Eliza Gaitamirova, mère de quatre enfants, réside dans le village de Gekhi, situé dans la région d’Urus-Martan en Tchétchénie. Le 1er décembre 2003, elle a reçu une convocation du poste de police du district d’Urus-Martan (ROVD). Il semble que la jeune femme se soit rendue au ROVD le lendemain, mais elle n’est pas rentrée chez elle le soir. Le 3 décembre, le responsable de la police judiciaire du ROVD a prévenu la mère d’Eliza Gaitamirova que cette dernière avait été arrêtée ; il ne lui a toutefois fourni aucune explication concernant cette interpellation. Eliza Gaitamirova aurait été libérée à la mi-décembre ; cependant, tandis qu’elle rentrait à Gekhi, des hommes en tenue de camouflage - des soldats russes, semble-t-il - lui auraient barré la route et l’auraient emmenée. On est sans nouvelles d’elle depuis lors. Son époux aurait également « disparu », en 2001. Milana Kodzoeva, veuve, vit à Kotar Yurt, dans la région d’Achkhoy-Martan (Tchétchénie). Les 5 et 9 janvier derniers, un membre des forces fédérales russes, dont Amnesty International connaît l’identité, l’a interrogée sur des allégations selon lesquelles elle souhaitait commettre un attentat-suicide et avait pour projet de se rendre dans un camp d’entraînement de combattants tchétchènes. Milana Kodzoeva a démenti ces informations, et l’homme est parti. Le 19 janvier, plusieurs hommes en tenue de camouflage se sont présentés au domicile de cette femme et l’ont emmenée de force. Milana Kodzoeva est mère de deux enfants, dont un nourrisson d’à peine deux mois qui n’est pas encore sevré et qu’elle n’a pas été autorisée à prendre avec elle. Nul ne l’a revue depuis ce jour. D’après les informations recueillies, son mari est mort au combat dans de récents affrontements avec les forces russes.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Selon plusieurs organisations indépendantes de défense des droits humains qui recueillent des informations dans la Fédération de Russie, pendant le conflit, des milliers de civils tchétchènes ont « disparu » après avoir été appréhendés par les forces russes. Les corps de certaines de ces personnes ont été découverts ultérieurement dans des charniers ou des fosses communes. Nombre d’entre elles avaient manifestement été victimes de torture, notamment de viol, ou de mort violente.
ACTION RECOMMANDÉE :
appelez les autorités russes à révéler sans délai le lieu où se trouvent
Eliza Gaitamirova et Milana Kodzoeva et à les libérer sur-le-champ, à moins
qu’elles ne soient inculpées d’une infraction dûment reconnue par la loi ;
demandez instamment qu’une information judiciaire soit immédiatement
ouverte sur ces deux « disparitions » et que les responsables présumés
soient déférés à la justice ;
exhortez les autorités russes à révéler sans délai l’identité de toutes
les personnes maintenues dans les divers centres de détention de
Tchétchénie, le lieu où elles se trouvent ainsi que les charges retenues
contre elles.
APPELS À :
Procureur général de la Fédération de Russie : Vladimir Ustinov- General Procuracy of the Russian Federation- ul. B. Dimitrovka, d15a- 103793 Moskva K/31- Fédération de Russie- Fax : +7 095 292 88 48
Ministre intérimaire de l’Intérieur : Rashid Nurgaliev- Ministry of Internal Affairs- Ul. Zhitnaia 16- 117049 Moscow- Fédération de Russie- Fax : +7 095 237 49 25
Procureur de la Tchétchénie : Vladimir KRAVCHENKO- Procuracy of the Chechen Republic- Ul. Garazhnaia 9b- g. Grozny 364000- Fédération de Russie- Fax : +7 8712 222000, +7 095 777 9226, +7 095 777 92 06 (Si un correspondant vous répond, dites : « Fax, please. »)
COPIES À :
Présidente du Comité présidentiel des droits humains de la Fédération de Russie - Ella Pamfilova- Presidential Human Rights Commission- Ipatevski Per. 4/10- 103132 Moskva- Fédération de Russie- Fax : +7 095 206 4855
Ambassade Russie- Av. De Fré 66- 1180 Bruxelles- Fax 02/374 26 13-





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