Le 14 juillet 2002, tôt dans la matinée, des membres du Service de renseignements de la sûreté de l’État ont interpellé Sayida Muhammad Gad al Rab à son domicile, dans le quartier d’Ain Shams (Le Caire). Cette étudiante en droit, mariée à un détenu politique, est actuellement détenue au secret dans un lieu inconnu, et Amnesty International craint qu’elle ne soit torturée ou soumise à d’autres formes de mauvais traitements. Sayida Muhammad Gad al Rab a déjà été maintenue en détention par le Service de renseignements de la sûreté de l’État par le passé. En 1992, elle a été interpellée en même temps que d’autres femmes également accusées de mener des activités politiques illégales. Elle a été maintenue en détention pendant un mois dans les locaux du siège du Service de renseignements de la sûreté de l’État, place Lazoghli, au Caire, et aurait été torturée au cours de cette période. Elle a ensuite été transférée dans une prison et relâchée au bout de deux mois. Cela fait près de dix ans que Muhammad Ghuneim, son mari, est maintenu en détention sans avoir été jugé ni même inculpé, en application de la législation d’exception. Les autorités le soupçonnent d’appartenir à un groupe islamiste armé.
INFORMATIONS GÉNÉRALES En Égypte, il est fréquent que des détenus politiques soient torturés dans les locaux du Service de renseignements de la sûreté de l’État, dans les postes de police et, parfois, en prison. Des violations des droits humains sont également commises contre des proches de prisonniers politiques, qui sont notamment détenus sans inculpation et torturés, au seul motif de leurs liens de parenté. Ce mois-ci, Aziza Abbas Muhammad, femme d’un détenu politique, a été arrêtée dans le même quartier du Caire. Elle est détenue au secret et serait entre les mains de membres du Service de renseignements de la sûreté de l’État (voir l’AU 214/02, MDE 12/024/02 du 16 juillet 2002). Les méthodes de torture les plus fréquemment signalées sont les décharges électriques, les coups, la suspension par les poignets ou les chevilles, les brûlures de cigarettes, ainsi que diverses formes de violences psychologiques, notamment des menaces de mort et de viol ou d’autres atteintes sexuelles, visant personnellement les détenus ou leurs parentes. Des centaines de plaintes pour torture ont été déposées par des avocats et des groupes locaux de défense des droits humains auprès du ministère public mais, à la connaissance d’Amnesty International, ces initiatives n’ont pas été suivies de l’ouverture d’enquêtes impartiales. En mai 1999, le Comité des Nations unies contre la torture a recommandé à cet État « de prendre des mesures efficaces pour prévenir la torture de personnes détenues par la police et les services de renseignements de la Sûreté d’État ».
ACTION RECOMMANDÉE : envoyez le plus vite possible la lettre ci-dessous au Président de la République Mohammad Hosni Mubarak, ainsi qu’une copie à l’Ambassade de la République Arabe d’Egypte, Avenue de l’Uruguay 19, 1000 Bruxelles - fax : 02/675 58 88 - email : embassy.egypt skynet.be
His Excellency Mohzmmad Hosni Mubarak
President of the Arab Republic of Egypt
Abedine Palace,
Cairo - EGYPT
e.mail : webmaster presidency.gov.eg
Your Excellency,
As a member of Amnesty International, a worldwide movement of people who campaign for human rights, I would like to voice my indignation regarding the violence exercised by the State Security Intelligence (SSI) on Mrs Sayida Muhammad Gad al-Rab, the wife of a political detainee.
Mrs Sayida Muhammad Gad al-Rab was arrested on July 14, 2002, at her home in the Ain Shams district of Cairo. She is being held incommunicado at an unknown location. Amnesty International fears that she is at risk of torture and ill-treatment.
Mrs Sayida Muhammad Gad al-Rab is the wife of a political detainee and was arrested by the ISS for the second time on these grounds only.
I am requesting that Mrs Sayida Muhammad Gad al-Rab be humanely treated and given regular access to her lawyer and relatives. I am further requesting that the authorities confirm her whereabouts immediately. I urge you and the responsible authorities to charge her with a recognizable criminal offence or immediately release her. I would like to remind the egyptian government of the absolute prohibition of torture in customary international law and of their commitment to the Universal Declaration of Human Right, in particular Article 5 : « No one shall be subjected to torture or to cruel, inhuman or degrading treatment or punishment »
Thank you for the attention you are paying to the detention and torture of family members of politial detainees in Egypt and please honour my letter with a reply.
Yours respectfully,





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