Accueil du site > Agir > Nos campagnes > Violences contre les femmes > Actions (ARCHIVES) > Grèce : Soutenir les droits des femmes et des jeunes filles victimes de la (...)

Grèce : Soutenir les droits des femmes et des jeunes filles victimes de la traite et contraintes à la prostitution !

mercredi 13 juin 2007, par Françoise Guillitte

« Si je reste ici dans l’abri pendant quatre ou cinq ou six ans, ou il reste dans la prison, ensuite il ne viendra pas et coupera ma gorge ? Je sais qu’il était fol à cause de la manière qu’il me battait - ’non professionnellement’, n’évitant pas ’ l’endommagement des marchandises. » Interview avec Alesksa, Athènes, Janvier 2007

Depuis le début des années 1990, la Grèce est devenu un lieu de transit et un pays de destination pour les personnes victimes de la traite. Depuis lors, le nombre des femmes et de jeunes filles victimes de la traite et contraintes à la prostitution a augmenté progressivement. Les femmes proviennent principalement de l’Europe de l’Est et de l’Afrique. Elles rêvent une vie meilleure. Elles savent rarement qu’elles seront forcées à travailler dans l’industrie du sexe.

Beaucoup de femmes victimes de la traite ne sont pas traitées comme telles et font face à la détention et à l’expulsion, accusées, par exemple, de prostitution non autorisée ou délits d’immigration (on charges of unlicensed prostitution or immigration offences). Seulement quelques-unes réussissent à surmonter les obstacles et à finalement être reconnue comme « victime de la traite » par les autorités. Même alors, la protection et l’assistance disponibles ont un prix : elles doivent « coopérer avec les autorités » en portant témoignage contre leurs trafiquants soupçonnés, indépendamment du risque de représailles. En pratique, la protection qui est leur offerte est souvent inadéquate.

La traite des femmes et des jeunes filles et la prostitution forcée représentent une violation des droits humains et un crime dans la loi internationale et grecque. La Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains souligne l’importance des mesures que les états devraient prendre non seulement pour appeler en justice les auteurs de ce crime mais aussi pour protéger et assister les victimes. Cependant, elle n’est pas encore en vigueur parce qu’elle n’a pas encore été ratifiée par le nombre nécessaire d’états. La Grèce a signé la Convention mais elle ne l’a pas encore ratifiée. Également, elle a signé le Protocole des Nations Unies pour prévenir, supprimer et punir le trafic des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants mais elle ne l’a pas encore ratifiée, complétant la convention des Nations Unies contre le crime organisé transnational (le « protocole de Palerme »).

Aujourd’hui, Amnesty International publie un rapport sur la traite des femmes et des jeunes filles en Grèce (« Grèce : Soutenir les droits des femmes et des jeunes filles victimes de la traite et contraintes à la prostitution »). En contemporain, elle lance une campagne adressée aux autorités grecques visant à attirer leur attention sur la problématique et à faire pression, via l’envoi de lettres et les actions de lobbying du Secrétariat National, pour qu’ils donnent une réponse immédiate et adéquate. L ‘action durera jusqu’à juin 2008.

Amnesty International appelle les autorités compétentes grecques à identifier le plus grand nombre de femmes et de jeunes filles victimes de la traite. En particulier, l’organisation demande au Ministère de l’Ordre public et au Chef de Police de développer des critères objectifs pour l’identification des victimes de la traite. Elle demande également aux autorités grecques d’augmenter les ressources destinées aux lignes téléphoniques d’aide et de garantir qu’elles soient multilingues et fonctionnant 24 heures sur 24. Amnesty International recommande également au gouvernement grec de modifier la législation courante pour garantir à toutes les victimes de la traite la protection et l’assistance nécessaires ainsi que de ratifier la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre le trafic des êtres humains.

Dans le long terme, Amnesty International demande que tous les policiers reçoivent une formation spécifique sur les critères objectifs à suivre pour l’identification des femmes et des jeunes filles victimes de la traite. L’organisation demande également que la législation, et spécifiquement la Loi sur l’immigration 3386/2005, soit modifiée afin de mettre un terme à la conditionnalité de l’assistance et de la protection du témoin. Amnesty International demande que la période de réflexion soit prolongée afin de permettre aux femmes victimes de la traite d’avoir le temps nécessaire pour bénéficier de l’assistance et de se remettre de cette épreuve ainsi que pour prendre une décision informée et pour coopérer avec les autorités dans les poursuites judiciaires.

Vous pouvez trouver un modèle de lettre en annexe à cet article. Voici les adresses auxquelles vous pouvez envoyer vos lettres :

Ministry of Justice, Messogeion, 96, 115 27 ATHENS

Minister of Public order, 4 P. Kanellopoulou, 10177 ATHENS

Panagiotis Panouris, President of the Inter-Ministerial Committee on Trafficking in Persons, qui est aussi Secrétaire général du Ministère de la Justice, Ministère Justice, Messogeion 96, 11527 ATHENS

Vous pouvez aussi lire le rapport complet en français à l’adresse suivante :

http://web.amnesty.org/library/Index/FRAEUR250022007?open&of=FRA-GRC.

Lire le communiqué de presse

Documents joints

Sans votre aide, nous ne pouvons rien. Faites un don. Maintenant!

1 Message

Répondre à cet article

Focus

e-Boutique

A l'agenda

Grèce : Soutenir les droits des femmes et des jeunes filles victimes de la traite et contraintes à la prostitution !

« mai 2012 »
L M M J V S D
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3
 

Pays par pays