit. Le CERJ cherche à obtenir réparation pour ces victimes.
Selon certaines informations, lors d’une réunion de campagne tenue environ deux semaines avant sa mort, Eusebio Macario s’était publiquement disputé avec un candidat au poste de maire de la localité qui représentait le parti au pouvoir, le Frente Republicano Guatemalteco (FRG, Front républicain guatémaltèque). Deux jours après, il aurait été suivi par une voiture dépourvue de plaques d’immatriculation. Le 21 septembre, Eusebio Macario et d’autres membres du CERJ avaient organisé une réunion d’information sur le droit à réparation dont jouissent les victimes du conflit. Cinq jours plus tard, trois inconnus auraient demandé à un certain nombre de villageois qui les avait mobilisés au sujet des réparations et d’autres questions touchant aux droits humains.
Amnesty International craint qu’Amílcar Méndez, Angélica Macario et Tomás Guarcas ne soient particulièrement exposés à de nouveaux actes de représailles du fait qu’il s’agit de trois figures de proue du CERJ.
INFORMATIONS GÉNÉRALES :
Les membres du Consejo de Comunidades Étnicas « Runujel Junam » (CERJ, Conseil des communautés ethniques « Nous sommes tous égaux ») sont depuis longtemps en butte à des violations de leurs droits fondamentaux. L’organisation pense que ces récents agissements sont le fait d’anciens membres des Patrulleros de Autodefensa Civil (PAC, Patrouilles d’autodéfense civile). Pendant le conflit armé, ces groupes paramilitaires opéraient aux côtés de l’armée et se sont rendus coupables d’atteintes flagrantes aux droits humains. Ils ont été déclarés illégaux en vertu des accords de paix qui ont mis fin au conflit, lesquels prévoyaient également leur démantèlement. Or, d’anciens chefs de patrouille continuent d’exercer leur autorité dans de nombreuses localités ; par ailleurs, certaines atteintes perpétrées après la guerre ont été attribuées à des patrouilles ayant repris leurs activités.
ACTION RECOMMANDÉE :
Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
dites-vous profondément préoccupé par l’homicide dont a été victime
Eusebio Macario, un coordonnateur du Consejo de Comunidades Étnicas "Runujel
Junam« (CERJ, Conseil des communautés ethniques »Nous sommes tous égaux"),
et par les menaces de mort qui auraient été proférées contre Amílcar Méndez,
le fondateur de cette organisation ;
faites part de votre grande inquiétude quant à la sécurité d’Amílcar
Méndez, d’Angélica Macario et de Tomás Guarcas, ainsi que celle des autres
membres du CERJ ;
appelez les autorités guatémaltèques à prendre des mesures adéquates en
vue d’assurer la sécurité de ces personnes, conformément à leurs souhaits ;
exhortez les pouvoirs publics à ouvrir sans délai une enquête indépendante
et exhaustive sur l’homicide dont Eusebio Macario a été victime, à rendre
publiques les conclusions de ces investigations et à traduire en justice les
responsables présumés ;
rappelez aux autorités que la Déclaration des Nations unies sur le droit
et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de
promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales
universellement reconnus proclame la légitimité des activités des défenseurs
des droits humains et leur droit de mener ces activités sans restriction ni
craintes de représailles ;
demandez au gouvernement de mettre en œuvre les accords de paix et de
s’acquitter pleinement de ses obligations en apportant réparation et
assistance aux personnes victimes de violations des droits humains pendant
la guerre civile, comme le prévoient les accords.
ENVOYEZ VOS APPELS À :
Président de la République :
Lic. Alfonso Portillo Cabrera Presidente de la República de Guatemala 6a Avenida « A » 4-41, Zona 1 Ciudad de Guatemala, Guatémala. Fax : +502 238 3579
Formule d’appel : Excelentísimo Señor Presidente, / Monsieur le Président de la République,
Ministre de l’Intérieur :
Lic. Adolfo Reyes Calderón Ministro de Gobernación 6a Avenida 4-64, Zona 4 Ciudad de Guatemala, Guatémala. Fax : +502 362 0239
Formule d’appel : Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,
Directeur général de la Policía Nacional Civil (PNC, police nationale civile) :
Director General de la Policía Nacional Civil 6a Avenida 13-71, Zona 1 Ciudad de Guatemala, Guatémala. Fax : +502 251 9382
Formule d’appel : Señor Director General, / Monsieur le Directeur Général,
Procureure spéciale chargée des défenseurs des droits humains :
Licenciada Telma de Lam Fiscal Especial en activistas de derechos humanos 7ta Avenida 11-20 Zona 1 Segundo Nivel Unidad de Fiscalía Especial Nro. 2 Ciudad de Guatemala, Guatémala. Tel./fax : +502 230 5296 / 230 5306
Formule d’appel : Estimada Señora, / Madame,
ENVOYEZ VOS COPIES À :
Procureur des droits humains :
Lic. Sergio Morales Procurador de Derechos Humanos Procuraduría de los Derechos Humanos 12 Avenida 12-72, Zona 1 Ciudad de Guatemala 01001, Guatémala. Fax : +502 230 0874 / 76 / 77 / 78 / 238 1734 (Si un correspondant décroche, veuillez dire : « fax, por favor »)
Formule d’appel : Señor Procurador, / Monsieur le Procureur,
Organisation de défense des droits des populations indigènes :
Consejo de Comunidades Étnicas « Runujel Junam » (CERJ) 10 Avda. 10-44, zona 1 Ciudad de Guatemala, Guatémala. Fax : +502 755 1672
Journal :
Diario Prensa Libre 13 Calle 9-31, Zona 1 Ciudad de Guatemala 01001, Guatémala. Fax : +502 251 8768 / 230 2193 / 230 2257
Ambassade Guatemala, av Vinston Churchill 185, 1180 Bruxelles. Fax : 02 344 04 99
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.





1 Message