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CÔTE D’IVOIRE : Crainte pour la sécurité des réfugiés

AFR 31/008/2004

dimanche 4 juillet 2004, par Françoise Guillitte

Amnesty International est gravement préoccupée par la sécurité des personnes nommées ci-dessus et d’une trentaine d’autres réfugiés, depuis qu’ils ont été attaqués par des membres des forces de sécurité ivoiriennes. Parmi eux figurent 12 femmes - dont une enceinte - et 11 enfants. Depuis la fermeture des centres de transit du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Abidjan, la capitale, ils sont sans abri et sont menacés d’agressions.

Les fréquents contrôles de police ont obligé les réfugiés à se déplacer constamment. Ils ne peuvent que compter sur la générosité de certains membres de la population locale pour subvenir à leurs besoins en eau et en nourriture et vivent dans des conditions épouvantables ; cette situation s’est aggravée depuis que la saison des pluies a commencé. Plusieurs réfugiés, notamment des enfants, ont contracté la malaria et n’ont pas reçu de soins médicaux.

Selon les informations recueillies, ces réfugiés ont fréquemment été harcelés par certains membres de la population locale et des forces de sécurité. Le 9 juin, à 2 heures du matin, ils ont été attaqués par cinq représentants armés des forces de l’ordre en uniforme dans des immeubles en construction à Attoban, un quartier d’Abidjan, où ils avaient trouvé refuge. Les cinq individus ont tiré des coups de feu en l’air et ordonné aux réfugiés de sortir de leurs abris et de s’étendre sur le sol. Ils ont alors battu certains d’entre eux à coups de ceinture et leur ont enjoint de quitter les lieux sur-le-champ, disant d’une voix forte : « En Côte d’Ivoire, il n’y a pas de réfugiés, il n’y a que des rebelles ». Avant de partir, ils ont dépouillé les réfugiés de tous leurs biens et les ont prévenus qu’ils reviendraient voir s’ils avaient bien évacué les lieux.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Ces actes s’inscrivent dans un contexte de xénophobie encouragée par des intervenants politiques et par certains médias. Les personnes de nationalité ivoirienne ou étrangère qui portent un nom musulman sont systématiquement accusées de soutenir les individus armés à l’origine de la tentative de coup d’État de septembre 2002. Celle-ci avait conduit à la partition de facto du pays. Jusqu’alors, plusieurs dizaines de milliers de réfugiés (originaires du Libéria, pour la plupart) vivaient paisiblement en Côte d’Ivoire, et ce depuis des années. Mais après les événements de septembre 2002, des réfugiés, notamment à Abidjan, ont été insultés, agressés et accusés de soutenir les instigateurs de la tentative de coup d’État. D’autres ont été contraints à rejoindre les forces gouvernementales ou les groupes armés d’opposition qui ont émergé dans l’ouest du pays (Veuillez consulter le document intitulé : Côte d’Ivoire. Nul endroit où fuir. Les réfugiés libériens en Côte d’Ivoire, AFR 31/012/2003, juin 2003).

ACTION RECOMMANDÉE : écrivez
- au Président de la République : Monsieur Laurent Gbagbo - Président de la République - Présidence de la République - BP 1354, Abidjan 01 - Côte d’Ivoire - Fax : +225 20 21 14 25

- Ministre de la Sécurité : Monsieur Martin Bléou - Ministre de la Sécurité - Bloc ministériel - Blvd Angoulvand - BP V121, Abidjan - Côte d’Ivoire - Fax : +225 20 32 12 24

- Ministre des Droits de l’homme : Madame Victorine Wodié - Ministre des Droits de l’homme - BP 2020, Abidjan 01 - Côte d’Ivoire - Fax : +225 20 32 00 48

* dites-vous gravement préoccupé par l’attaque récemment perpétrée par les forces de sécurité contre Alphonso Faroy, Higgins Bernard Jr, Mensah Ainankra, Hortense Lotika et une trentaine d’autres réfugiés, notamment des femmes et des enfants, le 9 juin 2004 à Abidjan ;

