Le 27 août 2003, le vendeur de pain José Armando Garzón Rueda était chez lui avec ses proches, dans le quartier La Esperanza de Barrancabermeja, lorsque deux membres des Autodefensas Unidas de Colombia (AUC, Milices d’autodéfense unies de Colombie), un groupe paramilitaire opérant avec le soutien de l’armée, auraient frappé à sa porte et l’auraient contraint à sortir. L’un des deux hommes aurait menacé d’une arme la femme de José Armando Garzón Rueda, Julia Sierra. Les deux paramilitaires ont ensuite poussé José Armando Garzón Rueda dans un taxi et ont démarré. José Armando Garzón Rueda s’occupe d’une association sportive de quartier.
Les militants associatifs et les travailleurs sociaux ont souvent été accusés par les groupes paramilitaires soutenus par l’armée d’être des collaborateurs de la guérilla. Dans un grand nombre de cas, ces accusations ont été suivies de graves atteintes aux droits humains. Julia Sierra est membre de l’Organización Femenina Popular (OFP, Organisation populaire de femmes), une organisation de défense des droits des femmes qui a été prise pour cible de façon systématique par des groupes paramilitaires opérant avec le soutien de l’armée dans la région.
Le 25 août, des paramilitaires soutenus par l’armée auraient enlevé Alvaro Enrique Vergara Muñoz. Le 24 août, María Yaneth Mosquera Guerra aurait été kidnappée par des membres des AUC sur son lieu de travail, dans le quartier Nuevas Minas de Paraíso. Le même jour, les AUC auraient également enlevé Erasmo Pedraza Alvárez chez lui, dans le quartier Provivienda. Le 22 août, c’est José Cicero López qui, selon les informations recueillies, a été emmené de force par les AUC alors qu’il se trouvait à son domicile du quartier La Paz. Depuis le 21 août, on est sans nouvelles de Muccyney Jair España, un commerçant. Le 18 août, Jhon Jairo et un autre homme, connu sous le nom de « Cocho », ont semble-t-il été kidnappés chez eux, dans le quartier El Chico, par des hommes armés qui auraient déclaré appartenir aux AUC. On ignore tout du sort de ces personnes. Trois autres habitants de Barrancabermeja pourraient avoir « disparu » au mois d’août. Selon les informations recueillies, Frenyi Daniel Jiménez, qui est professeur de danse et de musique, a lui aussi été pris pour cible par des paramilitaires agissant avec le soutien de l’armée. Le 24 août, quatre membres des AUC l’auraient emmené de force de son domicile, situé dans le quartier Primero de Mayo, pour le conduire dans le quartier Miraflores. Là, il a été interrogé et accusé d’entretenir des liens avec la guérilla, en raison de ses activités artistiques dans des associations et des syndicats de la ville. Il a été relâché par la suite, mais Amnesty International reste vivement préoccupée par la sécurité des défenseurs des droits humains, des syndicalistes et des militants associatifs de Barrancabermeja.
Selon des sources locales, la liste noire établie par des paramilitaires et sur laquelle figurent les noms de jeunes d’El Chico et de Provivienda a commencé à circuler dans ces quartiers du nord-est de Barrancabermeja au mois d’août. On ne dispose d’aucune information sur les personnes visées, qui sont accusées de collaborer avec la guérilla. Toutefois, les forces de sécurité et leurs alliés paramilitaires ont souvent accusé de subversion des habitants de Barrancabermeja. Depuis quelques années, des groupes paramilitaires opèrent librement dans la ville, pourtant soumise à une importante présence de l’armée, et ont commis de graves exactions contre les personnes qu’elles accusent de soutenir les mouvements de guérilla.
ACTION RECOMMANDÉE :
Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite
possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre
propre langue) :
faites part de votre préoccupation quant à la sécurité des quelque huit
personnes qui ont « disparu » ces dernières semaines après avoir,
semble-t-il, été enlevées par des groupes paramilitaires opérant avec le
soutien de l’armée ;
dites-vous inquiet pour la sécurité de Frenyi Daniel Jiménez et Julia
Sierra, qui auraient été menacés par des groupes paramilitaires soutenus par
l’armée, et exprimez également votre préoccupation quant au fait qu’une
liste noire émise par des paramilitaires circulerait dans Barrancabermeja ;
exhortez les autorités colombiennes à faire tout leur possible pour
retrouver les personnes qui ont « disparu » et à mener immédiatement une
enquête impartiale sur les menaces dont Frenyi Daniel Jiménez et Julia
Sierra ont été la cible, à en rendre publics les résultats et à déférer les
responsables présumés de ces agissements devant la justice ;
engagez les autorités à prendre les mesures jugées appropriées par les
personnes en danger pour garantir la sécurité des habitants des quartiers El
Chico et Provivienda de Barrancamermeja, où circule une liste noire établie
par des groupes paramilitaires sur laquelle figurent 15 noms de personnes
résidant dans cette partie de la ville ;
demandez-leur instamment d’adopter les mesures jugées appropriées par les
personnes concernées pour protéger les militantes de l’Organización Femenina
Popular (OFP, Organisation populaire de femmes), les syndicalistes et les
travailleurs sociaux, afin que ces personnes puissent mener à bien leurs
activités légitimes de défense des droits humains sans crainte de
représailles ;
déclarez-vous préoccupé par le fait que les groupes paramilitaires
soutenus par l’armée restent présents en force à Barrancabermeja, bien que
l’armée déploie d’importants effectifs dans cette ville ;
demandez instamment que soit ouverte une enquête approfondie et impartiale
sur les liens existant entre les forces de sécurité et les groupes
paramilitaires qui opèrent à Barrancabermeja, que les résultats en soient
rendus publics et que les personnes soupçonnées de soutenir ces groupes ou
d’en faire partie soient déférées à la justice ;
demandez que des mesures efficaces soient prises immédiatement pour
combattre et démanteler ces groupes paramilitaires, conformément aux
nombreuses recommandations des Nations unies et aux engagements pris de
manière répétée par le gouvernement colombien.
ADRESSEZ VOS APPELS À :
Président de la République : Sr. Presidente Álvaro Uribe Vélez Presidente de la República de Colombia Palacio de Nariño, Carrera 8 No 7-26 Santafé de Bogotá, Colombie. Fax : +57 1 342 0592 / 337 58 90. Formule d’appel : Excelentísimo Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président de la République,
Gouverneur du département de Santander : Sr. Jorge Eliecer Gómez Villamizar Gobernador del Departamento de Santander Gobernación de Santander, Calle 37, No 10-30 Bucaramanga, Santander, Colombie. Fax : + 57 76 842 843. Formule d’appel : Sr. Gobernador Gómez Villamizar, / Monsieur le Gouverneur,
Fiscal General de la Nación [qui chapeaute le système judiciaire] : Dr. Luis Camilo Osorio, Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación, Diagonal 22B 52-01 , Santafé de Bogotá, Colombie. Fax : + 57 1 570 2022 / 2017 (si quelqu’un vous répond, demandez : " Me da tono de fax por favor, por Dr Osorio "). Formule d’appel : Estimado Dr.Osorio, / Monsieur,
ENVOYEZ VOS COPIES À : Organización Femenina Popular (OFP, Organisation populaire de femmes) : Organización Femenina Popular, Cra 22 No 52B - 36, Barrancabermeja, Santander, Colombie
Ambassade Colombie Ave F.D. Roosevelt 96A, 1050 Bruxelles. fax : 02/646.54.91.
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