Gloria Amparo SUÁREZ (f) ainsi que les autres membres de l’Organización Femenina Popular (OFP, Organisation populaire de femmes) Londres, le 22 juin 2006 Gloria Amparo Suárez, membre de l’Organización Femenina Popular (OFP, Organisation populaire de femmes), une organisation non gouvernementale (ONG) de défense des droits humains, aurait été menacée par des groupes paramilitaires opérant avec le soutien de l’armée à Barrancabermeja, dans le département de Santander. Amnesty International est gravement préoccupée par la sécurité de cette femme. Le 12 juin 2006, vers 15 heures, un inconnu aurait abordé le mari de Gloria Amparo Suárez et lui aurait déclaré : « Dites à votre femme qu’elle a un mois pour quitter Barrancabermeja, sinon on se débarrassera d’elle. Pas un mot, pas de dénonciation et pas de scandale, sinon c’est vous qui êtes mort. » Gloria Amparo Suárez appartient à l’OFP depuis quinze ans. Elle fait partie des responsables de l’organisation. Ces dernières années, l’OFP a été menacée à de multiples reprises par des groupes paramilitaires opérant dans la région avec le soutien de l’armée colombienne, en raison de ses activités en faveur des droits humains. Depuis le 5 juin 2006, une lettre de menaces de mort circulerait à Barrancabermeja (communément appelée « Barranca »). Elle dit : « La révolution ne devrait exister que dans les livres d’histoire, pas dans nos rues. Du 1er au 15 juin, opération de nettoyage des informateurs révolutionnaires : (mouvements, associations, corporations, syndicats, organisations) alors préparez deux boîtes, une pour la langue et l’autre pour vous. Mort à ces fils de putes d’informateurs de Barranca, enfoirés de guérilleros. Les groupes de nettoyage social organisé pour une Barranca débarrassée des guérilleros. »
D’autres menaces de mort avaient précédemment été adressées à plusieurs organisations de défense des droits humains, dont l’OFP, dans un message électronique signé d’un groupe se faisant appeler « Colombia Libre de Comunistas » (la Colombie sans les communistes). « Colombia Libre » est une expression fréquemment employée par les Autodefensas Unidas de Colombia (AUC, Milices d’autodéfense unies de Colombie), groupement d’organisations paramilitaires, sur leur site Internet.
INFORMATIONS GÉNÉRALES Officiellement, les groupes paramilitaires bénéficiant de l’appui de l’armée colombienne suivent un processus de démobilisation soutenu par le gouvernement, qui est censé se terminer cette année. Or, Amnesty International reçoit toujours des informations faisant état de violations des droits humains commises par des groupes paramilitaires qui opèrent avec les forces de sécurité. Il semblerait que de nombreuses organisations paramilitaires n’aient pas entamé le processus de démobilisation, et qu’elles continuent de mener leurs activités sous de nouveaux noms. Les forces de sécurité et leurs alliés paramilitaires ont pour habitude d’assimiler les membres d’organisations de défense des droits humains à des collaborateurs ou sympathisants de la guérilla. Ces accusations sont fréquemment suivies de « disparitions », de meurtres ou d’actes de torture perpétrés par des groupes paramilitaires soutenus par l’armée, mais aussi par des membres des forces de sécurité. Des défenseurs des droits humains ont également été menacés, voire tués par des groupes d’opposition armés qui les accusaient de collaborer avec leurs ennemis.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) : déclarez-vous préoccupé par les menaces de mort proférées contre Gloria Amparo Suárez le 12 juin 2006, ainsi que par les récentes menaces dirigées contre d’autres militants des droits humains et des droits sociaux, qui émanent apparemment de groupes paramilitaires soutenus par l’armée colombienne ; dites-vous inquiet pour la sécurité de cette femme, de sa famille et des autres membres de l’OFP ; exhortez les autorités à prendre des mesures de protection efficaces en faveur de Gloria Amparo, de ses proches et des autres membres de l’OFP, après consultation de ces derniers, afin que l’OFP puisse poursuivre en toute sécurité ses activités légitimes et essentielles en faveur des droits humains ; priez-les d’enquêter sur toutes les menaces proférées contre des défenseurs des droits humains et de traduire en justice les responsables présumés de tels agissements ; exhortez les autorités à mener des investigations approfondies et impartiales sur les liens existant entre les forces de sécurité et les groupes paramilitaires, à en rendre publiques les conclusions et à déférer à la justice les personnes soupçonnées de soutenir ces groupes ou d’en faire partie, conformément aux recommandations formulées par les Nations unies ; appelez les autorités à élaborer, en collaboration avec des défenseurs des droits humains, des propositions en vue de la mise en ?uvre des principes de la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, et à rendre ces propositions publiques.
APPELS À : Président de la République : Señor Presidente Álvaro Uribe Vélez, Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26, Bogotá, Colombie Fax : +57 1 337 5890 Formule d’appel : Excmo. Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président,
Ministre de l’Intérieur et de la Justice : Sr. Sabas Pretelt de la Vega, Ministro del Interior y de Justicia, Ministerio del Interior, Av. Jiménez No 8-89, Bogotá , Colombie Fax : +57 1 560 4630 Formule d’appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,
Fiscal General de la Nación [qui chapeaute le système judiciaire] : Dr. Mario Iguarán, Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación, Diagonal 22B 52 01, Edificio C Piso 4, Bogotá, Colombie Fax : +57 1 414 9108 Formule d’appel : Estimado Dr. Iguarán, / Monsieur, COPIES À :
Organisation non gouvernementale (ONG) de défense des droits humains : Organización Femenina Popular, Cra 22 No 52B - 36, Barrancabermeja, Santander, Colombie
Ambassade de la République de Colombie Avenue F.D.Roosevelt 96A 1050 Bruxelles Fax : 02.646.54.91 Email : colombia emcolbru.be
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 3 AOÛT 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.