* appelez les autorités à s’engager publiquement à prendre des mesures immédiates pour garantir la sécurité des réfugiés en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), conformément aux obligations qui incombent à la Côte d’Ivoire aux termes de la Convention relative au statut des réfugiés, adoptée par les Nations unies en 1951, et de la Convention de 1969 de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique ;

* demandez instamment que l’on procure à ces réfugiés de la nourriture, de l’eau et un toit, ainsi que des soins médicaux pour ceux qui en ont besoin ;

* exhortez les autorités à sommer les forces de sécurité de respecter les droits humains et de protéger les réfugiés ;

* rappelez aux autorités qu’en tant que partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Côte d’Ivoire est tenue de respecter le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de toute personne, y compris les réfugiés ;

* rappelez-leur également qu’en tant que partie à la Convention relative aux droits de l’enfant, la Côte d’Ivoire se doit de respecter, de protéger et de satisfaire le droit à la santé et le droit au logement de tout enfant se trouvant sur son territoire, y compris en tant que réfugié, et ce au titre du droit à un niveau de vie suffisant.

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4 Messages de forum

  • > CÔTE D’IVOIRE : Crainte pour la sécurité des réfugiés Le 6 juillet 2004 à 20:47 , par Stéfan De Vreese

    J’apporte mon soutien plein et entier à cette action !

    Répondre à ce message

  • > CÔTE D’IVOIRE : Crainte pour la sécurité des réfugiés Le 1er août 2004 à 02:04 , par TANOH EMMANUELLE

    J’ai toujours voulu comprendre la raison de la prise de pouvoir de Laurent GBAGBO, cet Monsieur a gesticulé toute sa vie pour faire comprendre qu’il avait une opinion autre que ce que nous vivions en CI Malheusement, sous son règne et sous le règne de KONAN BEDIE la CI aura vécu les pires moments de son histoire. C’est triste pour en arriver là Sachant que ces personnes ont pillés tous les biens de l’etat sans qque le peuple lève le petit doigt les voilà qui ,maintenant torturent des pauvres innocents étrangers justement à tout ce chaos qui ne cherchent qu’un endroit pour reposer leur pauvres os fatigués de la guerre de la famine du froid de la chaleur et qui aspirent à un petit peu de paix sur cette terre. Houphouët se retourne dans sa tombe . Lui qui voulait faire de la CI la plaque tournant de toute l’Afrique Occidentale, un havre de paix comme il aimmait à le dire : la paix ce n’est pas un mot c’est un comportement : FHB

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  • > CÔTE D’IVOIRE : Crainte pour la sécurité des réfugiés Le 20 novembre 2004 à 23:11 , par brigitte

    crainte pour la sécurité des réfugiés et des natifs de ce pays que j’ai appris à aimer y ayant habité, je me souviens d’un pays chaleureux ouvert et sachant tout à fait vivre en bonne intelligence quelquesoit le pays d’origine et la religion, la cote d’ivoire ne mérite pas un tel chaos ! je ne pense pas que les luttes de pouvoir interessent tant que ça les ivoiriens je suis de tout coeur avec eux !

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  • écoutez , moi je suis ivoirienne et je trouv eque la côte d’ivoire a vraiment besoin de se réveiller . Qd on voit comment certains pays occidentaux traitent les immigrés etc... qui n’ont pas de papiers , je trouve que c’est vraiment un ABUS et je pèse mes mots de critiquer un pays qui accueillait les étrangers plus que bien. Alors si j’ai un message à faire passer maintenant c’est de dire à AMNESTY INTERNATIONAL de se préoccuper de la situation des sdf en france et des réfugiés politiques... C’est facile de voire la poutre dans l’oeil de son voisin qd on se regarde pas soi mm.

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